France : Régionales 1er tour

Paul Jorion, 15 mars 2010

Agrocarburants : 9 articles



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L'huile fournie par les graines du tournesol fait partie des biocarburants.
L’huile fournie par les graines du tournesol fait partie des biocarburants.

Un biocarburant est un carburant produit à partir de matériaux organiques renouvelables et P.I.P non-fossiles[1]. Cette production peut se faire à partir d’un ensemble de techniques variées  : production d’huile, d’alcool par fermentation alcoolique de sucres ou d’amidon hydrolysé, carburants gazeux obtenus à partir de biomasse végétale ou animale (dihydrogène ou méthane), ou carburants solides comme le charbon de bois.

Pour utiliser les biocarburants dans les moteurs, deux approches sont possibles  :

  • Soit on cherche à adapter le biocarburant (par transformation chimique pour obtenir du biodiesel par exemple) à des moteurs conçus pour fonctionner avec des dérivés du pétrole  ; c’est la stratégie actuellement dominante mais elle n’a pas le meilleur bilan énergétique ni environnemental.
  • Soit on cherche à adapter le moteur au biocarburant naturel, non transformé chimiquement. Plusieurs sociétés se sont spécialisées dans ces adaptations. La substitution peut être totale ou partielle. Le moteur Elsbett fonctionne par exemple entièrement à l’huile végétale pure. Cette stratégie permet une production locale et plus décentralisée des carburants.

Sommaire

Dénomination

L’expression «  biocarburant  » (du grec bios, qui signifie vie, vivant) signifie que ce carburant est obtenu à partir de matériaux organiques. On emploie également les expressions «  carburant vert  » (suivant la tendance à appeler «  vert  » tout ce qui est présenté comme nuisant moins à l’environnement) et «  carburant végétal  ».

En français, l’expression et l’abréviation "bio" renvoient aux techniques -légalement encadrées- utilisées pour l’agriculture biologique, or l’agriculture destinée à produire les carburants n’est pas nécessairement de l’agriculture biologique (en fait ce serait même peu probable puisque l’agriculture biologique répond en grande partie à la demande de sûreté des produits alimentaires ; le surcoût qu’elle engendre se justifie plus difficilement pour des cultures à vocation non alimentaire). C’est la raison pour laquelle la dénomination alternative "agrocarburant" est proposée. À sa suite, plusieurs quotidiens (Le Monde, La Croix, ...) et hebdomadaires (Courrier International) ont repris le terme. Toutefois le terme de biocarburant est bien celui repris dans publications du Grenelle de l’environnement 2007, tout comme dans tous les documents officiels.

Les termes «  carburant vert  », «  carburant végétal  » et «  agrocarburant  » n’ont aucune reconnaissance officielle contrairement à celui de «  biocarburant  » qui a bénéficié de la publication d’une définition au journal officiel par la commission générale de terminologie et de néologie [2]. Ce terme est de plus privilégié par les milieux scientifiques et industriels parce qu’il est une traduction fidèle de l’anglais "biofuel".

On trouve quelques fois la graphie «  bio-carburant  » (respectivement «  agro-carburant  ») mais l’usage est à la fusion de ce type de préfixe.

Les expressions «  agrocarburant  » et «  carburant végétal  » ont l’inconvénient de ne pas recouvrir la production de carburants non-agricoles (par exemple le méthane issu des déchets). Respectivement, le débat est le même sur les termes désignant des carburants précis : biodiesel, par exemple. Mais en ce qui concerne ces noms dérivés, l’usage du préfixe bio est bien plus consensuel.

Première et deuxième générations

On distingue aussi les biocarburants de première et de seconde génération. Cette dénomination n’a pas de définition officielle, il n’est donc pas possible de définir une ligne claire entre ce qui est un biocarburant de première génération et ce qui est un biocarburant de seconde génération. Cette classification peut servir à séparer les carburants issus de produits alimentaires des carburants issus de source ligno cellulosique (bois, feuilles, paille...). Une autre interprétation l’utilise pour faire la distinction entre les biocarburants produits à partir de processus techniques simples et ceux produits par des techniques avancées. Une dernière utilisation permet de séparer les cultures agricoles à vocation générique (utilisables pour remplir des besoins alimentaires, industriels ou énergétiques), des cultures à vocation strictement énergétique.

La commission de l’Union Européenne a prévu de définir les biocarburants de seconde génération suite à l’évaluation à mi-parcours de sa politique de biocarburant [3]. Parmi les critères qui pourraient être pris en compte on peut citer  : les matières premières utilisées, les technologies utilisées ou encore la capacité à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Selon un sondage réalisé en 2007 par l’UICN et la Banque mondiale auprès d’experts et de décideurs du secteur climatique, les biocarburants de première génération ne sont qu’au 18e rang (avec 21 %) des technologies pouvant diminuer les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, alors que les biocarburants de seconde génération sont au 7e rang (avec 43 %) [4].

Les filières de première génération

De nombreuses espèces végétales sont oléifères comme par exemple le palmier à huile, le tournesol ou le colza. Les rendements à l’hectare varient d’une espèce à l’autre. Toute extraction d’huile végétale peut être effectuée par un simple pressage à froid – écrasement, ou par voie chimique, ou une combinaison des deux méthodes. L’utilisation d’un solvant organique permet d’atteindre un niveau d’extraction de 99 % mais à un coût plus élevé. L’Huile Végétale Brute (HVB, ou HVP) peut être utilisée directement dans les moteurs diesels adaptés (notamment à cause de sa viscosité relativement élevée). Les triglycérides qui constituent les huiles végétales peuvent également être transformés en monoesters méthyliques (Esters Méthyliques d’Huile Végétale - EMHV) et en glycérol par une réaction de trans-estérification avec des molécules de méthanol (on obtient des esters éthyliques avec l’éthanol). Les molécules plus petites du biodiesel ainsi obtenues peuvent alors être utilisées comme carburant dans les moteurs à allumage par compression. Ce biodiesel ne contient pas de soufre, n’est pas toxique et est hautement biodégradable. Le biodiesel est aussi appelé en France Diester™.

La filière alcool

La fermentation éthanolique
La fermentation éthanolique

De nombreuses espèce végétales sont cultivées pour leur sucre  : c’est le cas par exemple de la canne à sucre, de la betterave sucrière, du maïs, du blé ou encore dernièrement de l’ulve.

  • Le bio-éthanol est obtenu par fermentation de sucres (sucres simples, amidon hydrolysé) par des levures du genre Saccharomyces. L’éthanol peut remplacer partiellement ou totalement l’essence. Une petite proportion d’éthanol peut aussi être ajoutée dans du gazole mais cette pratique est peu fréquente. Le développement des biocarburants tire vers le haut les prix du maïs, du soja et du blé, rend les terres cultivables rares et surtout menace les ressources en eau, estimant que pour produire 1 litre de bioéthanol il faut environ 4000 litres d’eau. C’est variable exactement entre 3500 et 5000 litres d’eau suivant les contitions météorologiques en période de sécheresse. La production des biocarburants que nous utilisons actuellement peut entraîner une destruction irresponsable de la nature directement ou indirectement.
  • L’Ethyl-tertio-butyl-éther (ETBE) est un dérivé (un éther) de l’éthanol. Il est obtenu par réaction entre l’éthanol et l’isobutène et est utilisé comme additif à hauteur de 15 % à l’essence en remplacement du plomb. L’isobutène est obtenu lors du raffinage du pétrole.
  • Le méthanol (ou "alcool de bois"), obtenu à partir du méthane[12] est aussi utilisable, en remplacement partiel (sous certaines conditions) de l’essence, comme additif dans le gasoil, ou, à terme, pour certains types de piles à combustible. Le méthanol est cependant très toxique pour l’homme.

Autres filières

La filière gaz

La fermentation méthanique ou méthanisation
La fermentation méthanique ou méthanisation
  • Le bio-méthane est le principal constituant du biogaz issu de la fermentation méthanique (ou méthanisation) de matières organiques animales ou végétales riches en sucres (amidon, cellulose, plus difficilement les résidus ligneux ) par des bactéries méthanogènes qui vivent dans des milieux anaérobiques. Les principales sources sont les boues des stations d’épuration (la production rend la station au moins en partie autonome en énergie), les lisiers d’élevages, les effluents des industries agroalimentaires et les déchets ménagers. Les gaz issus de la fermentation sont composés de 65 % de méthane, 34 % de CO2 et 1 % d’autres gaz dont le sulfure d’hydrogène et le diazote. Le méthane est un biocarburant pouvant se substituer au gaz naturel (ce dernier est composé de plus de 95 % de méthane). Il peut être utilisé soit dans des moteurs à allumage commandé (technologie moteurs à essence) soit dans des moteurs dits dual-fuel. Il s’agit de moteurs diesel alimentés en majorité par du méthane ou biogaz et pour lesquels l’explosion est assurée par un léger apport de biodiesel/huile ou gazole. Lorsqu’il est produit à petite ou moyenne échelle, le méthane est difficile à stocker. Il doit être donc être exploité sur place, en alimentation d’un groupe électrogène par exemple.

Une possibilité qui est développé en Europe et aux États-Unis est son épuration aux normes du gaz naturel pour qu’il puisse être injecté dans les réseaux de gaz naturel, et ainsi s’y substituer en petite partie pour les utilisations traditionnelles qui en sont faites. Le rendement énergétique de cette filière biocarburant est actuellement bien meilleure que les autres et techniquement plus simple mais elle est très peu médiatisée en France.

  • le dihydrogène (bio-hydrogène)  : le reformage du bio-méthane permet de produire du dihydrogène. Ce dernier peut également être produit par voie bactérienne ou microalgale[13],[14],[15],[16].
  • Le gazogène  : inventé par Georges Imbert (1884-1950), le gazogène est un système qui peut remplacer l’essence dans les moteurs à explosion par des carburants solides, dont le bois.

La filière charbon de bois (biocarburant solide)

Le charbon de bois est obtenu par pyrolyse du bois, de la paille ou d’autres matières organiques. Un ingénieur indien a développé un procédé permettant de pyrolyser les feuilles de cannes à sucre, feuilles qui ne sont presque jamais valorisées actuellement.

Les filières de deuxième génération

D'intenses recherches sont en cours afin de transformer la lignine et la cellulose des végétaux (paille, bois, déchets divers) en alcool ou en gaz (filière lignocellulosique-biocombustible
D’intenses recherches sont en cours afin de transformer la lignine et la cellulose des végétaux (paille, bois, déchets divers) en alcool ou en gaz (filière lignocellulosique-biocombustible
Les termites possèdent des bactéries capables de transformer de manière efficace et économique les déchets de bois en sucres pour la production d'éthanol
Les termites possèdent des bactéries capables de transformer de manière efficace et économique les déchets de bois en sucres pour la production d’éthanol
Les microalgues permettent d’envisager des rendements à l'hectare 30 à 100 fois supérieurs à ceux des espèces oléagineuses terrestres (photo : Chlrorella vulgaris )
Les microalgues permettent d’envisager des rendements à l’hectare 30 à 100 fois supérieurs à ceux des espèces oléagineuses terrestres (photo  : Chlrorella vulgaris )
Il en existe environ 100 000 espèces de diatomées (microalgues) connues dans le monde - Plus de 400 nouveaux taxons sont décrits chaque année. Certaines espèces sont particulièrement riches en huile.
Il en existe environ 100 000 espèces de diatomées (microalgues) connues dans le monde - Plus de 400 nouveaux taxons sont décrits chaque année. Certaines espèces sont particulièrement riches en huile.
La production de 100 000 litres d'éthanol par fermentation alcoolique de sucres s'accompagne de la production de 30 000 litres de CO2. Ce CO2 peut être utilisé pour doper la croissance des microalgues (photo : distillerie de Whisky)
La production de 100 000 litres d’éthanol par fermentation alcoolique de sucres s’accompagne de la production de 30 000 litres de CO2. Ce CO2 peut être utilisé pour doper la croissance des microalgues (photo  : distillerie de Whisky)

Un inconvénient majeur pour le développement des carburants de première génération est qu’ils entrent en compétition avec les cultures alimentaires[18] et avec les écosystèmes à biodiversité élevée[19]. De nouvelles filières à vocation purement énergétique, aux meilleurs rendements et plus intéressantes sur le plan environnemental émergent progressivement, on parle alors d’éthanol cellulosique.

  • La transformation de la lignine et de la cellulose (du bois, de la paille) en alcool ou en gaz (filière lignocellulosique-biocombustible[20],[21] ) fait l’objet d’intenses recherches dans le monde entier. Les technologies de la transformation de la cellulose (la macromolécule la plus commune sur terre) sont complexes, allant de la dégradation enzymatique à la gazéification. Des entreprises canadiennes (comme par exemple Iogen[22] ), américaines (Broin Co.) et deux universités suédoises (Usine pilote d’Örnsköldsvik[23] ) passent actuellement à la phase de production industrielle d’éthanol cellulosique.
  • Selon le directeur du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, les termites possèdent des bactéries capables de transformer "de manière efficace et économique les déchets de bois en sucres pour la production d’éthanol"[24]. Les enzymes trouvées dans le tube digestif des termites et produites par ces bactéries symbiotiques sont en effet capables de convertir le bois en sucre en 24 heures[25] Le potentiel de la filière cellulosique est énorme et les technologies évoluent rapidement.
  • C’est probablement à partir de cultures de microalgues [26],[27],[28],[29],[30], 30 à 100 fois plus efficaces que les oléagineux terrestres, que des biocarburants pourront être produits avec les meilleurs rendements, rendant ainsi envisageable une production de masse sans déforestation massive ni concurrence avec les cultures alimentaires. Pour obtenir un rendement optimal en huile, la croissance des microalgues doit s’effectuer avec une concentration en CO2 d’environ 13%. Ceci est possible à un coût très faible grâce à un couplage avec une source de CO2, par exemple une centrale thermique au charbon, au gaz naturel, au biogaz, ou à une unité de fermentation alcoolique, ou encore une cimenterie. La fermentation des sucres (provenant directement de plantes comme la canne à sucre, de la betterave sucrière, de l’hydrolyse de l’amidon du blé, du maïs, ou encore de l’hydrolyse de la cellulose présente dans le bois ainsi que les tiges et les feuilles de tous types de végétaux) en éthanol génère de grandes quantités de CO2 (à concentration élevée) qui peuvent nourrir les microalgues. La production de 50 litres d’éthanol par fermentation alcoolique s’accompagne de la production de 15 litres de CO2. En ce qui concerne la filière huile, les tourteaux obtenus après extraction de l’huile végétale (Jatropha curcas, karanj, saijan, tournesol, colza etc.) peuvent servir à produire du biogaz (méthane). Le méthane peut alimenter une centrale thermique (production d’électricité) et le CO2 libéré peut aussi nourrir les microalgues. Le bilan carbone global et le caractère durable de la filière dépendent donc de la source de C02 utilisée. Le couplage filière éthanol cellulosique - filière microalgue est une voie d’avenir dans la perspective d’un développement durable. À noter que la croissance des microalgues est bien entendu possible dans les conditions atmosphériques actuelles (concentration en CO2 de 380ppm), mais les rendements sont alors beaucoup plus faibles.
  • Ulva lactuca, la laitue de mer ou ulve est en ce moment à l’essai au Danemark. À l’Université d’Aarhus, Michael Bo Rasmussen est déjà passé aux tests. L’idée d’utiliser la côte paraît intéressante dans ce pays[31].
  • Le lactosérum ou petit-lait est en passe de devenir une source de biocarburants. Le groupe laitier allemand Müllermilch a annoncé qu’il se lancerait, d’ici la fin de l’année, dans la production de bio-éthanol à partir de résidus du lait, une première mondiale ! Cette filière a pour principal avantage de valoriser un sous-produit peu utilisé de l’industrie laitière[32].
Fruits de Jatropha curcas
Fruits de Jatropha curcas
  • Jatropha curcas, un arbuste qui pousse en zone aride et qui produit en moyenne 1892 litres d’huile par hectare et par an, est également une plante très prometteuse. Sa culture (réalisée de manière éco-responsable) permet en particulier de lutter contre la désertification (photos ci-contre). À l’occasion du Biofuel Summit 2007[33] qui s’est tenu à Madrid, le spécialiste néerlandais Winfried Rijssenbeek (RR Energy)[34] a fait la promotion des qualités de cette euphorbiacée  : "Cette plante, qui produit des graines oléagineuses, est une alternative intéressante aux palmiers à huile et au soja pour le sud. En premier lieu parce qu’elle n’est pas comestible et donc n’entre pas en concurrence avec le secteur alimentaire. Autre avantage, Jatropha curcas peut être cultivé sur des sols difficiles, impropres aux autres cultures et permet de lutter contre la désertification"[35].
  • Pongamia pinnata (ou Karanj) est un arbre à croissance rapide, fixateur d’azote, très résistant à la sécheresse, qui pousse en plein soleil, sur des sols difficiles, même sur des sols salés, et producteur d’huile. L’Inde encourage actuellement fortement la plantation de cet arbre (ainsi que de l’arbuste Jatropha curcas) dans les zones impropres aux cultures traditionnelles, ceci dans l’optique de produire de l’huile végétale. Les rendements moyens sont de 5 tonnes de graines/ha/an (1,7 tonnes d’huile et 5,3 tonnes de cakes) la dixième année, ce qui est excellent.

La polyculture (association de plusieurs espèces) est de loin préférable d’un point de vue environnemental aux monocultures. On peut ainsi envisager de planter des forêts où se mélangent Mahua, Saijan, Karanj ainsi que d’autres essences utiles aux populations locales.

Le bilan énergétique ainsi le bilan carbone est en général meilleurs quand on adapte le moteur à l’huile végétale pure (moteur Elsbett par exemple) plutôt que d’adapter l’huile végétale (transformation chimique en biodiesel, processus lourd) à des moteurs conçus pour fonctionner avec des dérivés du pétrole.

Une équipe de l’université du Wisconsin, dirigée par James Dumesic a exposé en juin 2007 dans la Nature un nouveau procédé de transformation de l’amidon afin de produire un nouveau carburant liquide, le diméthylfurane[36]. Ses propriétés semblent plus avantageuses que celles de l’éthanol.

Bilan

Bilan économique et intérêt géostratégique des biocarburants

Evolution de la part importée dans la consommation totale de pétrole aux USA.
Evolution de la part importée dans la consommation totale de pétrole aux USA.

Une grande partie de la production pétrolière à lieu dans des pays instables  : Irak, Nigéria, Venezuela, Iran. Les biocarburants permettent aux pays qui les produisent de devenir moins dépendants sur le plan énergétique[37],[38].

Chiffres clés[39],[40]  :

  • Production mondiale d’EMHV (biodiesel, "Diester") en 2005 4 millions de tonnes (Allemagne  : 45% de la production mondiale - France  : 15% - Italie  : 11% - USA  : 7%)
  • Production mondiale d’éthanol en 2005  : 36 millions de tonnes dont 75 % utilisés pour la carburation (37% de la production mondiale  : Amérique du Sud - 36%  : Amérique du Nord et Amérique centrale - Asie  : 15% - Europe  : 10%)
  • Consommation mondiale de pétrole dans les transports routiers en 2005  : 1,6 milliards de tonnes

"En 2005, la production européenne d’éthanol "carburant" a été de 750 000 tonnes pour 950 000 tonnes consommées  : 200 000 t ont donc été importées. Premier producteur jusqu’en 2001, la France est désormais devancée par l’Espagne, la Suède et l’Allemagne. En ce qui concerne la filière EMHV, la production a augmenté de manière très importante sur les 5 dernières années (taux de croissance moyen annuel  : 35 %). La France a produit 492 000 tonnes en 2005, dont une partie à été exportée vers l’Allemagne. L’Allemagne est désormais le principal producteur et consommateur européen d’EMHV  : 1,7 Mt ont été produits en 2005 à comparer avec les 450 000 tonnes produits en 2002, soit une multiplication par presque 4." - Source  : IFP[41]

Les deux plus grands producteurs de bioéthanol sont les États-Unis et le Brésil avec 16 et 15,5 milliards de litres produits en 2005. Union européenne  : 900 millions de litres (le principal producteur est l’Espagne)[42].

Les différentes filières de biocarburants peuvent stimuler l’activité agricole La synthèse de biocarburants à l’échelle locale (huile végétale carburant par exemple) permet une autonomie énergétique des agriculteurs, et de limiter le transport des carburants.

  • Stratégies nationales  :
Article détaillé  : Biocarburants au Brésil.
Article détaillé  : Biocarburants aux États-Unis.
Article détaillé  : Biocarburants en France.

Concurrence avec la production alimentaire

Face aux changements climatiques et à la flambée des prix du pétrole, les biocarburants sont envisagés comme un élément d’alternative énergétique durable. Mais les agrobiocarburants (biocarburants produits à partir de produits agricoles) pourraient aussi favoriser la déforestation et l’érosion des sols, et faire concurrence à l’alimentation[43]. Leur production uniquement guidée par des impératifs économiques pourrait conduire à de graves conséquences sociales et/ou environnementales[44]. Le développement de la production de l’huile de palme pour l’industrie agro-alimentaire et la chimie organique s’accompagnant d’une destruction très rapide de forêts en Malaisie, on pourrait craindre une aggravation de cette situation si cette culture cessait d’être minoritaire dans la production de biocarburant mondial. Le prix de la tortilla, aliment de base en Amérique latine, a récemment flambé au Mexique. Le gouvernement mexicain en a fait porter le blâme sur les exportations du maïs vers les USA où il est utilisé pour produire de l’éthanol. Sur son site personnel, Jean-Marc Jancovici, soutient que le remplacement de la totalité du pétrole consommé dans le monde par de l’huile de colza, de l’huile de tournesol et de l’alcool de betterave est impossible [45],[46], ils peuvent cependant être un des moyens permettant une diminution du recours aux énergies fossiles. Des études prenant en compte d’autres cultures et d’autres modes de production agricoles ont conclu à la possibilité pour la bioénergie d’assurer une part significative de nos besoins en déplacement. Les conditions nécessaires à ce scénario sont des mesures importantes d’efficacité énergétique et un passage vers une agriculture locale peu consommatrice d’énergie[47].

L’utilisation d’une partie des terres agricoles pour produire des biocarburants (filière alcool ou filière huile) peut être un facteur de hausse des prix des produits agricoles de base destinés à l’alimentation. Le cours du maïs, utilisé pour produire l’éthanol, a atteint en 2006 son plus haut niveau depuis 10 ans à la bourse de Chicago, du fait d’un déséquilibre de l’offre et de la demande. Cela s’est répercuté sur le coût de la vie au Mexique et dans d’autres pays d’Amérique latine où la farine de maïs est l’une des bases de l’alimentation[48], [49], [50],[51],[52], même si la hausse des prix de la tortilla mexicaine reste principalement imputable a une décision politique (libéralisation du marché des tortillas auparavant soumis à un prix fixé par l’état) et au contexte économique (position monopolistique du principal producteur de tortillas au Mexique)[53].

Cette hausse peut se répercuter sur le prix d’autres produits agricoles. Les experts de la Deutsche Bank estiment que cela sera le cas pour la viande bovine (le bétail est nourri au maïs). En Allemagne, où 16 % des surfaces de cultures sont actuellement destinées à la production de biocarburants, le prix du malt à doublé en 2006, entraînant une hausse du prix de la bière[54],[55].

Cette affirmation doit toutefois être placé dans le contexte des programmes nationaux de développements des biocarburants  : selon Claude Mandil, directeur de l’agence internationale de l’énergie, les programmes actuels de biocarburants ont des objectifs "agricoles et non pas énergétiques"[56]. Dans cette optique, le but des pays développés (États-Unis, Europe) est de subventionner leurs filières agricoles et d’écouler leur production sans avoir recours aux exportations massives de plus en plus contesté dans les instances régulant le commerce international. Au sein de l’Union Européenne, le développement des biocarburant survient de fait parallèlement à la réduction voire la suppression du gel obligatoire d’une part des terre cultivées, (ou jachère) mis en place en 1992, dont l’objectif était de lutter contre la suproduction agricole. Par ailleurs, dans la situation antérieurs de prix agricoles faibles, l’écoulement à bas prix de produits vers des pays faiblement structurés avait des effets négatifs sur la mise en place ou le maintien d’une production locale de ces pays[57]. La hausse des prix agricoles, peut être ressentie durement par les consommateurs des pays en voie de développement, c’est aussi un soutien de fait à leur propres producteurs.

Les pays en développement spécialisé dans une monoculture agricole (Brésil, Indonésie) ont développé des mécanismes économiques permettant de se garantir d’une chute des prix synonyme de crise économique. L’élevage reste le principal consommateur de céréales produites dans les pays de l’OCDE (80 à 90% de la production), loin devant l’industrie des biocarburants. Les travaux menés pour le compte de l’OCDE et la FAO et présenté dans le rapport "Agricultural Outlook 2007 - 2016"[58] confirme cette analyse et impute l’augmentation des prix agricoles à des évènements climatiques exceptionnels (sécheresses), la faiblesse des stocks existants et une forte demande liée aux changements d’habitudes alimentaires dans la population mondiale (hausse de la consommation de produits laitiers et de viandes). Cependant, à long terme l’impact des modifications structurelles accompagnant le développement rapide des biocarburants pourrait maintenir des prix agricoles élevés dans la prochaine décennie.

Les biocarburants de deuxième génération (microalgues, plantes oléifères des zones arides etc.) à vocation purement énergétique devraient permettre de résoudre ce problème de compétition avec les cultures à vocation alimentaire.

En France, l’objectif français de 7 % de biocarurants en 2010 représente 310 000 hectares de grandes cultures, soit 1 % de la SAU, selon l’ONIGC. L’ADEME estime pour sa part que le même objectif mobiliserait environ 2 millions d’hectare et qu’il faudrait gérer en conséquence les tensions entre production énergétique et alimentaire.

Bilan environnemental

Impacts sur la biodiversité, la ressource eau et les sols

Le développement exponentiel des cultures de palmier à huile en Malaisie et en Indonésie et la destruction corrélative des forêts constitue une grave menace pour l'Orang-outan, une espèce au bord de l'extinction
Le développement exponentiel des cultures de palmier à huile en Malaisie et en Indonésie et la destruction corrélative des forêts constitue une grave menace pour l’Orang-outan, une espèce au bord de l’extinction

La production de biocarburant, demande les moyens de la production agricole intensive, en terme d’engrais et de produits phytosanitaires. Dans une étude[59] parue dans Bioscience, les chercheurs Marcelo Dias de Oliveira et al, (Université d’État de Washington) concluent que la filière éthanol à partir de canne à sucre réduit la biodiversité et augmente l’érosion du sol.

La production d’éthanol au Brésil, se base notamment sur l’exploitation de nouvelles terres défrichées pour cela.

Dukes estime que le remplacement des carburants fossiles par une combustion de végétaux actuels correspondrait au moins à 22% de la production végétale terrestre (y compris des végétaux marins), augmentant ainsi de 50% l’appropriation de cette ressource par l’homme, et compromettant la survie des autres espèces qui en dépendent[60].

Tyler Volk, professeur du Earth Systems Group du département de biologie de l’université de New York, estime que «  la production massive d’éthanol pourrait augmenter la pression sur les terres cultivables, faire monter les prix de la nourriture et accélérer la déforestation »[61].

Le caractère durable de la production de biocarburants peut être mis à mal si elle est réalisée de manière non durable  : épuisement des sols, pollution des eaux et destruction de milieux naturels pour cette production[62]. Selon les estimations des Les amis de la Terre, la plantation de palmiers à huile a été responsable de 87 % de la déforestation en Malaisie entre 1985 et 2000. 4 millions d’hectares de forêts ont ainsi été détruites à Sumatra et Bornéo. 6 millions d’hectares en Malaisie et 16,5 millions en Indonésie sont programmés pour disparaître. La menace est sérieuse. "Même le fameux Parc National de Tanjung Puting au Kalimantan a été mis en pièce par des planteurs. Les orangs-outans en liberté sont voués à disparaître. Les rhinocéros de Sumatra, les tigres, les gibbons, les tapirs, les nasiques et des milliers d’autres espèces pourraient prendre la suite."[63]. Plusieurs études dont un rapport du Department for Transport britannique sur les biocarburants notent l’urgence de stopper la déforestation en zone tropicale[64]. Cette déforestation, liée en grande partie ou non au biocarburants concerne notamment le Brésil (destruction de la forêt amazonienne pour réaliser des monocultures de canne à sucre), la Malaisie, l’Indonésie, le Kenya, le Congo, le Nigeria, le Libéria, la Colombie, ou encore le Mexique.

Économies énergétiques et émission de gaz à effet de serre

L’homme émet chaque année 24 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Les émissions massives de gaz à effet de serre (CO2, CH4 etc.) sont à l’origine du réchauffement climatique[65].

La combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel) conduit à la libération de CO2 dans l’atmosphère, carbone qui était piégé dans le sous-sol depuis des millions d’années (d’où le terme d’énergie fossile). Il provient de la décomposition de la faune et de la flore qui ont vécu sur la Terre auparavant. La consommation de ces hydrocarbures dégage dans l’atmosphère du CO2 qui était sorti du cycle du carbone depuis plusieurs millions d’années.

Au contraire, le carbone émis lors de la combustion de biocarburants (filière huile ou filière éthanol) a préalablement été fixé par les plantes (colza, blé, maïs...) lors de la photosynthèse. Le bilan carbone semble donc, a priori, neutre et le recours à cette énergie permet d’éviter des émissions supplémentaires de gaz à effet de serre. Pour déterminer s’il y a un réel gain en terme d’émission de CO2, il s’agit de faire le bilan énergétique de la production de biocarburant.

Une étude[66] publiée dans Nature resources research, les chercheurs David Pimentel et Tad Patzek concluent « qu’il n’y a aucun bénéfice énergétique à utiliser la biomasse des plantes pour fabriquer du carburant. » au terme d’un calcul tendant à montrer que l’énergie globale nécessaire à la production d’éthanol à partir de maïs, à la production du bois et à celle de biodiesel à partir de soja ou de tournesol est pour chacun de ces cas supérieure de 27 à 118 % à l’énergie produite. Il est donné pour cela des quantités d’énergie dépensées à la fabrication et lors du conditionnement, transport et épandage des pesticides et des engrais, à la fabrication des outils agricoles, au drainage à l’irrigation ainsi que l’énergie dépensée par les travailleurs eux-même en dehors de leur travail.Cette étude a été néanmoins dénoncée comme fortement biaisée par les hypothèses prises et l’interprétation des résultats. Les postes de dépenses énergétiques sont par exemple non vérifiable ou s’appuient sur des techniques obsolètes[67].

En France, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et le Réseau Action Climat publient des études sur l’intérêt des biocarburants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’ADEME a réalisé une synthèse des différentes études, en normalisant les résultats. La conclusion du rapport de synthèse de 2006 est  : "Alors que les résultats publiés sont radicalement différents et donnent lieu à des conclusions opposées, les résultats normalisés permettent de tirer une conclusion commune aux trois études  : l’éthanol et le biodiesel permettent tous deux de réduire la dépendance aux énergies non renouvelables par rapport aux carburants fossiles. En ce qui concerne les GES, les indicateurs publiés soulignent les mêmes bénéfices des biocarburants par rapport aux carburants fossiles."[68]. La valorisation effective des coproduits (par la filière éthanol cellulosique ou par méthanisation par exemple) permettra d’améliorer considérablement ce bilan. Les conclusions d’un rapport du Department for Transport britannique vont dans le même sens[69], tout en soulignant cependant l’impact environnemental non négligeable du développement des filières classiques en zone tropicale. Ces impacts peuvent, selon l’ONG Via Campesina, conduire à rendre les biocarburants pire que le pétrole qu’ils remplacent[70].

Cependant, une étude récente de P.J. Crutzen et. al (P.J. Crutzen, spécialiste des oxydes d’azote et de la couche d’ozone, a reçu le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur ces sujets) prétend que l’usage des biocarburants issus des cultures de colza et de maïs pourrait en fait augmenter l’effet de serre (voir l’article et sa discussion en ligne sur [71], voir aussi [72] pour une présentation simple de cet article sur le site de chemistryworld). Selon ces auteurs l’augmentation des émissions de protoxyde d’azote dûs à l’usage d’engrais azotés pour la production de biocarburants à partir de ces cultures pourrait avoir un effet plus défavorable sur l’effet de serre que la réduction de la production de CO2. En effet, à cause de la persistance du protoxyde d’azote dans l’atmosphère, ce gaz possède, sur une durée de cent ans, un pouvoir réchauffant égal à 296 fois celui du CO2. Selon Crutzen, les émissions de protoxyde d’azote auraient été sous-estimées jusqu’à présent. D’après les auteurs de cette étude, la production d’huile de palme ou d’éthanol cellulosique basé sur des plantes pérennes semblent ainsi plus adaptée à un objectif de réduction des gaz à effets de serre. Les arguments pour et contre cette thèse sont disponibles dans les deux reférences précedentes.

Selon le Réseau Action Climat, dans une étude publiée en mai 2006[73], les résultats de la filière éthanol présentent une économie énergétique limitée, très relative pour l’ETBE, voire négative pour l’éthanol de blé, et permettent quelques économies de GES.

Toujours selon la même étude, la filière oléagineuse est beaucoup plus intéressante surtout en ce qui concerne l’huile pure. Le bilan énergétique ainsi que le bilan carbone sont toujours bien meilleurs quand on adapte le moteur à l’huile végétale pure ( moteur Elsbett par exemple) plutôt que d’adapter l’huile végétale (transformation chimique en biodiesel, processus lourd) à des moteurs conçus pour fonctionner avec des dérivés du pétrole. À plus forte raison si l’on préfère des plantes pérennes implantées dans des zones où elles n’entrent pas en concurrences avec d’autres. Des plantes qui peuvent se développer en zone aride comme Jatropha curcas, Pongamia pinnata ou Madhuca longifolia pourraient présenter de biens meilleurs résultats.

Économie énergétique et Indicateur d’émission de GES, [74]
dans l’hypothèse où les coproduits sont efficacement valorisés en alimentation animale.
Essence classique

[75]

Éthanol de blé Éthanol de maïs Éthanol de betteraves ETBE Ester méthylique

d’huile de colza (EMHV)

Huile brute de colza
  • EE = 0,87
  • IES= 85,9 gr éq CO²/MJ .
  • EE = 1,35
  • IES environ 47 g eqCO2/MJ
  • EE = 0,98
  • IES environ 65 g éqCO2/MJ
  • EE = 1,25
  • IES environ 59g éqCO2/MJ
  • EE = 0,93
  • IES de 75,2 gr éq CO²/MJ
  • EE = 2,23
  • IES environ 25,8 g éqCO2/MJ
  • EE =3,80
  • Indicateur effet de serre de 4 à 10,5 g éqCO2/MJ contre 79,3 pour le gazole
IES comparé à l’essence ordinaire  : 55% 76% 69% 88% 33% 9%
Économie énergétique et Indicateur d’émission de GES, [76]
sans la valorisation des coproduits
Éthanol de blé Éthanol de betteraves Ester méthylique

d’huile de colza (EMHV)

Huile brute de colza
  • EE = 1,06
  • IES 79,1 à 97,2 éq CO²/MJ
  • EE = 1,14
  • IES 67,0 à76,6g éq CO²/MJ
  • EE = 1,66
  • 49,6 à 63,2 g éq CO²/MJ
  • EE = 1,88
  • IES 51,2 à 69,8g éq CO²/MJ contre 79,3 pour le gazole

IES comparé à l’essence ordinaire  :

98%

83%

71%

76%

L’utilité des biocarburants dépend ainsi de façon importante et de la filière choisie, et de la valorisation effective des coproduits. D’où l’importance de leur trouver des débouchés, notamment pour les tourteaux de colza et de tournesol[77].

En France, d’après le ministère de l’industrie[78],[79], deux principaux biocarburants sont utilisés à l’heure actuelle  : l’ETBE (éthyle tertio butyle éther, à partir de l’éthanol) pour les véhicules essence (90% de la consommation de biocarburant en France) et l’EMHV (biodiesel ou Diester) pour les véhicules diesel. Coté ethanol l’ETBE reçoit la préférence du ministère par rapport à l’E85, plus riche (85%) en éthanol  : Au plan technique, l’ETBE est la meilleure façon d’incorporer de l’éthanol au carburant, grâce à son indice d’octane élevé autant qu’à sa faible volatilité. Cette conclusion technique fait l’objet d’un consensus dans les milieux professionnels.[80] Ce qui amène le Réseau Action Climat à dire  : Le plan gouvernemental ambitieux et coûteux qui prévoit de remplacer 7% des carburants pétroliers par des agrocarburants d’ici 2010 diminuerait les émissions de GES des transports routiers de moins de 7% (alors que les transports routiers en France ont vu leurs émissions de GES augmenter de +23% depuis 1990).[81].

Au niveau mondial, la production de biocarburants en 2005 était de 37 millions de tonnes (Mt) pour le bioéthanol et 3,2 Mt pour le biodiesel[82].

D’après le Global Canopy Programme [83], regroupant les leaders scientifiques sur le sujet des forêt tropical, la déforestation est une des principales responsable des emmissions de gaz à effet de serre. Avec 25% des emmissions totales elle n’est devancée que par l’énergie, mais bien au dessus des transports (14%).

Plusieurs articles récents [84] [85] [86] dénoncent dans les biocarburants un mirage qui nous ferait perdre de vue l’essentiel  : stopper la deforestation et diminuer la consommation de carburant. Le danger est que la production de biocarburants accompagne une consommation croissante de carburant, se bornant à en faciliter l’approvisionnement.

Biocarburants et qualité de l’air

La combustion du bioéthanol produit davantage d’aldéhydes que l’essence, mais ceux du bioéthanol sont moins toxiques (acétaldéhydes contre formaldéhydes pour l’essence). Selon Mark Jacobson[87] de l’université de Stanford, la combustion de l’éthanol entraîne la formation d’oxydes d’azote et de composés organiques volatils (COV), qui eux réagissent pour former de l’ozone, principal responsable de la formation du smog. «  Une hausse même modeste de l’ozone dans l’atmosphère peut être à l’origine d’une augmentation des cas d’asthme, d’un affaiblissement du système immunitaire. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 800 000 personnes meurent annuellement dans le monde à cause de l’ozone et de la pollution atmosphérique.  »[88] - «  Au final, l’incidence des cancers liés à l’E85 serait similaire à ceux liés à l’essence. Par ailleurs, dans certaines régions du pays, l’utilisation du E85 aurait pour conséquence d’augmenter la concentration en ozone, un parfait ingrédient du brouillard  ».

Possibilité de remplacement des énergies fossiles

En 2003, le biologiste Jeffrey Dukes[89] a calculé que les énergies fossiles brûlées en un an (1997) provenaient d’une masse de matière organique préhistorique qui représentait plus de 400 fois l’énergie qui à l’inverse se fixe et s’accumule naturellement dans le même temps sur la planète[90],[91]. Dans le même article, Dukes estime que le remplacement des carburants fossiles par une combustion de végétaux actuels correspondrait au moins à 22% de la production végétale terrestre (y compris des végétaux marins), augmentant ainsi de 50% l’appropriation de cette ressource par l’homme.

L’obtention de ces biocarburants nécessite d’importantes surfaces cultivables. Selon Jean-Marc Jancovici[92], Ingénieur Conseil spécialiste des émissions des gaz à effet de serre, il faudrait par exemple cultiver 118% de la surface totale de la France en tournesol pour remplacer l’intégralité des 50Mtep de pétrole consommées chaque année par les français dans les transports (104% de la surface nationale avec le Colza, 120% avec la betterave et 2700% avec le blé).Pour remplacer totalement la consommation de carburants fossiles par des biocarburants, il faudrait... plusieurs fois la surface terrestre. Les biocarburants ne seront qu’un appoint tant que nous ne passons pas à l’ère des biocarburants de seconde génération. Pour Jean-Marc Jancovici, les biocarburants sont donc un intéressant problème de politique agricole, mais un élément négligeable d’une politique énergétique[93].

Les analyses de Jean-Marc Jancovici sont toutefois critiquées. L’approche consistant à évaluer le potentiel des agrocarburants en rapportant les rendements agricoles à la surface disponible totale des terres arables est réfutée par certains scientifiques [réf. nécessaire] et industriels promoteurs des agrocarburants [réf. nécessaire]. Certains soulignent ainsi que le rendement maximal d’une plante cultivée est d’importance secondaire par rapport aux coproduits de celle ci, à la quantité de travail nécessaire à sa culture et à son impact sur la composition chimique du sol (enrichissement  ? apauvrissement  ?). Ils lui reprochent également le fait de ne prendre en compte la possiblité que d’une seule récolte par an [réf. nécessaire] ou de négliger la possibilité de mettre en place des systèmes de cultures combinés (faisant cohabiter plusieurs récoltes sur une même parcelle).

Enfin, certains [réf. nécessaire] soulignent que le processus de production d’un agrocarburant comme l’éthanol n’utilise pas les protéines et les levures de la plante. Ces résidus, impropres pour l’alimentation humaine, pourraient être recyclés dans les farines d’alimentation animale. Elles se retrouveraient ainsi indirectement dans l’alimentation humaine.

La directive européenne 2003/30/CE demande à ce qu’en 2010 les biocarburants représentent 5,75% de la consommation[94]. La France prévoit de monter ce taux à 10%. Le gouvernement britannique espère que les biocarburants puisse fournir en 2050 un tiers de la demande en carburant, dont on prévoit l’augmentation[95].

Historique et perspectives

Les biocarburants sont apparus parallèlement à la naissance l’industrie automobile  ; Nikolaus Otto, inventeur du moteur à explosion, avait conçu celui-ci pour fonctionner avec de l’éthanol. La Ford T (produite de 1903 à 1926) roulait avec cet alcool. Rudolf Diesel, inventeur du moteur à combustion faisait tourner ses machines à l’huile d’arachide. Lors des deux guerres mondiales, les gazogènes sont rapidement apparus pour parer au manque de fuel ou d’essence.

Au milieu du XXe siècle, quand le pétrole devint abondant et bon marché, les industriels et les consommateurs se désintéressèrent des biocarburants. Le premier et second choc pétrolier (1973 et 1979) les rendirent à nouveau attractifs. De nombreuses études furent ainsi menées à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Aux États-unis, les travaux du NREL (National Renewable Energy Laboratory, US Department of Energy, DOE) sur les énergies renouvelables ont commencé dans les années 1970 dans le contexte du peak oil américain, qui avait d’ailleurs été annoncé dès 1949 par le géophysicien M. King Hubbert. Il est alors apparu indispensable au gouvernement américain de se tourner vers des sources pétrolières étrangères ou de développer d’autres carburants.

Le contre-choc pétrolier de 1986 (baisse des prix du pétrole), et le lobbying des multinationales pétrolières[citation nécessaire] ont fait chuter l’enthousiasme pour les agrocarburants. Dès 2000, une hausse du prix du pétrole, l’approche du pic pétrolier [réf. nécessaire], la nécessité de lutter contre l’effet de serre et enfin les menaces sur la sécurité d’approvisionnement ont conduit les gouvernements à multiplier les discours et les promesses d’aides pour le secteur des agrocarburants. La Commission européenne souhaite que les pays membres incluent au moins 5,75 % de biocarburants dans l’essence, en subventionnant les biocarburants. Enfin la Suède vise une indépendance énergétique dès 2020.

En avril 2007, un rapport de l’ONU n’arrive pas à quantifier les avantages et inconvénients des biocarburants. Il propose aux décideurs d’encourager leur production et utilisation durable ainsi que d’autres bioénergies, en cherchant à maximiser les bénéfices pour les pauvres et pour l’environnement tout en développant la recherche et développement pour des usages d’intérêt public[96],[97]. Deux projets de directive européenne sont en cours d’examen en 2007  ; sur la qualité des biocarburants et sur leur promotion.
En 2007, les demandes de subvention à l’Europe ont porté sur 2,84 millions d’ha, alors que le dispositif d’aide de la PAC a été prévu (en 2004) pour 2 millions d’ha consacrés aux agrocarburants. Seuls 70 % des ha pourront donc être subventionnés (45€ par ha). (alors qu’on en cultivait déjà 1,23 millions d’ha. Cette subvention pourrait être remise en question par la commissaire européenne à l’agriculture Mariann Fischer Boel dans une Communication "Bilan de santé de la Pac", le prix du pétrole (100 USD le baril en janvier 2008) ne justifie plus cette aide[98]. Le dernier écobilan fait en France a été fait par PWC (consultants) en 2002. Suite au Grenelle de l’Environnement (oct 2007), en France le gouvernement en a commandé un nouveau à l’Ademe.

Bibliographie

  • Fabrice Nicolino, La faim, la bagnole, le blé et nous  : Une dénonciation des biocarburants, Fayard, 1er octobre 2007, ISBN 978-2213634623
  • Emission France Culture, "Terre à terre" (dir. Ruth Stegassy)

http://radiofrance-podcast.net/podcast/rss_16277.xml

Voir aussi

Voir «  biocarburant  » sur le Wiktionnaire.

Articles connexes

Automobile hybride | Biomasse | Cogénération | Développement durable | Gazogène | Huile végétale carburant | Pile à combustible | Polycarburant | Pyrolyse | Véhicule propre | biogaz | biogaz carburant | méthanisation | Biocarburants aux États-Unis | Polycarburant (Flex Fuel) | huile végétale pure | moteur Elsbett

On appelle bio-additif un biocarburant employé en complément ou en mélange avec de l’essence. Ce peut être dans des proportions faibles (de 0 à 5 %) ou plus fortes (de 5 à 30 %), on parle alors de bio-composant. Le diester, par exemple, est un bio-composant.

Liens externes

Notes et références

  1. Bent Sorensen, Renewable Energy 3rd Edition, Academic Press
  2. Commission générale de terminologie et de néologie
  3. Energy - New and Renewable Energies - Intelligent Energy for Europe
  4. (en) Climate Décision Maker Survey, Conférence de Bali, 10 décembre 2007.
  5. Biobutanol, Wikipédia (anglais)
  6. Revival of butanol production by Clostridia, Marco Siemerink, Laboratoire de microbiologie (département d’agrotechnologie et sciences alimentaires), Wageningen, Pays-bas (une illustration des voies métaboliques de Clostridium acetobutylicum conduisant à la formation de butanol est accessible depuis cette page)
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  8. Butanol, Veille technologique Internationale, 16 avril 2007
  9. Butanol Production from Corn Fiber Xylan Using Clostridium acetobutylicum, Nasib Qureshi et al, Biotechnol. Prog., 22 (3), 673 -680, 2006.
  10. Clostridium acetobutylicum, Wikipédia (anglais)
  11. BP et DuPont annoncent un partenariat pour développer des biocarburants avancés
  12. Synthèse industrielle du méthanol, Société française de chimie
  13. Hydrogen economy, Princeton university, 2004
  14. Production d’hydrogène à partir de sucres, Technisch Weekblad, 30 septembre 2006
  15. Sur la piste de l’hydrogène, Catherine Pagan, Le Journal du CNRS, avril-mai 2003
  16. De l’eau, du soleil et des algues, Nicolas de la Casinière, Libération, 15 novembre 2006
  17. La filière Fischer-Tropsch  : des carburants à partir de gaz, de charbon ou de biomasse, IFP
  18. Mexique, le maïs nourrit la grogne, Babette STERN, Libération du 18 janvier 2007
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  20. La filière lignocellulosique-biocombustible, ADEME
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  24. Un biocarburant fabriqué grâce aux termites, Enerzine, mars 2007
  25. http://www.diversa.com/Pages/Products/AlternativeFuels/AltFuelsTermites.html Termites may hold the secret to the production of cellulosic ethanol], Diversa, harnessing the power of enzymes
  26. Programme de recherche français Shamash, " Production de biocarburants lipidiques par des microalgues "
  27. Chisti Yusuf, Biodiesel from microalgae, Biotechnology Advances (2007)
  28. Un carburant à base d’huile d’algue, Biofutur n°255, mai 2005
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  31. De la laitue de mer pour faire du bioéthanol ?, svt.967, France, 2007
  32. Du fromage à partir du lait et du biocarburant à partir du petit-lait !, svt.967, France, 2007
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  34. RR Energy
  35. Des biocarburants pas si écologiques, Le Vif - L’Express, Belgique, 2007
  36. Hervé Morin, «  Un agrocarburant alternatif à l’éthanol proposé par une équipe américaine  », dans Le Monde du 23/06/2007, [lire en ligne]
  37. Biofuels for Transport : An International Perspective, Agence Internationale de l’énergie, 2004
  38. Oil Market Report, Agence Internationale de l’Energie, 2007
  39. Les biocarburants en Europe, Note de synthèse panorama 2007, IFP
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  41. Tout savoir sur les biocarburants - Les perspectives et les recherches conduites à l’IFP, Anne-Laure de Marignan, IFP
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  43. http://www.courrierinternational.com/hebdo/sommaire.asp ?obj_id=561 Biocarburants  : L’arnaque (Courrier Internationnal hebdo n° 864 - 24 mai 2007)
  44. "Les biocarburants sont pire que le pétrole qu’ils sont censés remplacer durablement", George Monbiot, The Guardian, mardi 6 décembre 2005
  45. Que pouvons-nous espérer des biocarburants  ?, Jean Marc Jancovici
  46. Que pouvons-nous émettre comme CO2 si nous voulons lutter efficacement contre le réchauffement climatique  ?, Jean Marc Jancovici
  47. Bent Sorensen, Renewable Energy 3rd Edition, Academic Press
  48. Mexique, le maïs nourrit la grogne, Babette STERN, Libération du 18 janvier 2007
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  57. Cette situation a été dénoncée en particulier pour les exportation de viande de poulets de l’Union Européenne vers plusieurs pays d’Afrique. Exportations de poulets  : l’Europe plume l’Afrique !
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  69. Department for Transport - Renewable Transport Fuel Obligation (RTFO) feasibility report
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  73. Reseau Action Climat France
  74. EDEN 2006, Patrick Sadones, Agro INA.PG 83
  75. ADEME-DIREM 2002
  76. EDEN 2006, Patrick Sadones, Agro INA.PG 83
  77. Biocarburants, synthèse EDEN 2007
  78. Les filières biocarburants engagées en France.
  79. Les Brochures de l’IFP
  80. Les filières biocarburants engagées en France.
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  82. www.ifp.fr
  83. The GCP VivoCarbon Initiative
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  86. Les Amis de la terre  : Biocarburants  : pires que des énergies fossiles  !
  87. (en) Effects of Ethanol (E85) versus Gasoline Vehicles on Cancer and Mortality in the United States, Department of Civil and Environmental Engineering, Stanford University, Stanford, California
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  98. Revue Environnement et stratégie, n° 233, 24 oct 2007, page 1

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Nos articles [rss]

Il la voulu et il l’a eu

Betablog, 20 mars 2010 11:27

C’est certainement le membre de la famille que l’on respecte le plus. Le seul qu’on prend le temps, beaucoup de temps, d’écouter. Celui à qui on donne la meilleure place dans le salon, à qui on hésite pas à octroyer les meilleurs soins possibles quand il est un peu mal en point... On est toujours d’accord avec ce qu’il (...)

Télévision, TF1, Abstention, Régionales 2010

La remise en question nécessite un retour du courage politique, par Homard

Julien Alexandre, 20 mars 2010 10:07

Billet invité. Christine Lagarde a critiqué en début de semaine la politique économique allemande. La ministre reproche à l’Allemagne sa stratégie fondée sur la compétitivité de sa production de biens et services à l’export. Les Allemands ont gagné de nombreuses parts de marché en modérant leurs coûts salariaux ces (...)

Économie

La démocratie française et les vers luisants (zaz)

Ocsena, 20 mars 2010 09:20

Suite de : Mon premier est une abstention record (zaz) http://ocsena.ouvaton.org/article.p... Avertissement : Pour nous c’est décidé, fini les matches de foot devant la télé entre copains. Le prix du pack de bière est devenu trop cher. ********************* La démocratie française et les vers luisants D’où vient (...)

zaz, Régionales 2010

L’intime, thème et variations

Nonfiction, 20 mars 2010 08:52

L’intime connaît de beaux jours. Sa médiatisation n’en facilite pas pour autant l’analyse. Pour une histoire de l’intime et de ses variations, ouvrage collectif qui rassemble dix articles, sous la direction de Anne Coudreuse et de Françoise Simonet-Tenant, se propose de faire le point des connaissances et des recherches (...)

Lectures

Abstention, remontée du FN : oui, mais pourquoi ?

Acturevue, 20 mars 2010 06:30

Le premier tour des élections régionales a été marqué par une abstention massive de 52%. Et hélas, un retour sur la scène politique du Front National, même si ce retour est accentué par l’opinion générale. Oui, mais comment peut-on expliquer ces deux phénomènes (...)

extrême droite, Régionales 2010

Veillée d'armes

Julien Dray, 19 mars 2010 23:07

Dans quelques heures, la campagne officielle prendra fin. Le moins qu’on puisse dire est que le final de ces élections régionales 2010 n’aura pas été de tout repos. Il aura notamment vu le gouvernement jeter toutes ses forces dans la bataille, remployant au passage la vieille ficelle sécuritaire, avec le dérapage que (...)

Régionales 2010

IDF : le projet pour le 2nd tour

Intox 2007, 19 mars 2010 15:17

Mes chers lecteurs de l’ile de France, voici l’accord entre PS, Europe Ecologie, Front de Gauche. Je vous invite à lire, et a le transmettre à des amis qui hésitent et veulent s’abstenir. Chaque vote comptera, d’ici là bonne lecture ! Encore une fois, j’utilise scribd.com très bon outil pour la mise en ligne de documents (...)

Régionales 2010

Comment dépolitiser les gens par la politique ?

Betablog, 19 mars 2010 15:16

Ça se coupe, ça crie, ça hurle, ça se chamaille, ça se répète, ça se répète, ça se répète... mais au fond que nous a apporté la soirée télévisée des élections régionales ? Je dirai même, que peut nous apporter une soirée politique comme savent (ne pas) le faire TF1 ou France 2 après une élection (et même en temps normal - pour le peu (...)

Télévision, Régionales 2010

Les Flèches de BiBi (16-22 mars)

Pensez BiBi, 19 mars 2010 13:18

Pipe, Pape, Pope. Avec toutes ces affaires de pédophilie, on va finir par croire que Jean Paul II et Joseph Ratzinger n’étaient pas des enfants de chœur. Quand Chouchou veut chouchouter la Police. « Le ministère public portera plainte au moindre manque de respect d’un fonctionnaire de police » clame à qui veut (...)

actualité

La télévision : Un pouvoir mortel ?

Acturevue, 19 mars 2010 11:14

Cet objet a pris aujourd’hui une importance et une influence considérables. Cette autorité confondue avec le pouvoir de l’image peut faire des ravages. Pourtant, il n’y a rien qui semble freiner l’engouement du pire. Pas un seul contre pouvoir... Loft Story, Ferme célébrité, Maillon faible, Mickaël Vendetta, Delarue, (...)

Télévision

La « reprise » aux États-Unis

Paul Jorion, 19 mars 2010 08:02

Deux graphiques intéressants sur la situation aux États-Unis que je découvre ce matin dans The Liscio Report par Philippa Dunne & Doug Henwood, qui m’est communiqué par l’analyste John Mauldin (« Outside The Box », Volume 6, No 14, le 15 mars 2010). Le premier graphique montre à gauche l’évolution du niveau de (...)

Crise mondiale

En Inde, le doux rêve des OGM vire au cauchemar

Les mots ont un sens, 19 mars 2010 07:48

Début mars, Monsanto a pour la première fois reconnu que son coton Bt génétiquement modifié n’était pas efficace, les insectes ayant développé des résistances. Pire, de nouveaux ravageurs jusqu’ici inconnus en Inde ont fait leur apparition. Qui sème le vent... (...)

OGM

"Georges Boris, vie exemplaire"

Nonfiction, 19 mars 2010 07:43

C’est l’histoire d’un homme qui a fort peu failli. Tour à tour fondateur (en 1927) et animateur du journal de gauche La Lumière, redresseur de torts au milieu d’une presse déchaînée et trop souvent vénale dans les années 1930, conseiller de Léon Blum et à ses côtés dans le deuxième épisode gouvernemental du printemps 1938, (...)

Lectures

Ma France

Nouvel Hermès, 19 mars 2010 06:30

Dans un village on enterrait Jean Ferrat. Je pensais à ces milliers de gens qui étaient là, non pour la télé, non pour les célébrités absentes, mais pour vivre une dernière fois l’émotion que le chanteur leur avait transmise. Il n’y eut ni Frédéric Mitterrand qui ne brille bien que par son absence ni Carla qui ne chante bien (...)

identité nationale

Examen de moralité

Betablog, 18 mars 2010 16:21

Voici le texte d’une pétition qui donne à réfléchir sur la détermination de Sarko (ou de ceux qui le manipulent) à diriger les consciences et à réaliser le programme d’édification de la nation française annoncé au Latran, à Ryad et devant le Crif. À quand une épreuve de profession de foi œcuméniste aux concours de recrutement (...)

Laïcité

Dernier round

Julien Dray, 18 mars 2010 15:42

C’est fait : un accord quasi national, et en Ile de France notamment, a été scellé entre les listes d’union du PS, celles d’Europe Écologie et celles du Front de Gauche. Il faut être honnête, cela ne s’est pas fait sans difficultés, et il y a ce matin de grosses déceptions, et sans doute de vrais mécontentements. Je le (...)

Julien Dray, Régionales 2010

L’ "A quand l’amour ?" de Jean Allouch

Nonfiction, 18 mars 2010 15:42

"L'un des plus curieux sillages de 1968 sera de susciter dans l'Université et ses alentours, jusque dans les endroits les plus inattendus, des séminaires de "lecture de Lacan" qui, pour le malheur de la littérature universelle, n'ont pas trouvé leur Flaubert" 1. Pour être cruel, ce mot (...)

psychologie / psychanalyse

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Betablog, 18 mars 2010 13:40

Le Réseau "Sortir du nucléaire" révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF. Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement (...)

Nucléaire

L’Internet comme enfer

Yann Leroux, 18 mars 2010 11:47

Trouvé via Serial Mapper,cette superbe carte de l’Internet inspirée l’enfer tel que Dante l’imagine dans La Divine Comédie. Elle fera sourire tous ceux qui ont connu l’Internet du temps du RTC, des Newsgroups, listes de diffusion et autres forums. A cette époque, l’Internet était un autre lieu dans lequel on allait après (...)

Numérique

Élections, consommation, piège à con !

JBB, 18 mars 2010 10:47

Marque, produit, offre politique… A l’évidence, la politique est exclusivement devenue affaire de consommation. Avec ce paradoxe que si l’électeur achète, c’est l’élu qui devient propriétaire de sa voix, libre de capitaliser sur ce suffrage. Logique - donc - que l’abstention atteigne des records : c’est le seul moyen pour (...)

Société de consommation

Mon premier est une abstention record (zaz)

Ocsena, 18 mars 2010 08:43

Abstract 1 Mon premier est une abstention record et une vaste et un peu fausse interrogation sur ce sujet dans les journaux 2 Mon second est la pénible insistance dans l’erreur de la pitre force farce de l’UMP 3 Mon troisième est la dérive délirante globale de la France 4 Ma quatrième est l’inventaire des (...)

zaz, Régionales 2010

Milgram et la société française : la zone extrême

Christophe, 18 mars 2010 06:40

Je viens de regarder l’émission du jeu de la mort sur France2, celle-ci a confirmé tout le bien que j’en pensais à priori. Bref, l’expérience de Milgram démontrait que 65 % des individus se soumettaient à l’autorité scientifique, la zone extrême nous démontre aujourd’hui que 81 % des Français se soumettent à l’autorité (...)

Télévision, psychologie / psychanalyse

Le jeu de la mort : du bon boulot France2 !

Christophe, 17 mars 2010 18:20

A lui seul le titre de cette émission de France2 est aussi ambitieux que l’expérience qui a été menée dans les années 60 aux états-unis. L’expérience de Milgram montre que 65 % des êtres Humains sont prêts, grâce à des stimulis autoritaires, à tuer des inconnus en toute connaissance de cause. Cette émission sera diffusée (...)

Télévision, psychologie / psychanalyse

La genèse de la civilisation judéo-chrétienne

Nonfiction, 17 mars 2010 16:36

Dès le début du christianisme, la lecture du texte biblique restant l’apanage des scribes ou des lettrés, la religion chrétienne trouva dans le recours aux symboles un véritable réservoir d’images susceptibles d’éclairer les fidèles sur le contenu des principaux épisodes bibliques. En effet, à l’origine, le mot grec " (...)

Histoire

Entre rillettes et rions ensemble

Le Hezo, 17 mars 2010 15:18

La soirée télé ? les chiens de garde du sarkozysme étaient lâchés. Mais on a quand même bien rigolé... Mieux que les grands du rire du samedi. Une vraie soirée de crétinisme et de mauvaise foi.

Régionales 2010

De quelques idées reçues sur le métier d’éditeur

Lémi, 17 mars 2010 14:22

Par l’autre bout de la lorgnette. Martine Prosper, auteur d’Édition, l’envers du décor, a choisi d’aborder une question que l’on connait finalement peu : celle des réalités du métier d’éditeur. Derrière le mythe poussiéreux hérité du 19e siècle, une profession depuis longtemps rattrapée par les techniques de gestion moderne et (...)

Culture

Dans le doute, abstiens-toi

b.mode, 17 mars 2010 10:47

Plus d'un français sur deux est resté chez lui. Ou alors il était allé taquiner le goujon ou la belette. C'est dire si nos politiques de tout bord présentent un visage avenant. En plein marasme économique, tandis que la société explose de toute part, une grosse moitié du peuple n'a pas jugé nécessaire de (...)

Régionales 2010

Quel beau dimanche ça aura été...

Cromwellbar, 17 mars 2010 09:49

Tout a été si parfait. Le peuple tout d’abord par son abstention comme un dégoût venu du froid des masses silencieuses. Une véritable insurrection muette et citoyenne pour une nouvelle république. Un grand merci à M. Besson, Hortefeux et les autres pour le retour du Front National, piège mortel pour le monarque. À trop (...)

Régionales 2010

L’histoire de la Marine, revue et corrigée

Nonfiction, 17 mars 2010 08:43

Il est d’usage, lorsqu’on étudie la Marine de Vichy, d’insister sur cette "marée bleue" qui se serait abattue sur la France au lendemain de la défaite de juin 1940 : beaucoup de contemporains eurent alors le sentiment que les allées du pouvoir –et ses coulisses- se peuplaient d’officiers de la (...)

Histoire

Benoît Hamon interviewé par Acturevue

Acturevue, 17 mars 2010 08:42

Reportage au sein du Parti Socialiste

Régionales 2010

Ce Pays, appelé USA, en banqueroute d'Etat. Effondrement URSS-USA - Commencement du 3ème millénaire

Thomas, le Cimbre,, 17 mars 2010 06:30

Le 17 octobre 2008 j'avais écrit un article intitulé "Ce Pays, appelé USA, en banqueroute d’État. Effondrement URSS-USA - Commencement du 3ème millénaire" en annonçant de manière effrontée que "J’ai écrit cet article le 17 octobre 2008. A partir d’aujourd’hui il constitue, lui aussi, une antériorité sur le (...)

Crise mondiale

Internet : L’étau se resserre ?

Duboubou, 16 mars 2010 16:46

L’espace de "Liberté" que représente le Net, ou s’exprime aussi le peuple de France semble de plus en plus menacé. Ce n’est pourtant pas dans les colonnes, de ce qui reste de notre presse prétendue libre, que le petit peuple peut participer au débat d’idées indispensable au bon fonctionnement de notre démocratie, même si on (...)

Liberté d’Internet

Une interprétation intempestive ?

Nonfiction, 16 mars 2010 16:00

Pendant l’hiver 1938-1939, Martin Heidegger tint un cours. Alors que la vie quotidienne annonçait la guerre, le professeur de philosophie, penseur de la quotidienneté, choisit de faire son séminaire. L’ouvrage traduit par Alain Boutot, parfois répétitif, répétitif comme un cours au final doit l’être, et à la rédaction (...)

Philosophie

la preuve de la fidélité

entre2eaux, 16 mars 2010 12:19

Sans lui, je n’aurais pas été ce que je suis. Bien sûr, il y avait mon père, ce héros, qui avait payé de la prison l’engagement pour ses convictions. Il y avait ma mère, prête à tout donner pour un avenir meilleur. Il y avait nos distributions de tracts, de boîtes en boîtes, sur les épaules de l’un ou de l’autre, il y avait (...)

Disparition

Parution du n°34, "Urgence écologique, urgence démocratique"

Betablog, 16 mars 2010 11:30

Crise climatique, crise énergétique, crise alimentaire, crise économique, crise de sens, crise de civilisation... La crise écologique, d’ampleur mondiale et aux conséquences "glocales" et transgénérationnelles, n’est plus une menace. C’est une réalité, une urgence. Face à cet impératif écologique, André Gorz nous mettait en (...)

Écologie, Économie, démocratie

Casting de Télé Réalité : Attention Arnaque !

Betablog, 16 mars 2010 08:15

Voici le témoignage d’une personne ayant voulu travailler dans une émission de Télé Réalité, qui a été abusé par les producteurs qui lui ont fait miroiter n’importe quoi pour le jeter comme une serpillière ensuite. Aux alentours du 15 Décembre, une personne m’a contacté pour participer à un CASTING pour une émission de (...)

Télévision, TF1

Israël : La paix dans la guerre

Acturevue, 16 mars 2010 08:09

Rapport Amnesty international Des chiffres de la dernière offensive. Des chiffres de la colonisation. Des chiffres qui n’annoncent pas de paix. Des chiffres qui n’offensent pas la communauté internationale. Des chiffres sombres...

Israël

La gauche ? Un avenir pas si rose.

Nouvel Hermès, 16 mars 2010 06:45

Que la Gauche ne se réjouisse pas trop vite ! Elle a gagné, certes, mais faute de combattants. Car, conduites par un clown, les troupes de la droite auraient été défaites par un âne. Et croire que, par son génie, elle aurait terrassé l’adversaire peut s’avérer une illusion mortelle. C’est le sarkozime qui a été abattu à (...)

Gauche (politique)

Engelmann, premier interprète de Wittgenstein

Nonfiction, 15 mars 2010 17:00

« N’oublie jamais, lorsque tout va bien, que rien n’oblige à ce qu’il en soit ainsi. » Gottfried Keller, une des citations favorites de Wittgenstein. La correspondance entre Wittgenstein et Paul Engelmann est un document de première importance sur la naissance de la philosophie de Wittgenstein, mais aussi sur la mort (...)

Philosophie

ACTA : le bash des eurodéputés à Strasbourg

bluetouff, 15 mars 2010 15:13

De mémoire d’eurodéputé, rarement un clash aura été aussi violent dans l’enceinte du Parlement Strasbourgeois que celui de mardi dernier. ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement), le traité international de lutte contre la contrefaçon négocié secrètement depuis 2007 a du essuyer les salves des eurodéputés, particulièrement (...)

Liberté d’Internet

Les premiers résultats déjà commentés

vidberg, 15 mars 2010 10:09

Avant 20 heures, la loi interdit la publication de résultats même partiel. Si les grands médias respectent cette règle, il est beaucoup plus difficile de contrôler les réseaux sociaux. Sur Twitter, des sondages réalisés à la sortie des urnes circulent déjà depuis 18 heures. Attention, vous n’avez pas le droit d’aller voir, (...)

Sondages, twitter

La troisième frontière du Web

Patrice, 15 mars 2010 09:11

Chacun sent que le Web entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement. Les tentatives de synthèse fleurissent, mais ne semblent pas suffire à rendre compte des évolutions en cours. Peut-être sont-elles encore trop vagues ? ou déjà trop précises ? Le concept de “Web Squared” s’ajuste assez bien au “Web (...)

Numérique

Facebook pourrait ouvrir ses données à l’occasion de la conférence F8

Marshall Kirkpatrick, 15 mars 2010 09:09

Selon nos investigations, Facebook aurait l’intention d’annoncer l’ouverture des données de ses utilisateurs lors de la conférence F8 qui réunit chaque année en avril les développeurs travaillant sur la plateforme Facebook. Une telle offre serait similaire à l’ouverture pratiquée par Twitter avec une sélection de (...)

Facebook

Google ou le côté obscur de la Force ?

Electron libre, 15 mars 2010 08:49

1 milliard de recherches par jour, 450.000 serveurs, 180 milliards de dollars de capitalisation boursière, 23,6 milliards de chiffre d’affaires, 6,5 milliards de profits...Google veut-il notre Bien comme l’affirme sa jolie devise "Don’t Be Evil" ou la firme de Mountain View est-elle plus dangereuse aujourd’hui que (...)

Google

L’Enfer du travail précaire

Christian Sautter, 15 mars 2010 07:30

Florence Aubenas a écrit un livre bouleversant et digne du centième anniversaire de la lutte des femmes pour leur dignité (« Le quai de Ouistreham », Olivier, janvier 2010). À l’évidence, il reste fort à faire et, loin de s’améliorer, la situation des femmes peu qualifiées ne fait qu’empirer. On est à des années-lumière des (...)

Précarité

Abstention massive, N'est-ce pas là l'un des symptômes d'une crise politique profonde ?

Stef, 15 mars 2010 06:20

Record à la baisse pour la participation lors de ce premier tour des élections régionales, est-ce une surprise ? Sûrement pas, la campagne n’ayant pas eu lieu, ou restant du niveau des cours d’écoles, les gens n’auront pas été accrochés, aucunement intéressés à ce scrutin. F.Fillon s’est empressé de rappeler que la (...)

Régionales 2010

Cohn-Bendit interviewé par Acturevue

Acturevue, 14 mars 2010 18:30

"On n’est pas les uns contre les autres mais les uns à côté des autres." "Oui, on est à côté de l’UMP, c’est vrai." "L’UMP est incapable de rassembler. Il y a une diversité dans l’électorat, il faut mobiliser cette diversité".

Daniel Cohn Bendit

Quelques remarques et précisions sur le concept juridique de « faillite » appliqué aux Etats, par Valérie Bugault

Julien Alexandre, 14 mars 2010 14:59

Billet invité. De façon liminaire, il importe de préciser que le terme de « faillite » n’a plus court dans le langage juridique et judiciaire actuel ; cette notion a été remplacée par la périphrase « procédures collectives », dont le régime juridique a évolué, ces dernières décennies, dans le sens d’une diversification et (...)

Économie

149ème semaine de Sarkofrance : le piège régional

Juan de Sarkofrance, 14 mars 2010 11:48

A quelques heures du premier tour des élections régionales, Nicolas Sarkozy a annonce une pause dans ses réformes, pour le second semestre 2011. Ensuite il confirmera qu’il est bien candidat, et le Parlement aura quelques mois pour digérer la diarrhée législative du Monarque. Pour l’année 2010, le président français (...)

Régionales 2010

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Le "shut up" de Cohn Bendit à Lefebvre

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