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« affaire 012345, Monsieur X contre une décision du préfet de Moselle »
Argumentation du préfet : Monsieur X est entré irrégulièrement sur le territoire français. Il est d’origine sénégalaise (la nationalité a été prise au hasard), vit au Luxembourg et est entré irrégulièrement sur le territoire. Il a déjà prévu un billet Metz-Luxembourg, départ 5 jours après.
Il a été présenté au JLD la veille pour une prolongation de rétention administrative. L’avocat de permanance a envoyé un recours devant le TA.
L’avocate nous informe qu’il s’agit d’une méprise : Monsieur X s’est marié avec une Luxembourgeoise. Il n’y a pas de représentation diplomatique de son pays d’origine au Luxembourg. Il est donc venu en France pour en trouver une et mettre le registre d’état civil à jour.
Il est allé à la préfecture de Metz pour avoir des renseignements. Le fonctionnaire s’est rendu compte qu’il n’était pas en règle pour se trouver en France : il fait appel aux forces de l’ordre, rétention administrative avec retour à la frontière. Mais lui, il ne veut pas rester en France : il veut retourner au Luxembourg !
Il se présente devant le tribunal. Le magistrat lui demande s’il veut rester en France : Non, catégorique ! Il demande même quand il sera renvoyé au Luxembourg, et si ça pouvait se faire le jour même. Sa femme est présente dans la salle.
Le magistrat constate qu’il y a une erreur manifeste d’appréciation du préfet mais il laisse le choix à monsieur X : soit il rentre à la date inscrite sur le billet d’avion, soit le jour même. Il choisit le jour même. La décision est annulée, le juge a décidé sur le siège… Il va pouvoir rentrer directement !
C’est beau de vivre dans le pays des droits de l’Homme !
Outre le caractère illogique de la décision administrative, je reste inquiet quant au coût d’une telle procédure : il a fallu interpeller la personne (2 fonctionnaires de police), l’auditionner (1 fonctionnaire), la placer en rétention (1 nuit), la présenter au JLD (2 policiers pour l’escorte, 1 juge, un greffier et un avocat) et la présenter au juge administratif (1 magistrat, un greffier, deux gendarmes, de l’essence, une interprète, une avocate et une autre nuit en centre) pour finalement se rendre compte que cette personne était venue mettre à jour son état civil et ne voulait qu’une chose : quitter la France !
Heureusement que je ne suis pas imposable !
Voir en ligne : Dounâouy
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