La Gauche Moderne
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1ère CIRCONSCRIPTION DU NORD
On la connaît surtout pour son rôle de conseillère municipale dans l'opposition. Pour porter haut les valeurs de la Gauche moderne, Brigitte Mauroy brigue aujourd'hui un mandatde députée. Elle sera candidate dans la 1re circonscription, entre Bernard Roman (PS) et Hervé-Marie Morelle (UMP).
« Elle a obtenu tous les postes qu'elle souhaitait et je pense qu'elle a la volonté de rester dans le paysage local. » Hervé-Marie Morelle, candidat de l'UMP aux élections législatives dans la première circonscription (*), ne croit pas si bien dire. Lui et Brigitte Mauroy vont même pouvoir tirer la barre côte à côte (ou face à face, c'est selon) pour le premier tour des élections, le 10 juin. Car après le suspense est venue la révélation : la coordinatrice régionale de la Gauche moderne se présente. « La réponse, quand même, c'est clairement oui », pose l'intéressée. Ayant été investie par le Parti radical, le Nouveau Centre et bien sûr la Gauche moderne, elle déposera sa candidature dans le courant de la semaine prochaine.
Brigitte Mauroy n'est pas une vraie politicienne. Disons qu'elle ne pratique pas la langue de bois, et n'allez pas lui dire qu'elle cherche à faire carrière. « On ne démarre pas une carrière politique à 58 ans, râle-t-elle. Je ne fais pas de politique pour que ça m'amène quelque chose, mais pour proposer des solutions aux gens qui en ont besoin. » Pour ça, il n'y a qu'une option possible : se rendre visible.
« Lille-Sud comme tropisme »
Après avoir flirté un temps avec le Parti radical de gauche, en 2005, pour lequel elle s'est présentée comme suppléante aux législatives partielles, l'urologue et nièce de Pierre Mauroy a décidé de prendre le taureau par les cornes. Deuxième sur la liste UMP aux municipales de 2008, elle siège au sein du groupe d'opposition Union pour Lille. Conseillère municipale, communautaire, régionale (sur la liste de la majorité présidentielle de l'époque)... et bientôt députée ?
« Je suis là pour faire avancer le débat, parfois vigoureusement je le reconnais. » Pour son premier scrutin uninominal, Brigitte Mauroy espère bien se faire voir. Porte-à-porte, meetings en chaîne... Avec son suppléant Pascal Level, représentant métropolitain du Parti radical, et la vingtaine de membres de son équipe, elle va devoir faire très fort dans une « campagne très courte » pour la première circonscription. Un choix de coeur. Bien qu'elle n'en habite qu'à la limite, elle y retrouve son « attachement à Lille, avec Lille-Sud comme tropisme ».
C'est de là que lui viennent ses idées. L'accès aux soins pour tous. « J'ai vu se détériorer un service public formidable. Je l'ai vécu viscéralement. » La lutte contre l'illettrisme et l'individualisation du parcours à l'école. La cité des artisans, « créer de l'emploi dans la cité et favoriser l'échange ». Les problèmes dans le parc de logements existant.
Des idées parfois de gauche, parfois de droite. Elle a été la première à profiter de l'ouverture pendant le quinquennat précédent pour faire de son parti l'aile sociale de la majorité. « Mais entendons-nous bien, dans Gauche moderne, il y a gauche. Je suis de gauche quand il s'agit de défendre l'intérêt des gens. Mais moderne parce qu'il faut remettre la France au coeur du travail. » Bernard Roman aussi est de gauche. Elle tentera de destituer le député sortant, élu depuis 1997. Pas gagné d'avance. Surtout quand on sait que la Gauche moderne ne compte plus qu'une centaine de cartés. « Et alors ?, tance-t-elle. Ce n'est pas la peur qui va me faire reculer. » •
(*) La 1re circonscription comprend les cantons de Lille-Centre, Lille-Sud, Lille-Sud-Est (sauf les communes de Lezennes et Ronchin) et la commune de Loos.
Brigitte Mauroy sera en meeting mardi, à 19 h, à l'espace Mitterrand, à Loos. Son programme sera dévoilé sur son site internet, qui ouvrira lundi : www.brigittemauroy.fr
Retrouvez cet article d'Aline Chartrel paru le 11 mai 2012 sur le site www.lavoixdunord.fr
Jean-Marie Bockel l'invité de TV5MONDE présenté par Patrick SIMONIN le 04/05/12...L'ancien ministre "d'ouverture" n'a pas laché Sarkozy...
A une semaine du second tour, Nicolas Sarkozy a théorisé dimanche à Toulouse son discours controversé sur l'immigration et l'identité nationale en célébrant la Nation et les frontières, tout en prenant soin d'affirmer qu'il ne fallait pas confondre «l'amour de sa patrie avec la haine des autres».
Dans un discours écrit par Henri Guaino, et retransmis au même moment dans plusieurs réunions de l'UMP en France, le président-candidat s'est appliqué pendant une heure à donner de la hauteur à sa stratégie de reconquête des quelque 6,5 millions d'électeurs qui se sont prononcés pour Marine Le Pen le 22 avril en exaltant le «sentiment national» et la «fierté» d'être français
«Je ne veux pas laisser la France se diluer dans la mondialisation, voilà le message central du premier tour», a-t-il résumé devant des milliers de partisans (12.000 selon l'UMP), «l'Europe a trop laissé s'affaiblir la Nation (...) les pays qui gagnent aujourd'hui, c'est les pays qui croient dans l'esprit national».
VIDEO. A Toulouse, Sarkozy fait l'éloge de la Nation et des frontières
15h22. Copé aux militants UMP : «Ne lâchez rien.» Alors qu'il anime un meeting à Marcq-en-Baroeul à l'occasion de «la réunion publique multidiffusée» de Nicolas Sarkozy à Toulouse, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé lance aux militants : «Ne lâchez rien. Continuez à vous mobiliser jusqu'à la dernière seconde. Mon intuition est que nous allons gagner.» Après une longue diatribe contre François Hollande et ses alliés, il lance : «Il va nous appartenir toute la semaine de faire la différence.» Le secrétaire général de l'UMP défend par ailleurs «l'honneur» de sa famille politique de n'avoir «jamais accepté aucune alliance avec l'extrême-droite».
15h31. Xavier Bertrand y croit aussi. «Cette élection, elle n'est pas jouée», assure le ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui parle depuis Orléans à l'occasion de la «réunion publique multidiffusée» de Nicolas Sarkozy à Toulouse. «Je préfère les drapeaux bleu-blanc-rouge des Jeunes populaires aux drapeaux rouges de M. Mélenchon», avait-il lancé peu avant.
15h41. Sarkozy, «une chance pour la France», selon Bockel. «Je suis un homme de gauche, je le resterai toute ma vie. Mais si je suis devant vous, c'est parce que j'ai choisi, moi, homme de gauche, de voter Sarkozy», lance Jean-Marie Bockel, président de la Gauche moderne au meeting de Nicolas Sarkozy à Toulouse. Sarkozy, «un homme qui a déchaîné contre lui des haines viscérales mais un homme qui est pour la relève du pays, une chance pour la France»,déclare-t-il. Et l'ancien socialiste de se lancer dans une critique de François Hollande qui «n'a pas l'art de la décision, le goût de l'audace et du risque».
15h50. Après Bockel, au tour d'Allègre de prendre la parole au meeting de Sarkozy. L'ancien ministre socialiste, rallié à Nicolas Sarkozy, est à Toulouse pour soutenir le candidat de l'UMP. «Qui a permis d'éviter le désastre bancaire? Nicolas Sarkozy, se félicite Claude Allègre. Qui a été en Amérique convaincre le président Bush de créer le G20? Nicolas Sarkozy. Qui a amorcé la construction d'une nouvelle Europe? Nicolas Sarkozy. Et j'ajoute que je crois que le général de Gaulle aurait été fier de ce qu'a fait Nicolas Sarkozy.»
16h03. Sarkozy : «Je salue le peuple de France !» Arrivé sur scène, à Toulouse, pour son meeting multidiffusé, Nicolas Sarkozy lance : «Je salue Toulouse! Je salue Metz. Je salue Lyon. Je salue Marcq-en-Baroeul. Je salue Orléans. Je salue Rennes. Je salue Limoges. Je salue le peuple de France!» Face à un salle acquise à sa cause, le président-candidat dramatise l'instant, évoquant «ces moments de l'histoire où tout se décide en quelques jours». «La France ne peut pas manquer ce rendez-vous avec l'histoire, la France n'a pas le droit à l'erreur», lance-t-il.
16h05. Sarkozy à ses militants : « Vous êtes extraordinaires.» Interrompu par les vivas de la foule - «Nicolas! Nicolas! Nicolas!» - le président-candidat s'exclame à Toulouse : «Vous êtes indécourageables! Vous êtes extraordinaires!» Et Nicolas Sarkozy de fustiger «les experts, ceux qui savent tout et ne connaissent rien» : «Que tous les observateurs regardent le peuple de France», lance-t-il en montrant la foule de ses militants. «Cette élection est sans doute la première véritable élection présidentielle du XXIe siècle», poursuit-il.
16h18. Sarkozy ne veut «pas laisser la France se diluer dans la mondialisation». «Comment ferons-nous si plus personne n'est fier d'être Français? s'interroge le candidat de l'UMP en meeting à Toulouse. Dans les cinq années qui viennent, je ne veux pas laisser la France se diluer dans la mondialisation. Voilà le message central des électeurs au premier tour.» Et de poursuivre en assurant : «Je ne me résignerai jamais à l'aplatissement du monde.» A Toulouse, Nicolas Sarkozy déclare qu'il n'acceptera pas «qu'il n'y ait plus aucune différence entre être Français et ne pas l'être». «Je déteste le racisme, je hais l'homophobie (...), précise-t-il. Mais je demande qu'on ne fasse pas cet amalgame, ce racisme à ceux qui aiment la France.» Provoquant des huées dans la salle, il se met à fustiger «cette gauche insupportable donnant des leçons de morale».
16h25. Sarkozy défend les «frontières». «Aujourd'hui, on voudrait séparer le droit de vote de la nationalité, c'est le contraire de l'ordre républicain», dénonce Nicolas Sarkozy à Toulouse, se référant ainsi à la proposition de son rival socialiste d'accorder le droit de vote aux étrangers aux élections municipales. «La frontière, c'est ce qui distingue le dedans, du dehors, poursuit Nicolas Sarkozy citant alors... Régis Debray. Sans frontière, sans cadastre, il n'y a pas d'intimité. La frontière, c'est l'affirmation que tout ne se vaut pas. Qu'entre le dedans et le dehors, ce n'est pas la même chose. Qu'entre nous et les autres, il y a une différence.» Le président-candidat insiste : «Tracer une frontière, ce n'est rien d'autre que le long travail de la civilisation.»
16h27. Sarkozy sur son discours : «C'est tellement personnel.» Nicolas Sarkozy fait mine d'être soulagé que son public réagisse à son discours «tellement personnel». «Dire ce que l'on a dans l'âme, dire ce que l'on a dans le coeur (…) Voilà ce que je suis venu vous faire partager», lance-t-il, déclenchant des hourras dans la salle.
16h36. Sarkozy veut «remettre les frontières au centre du débat». «Mon projet c'est de remettre les frontières au centre du débat politique», lance le président-candidat qui «imagine déjà le procès en sorcellerie». Mais, tacle-t-il, «ce sont les Staliniens du XXIe siècle. Ils n'ont plus de rêve, ils n'ont plus d'idéal. Ils n'ont que les défauts». «Ma conviction absolue, c'est que la France doit rester un pays ouvert, poursuit-il. Je ne veux pas que la France s'isole.» Mais, affirme Nicolas Sarkozy, «je veux des frontières respectées, des frontières défendues, des frontières qui permettent d'assurer la maîtrise de l'immigration et de lutter contre l'évasion fiscale que nous ne supportons plus».
16h37. Sarkozy : ne pas confondre «l'amour de sa patrie avec la haine des autres». Nicolas Sarkozy accuse «la pensée unique, le système, notamment le système médiatique» d'avoir «confondu le sentiment national, qui est hautement respectable, avec le nationalisme qui est une idéologie profondément dangereuse». Mais il demande de ne pas confondre «l'amour de sa patrie avec la haine des autres», qui est un «sentiment détestable», une façon de se démarquer du Front national.
16h39. Sarkozy parle immigration. Constatant que «le système d'intégration ne fonctionne plus», le président-candidat se «fixe un objectif» : «Que nous accueillons bien ceux que nous accueillons, mais que nous divisions par deux le nombre de ceux que nous accueillons.» «Je veux que celui qui vient s'installer en France connaisse le Français et les valeurs de la République», avait-il expliqué quelques instants plus tôt.
16h46. Sarkozy : «Nos idées sont les seules que veut entendre le peuple de France !» A ses militants qui scandent «On va gagner! On va gagner!», Nicolas Sarkozy répond : «Eh oui, parce que nos idées sont les seules que veut entendre le peuple de France!» Et de dénoncer le programme de son rival socialiste qui «n'est pas un programme de croissance, mais un programme de récession».
16h51. Sarkozy pointe à nouveau les exemples grecs et espagnols. Moquant son rival socialiste, François Hollande, qui s'est rendu à Madrid au lendemain de sa victoire à la primaire PS, Nicolas Sarkozy lance : «J'aimerais savoir si M. Hollande entend poursuivre la même politique qui a fait tant de succès en Espagne?» Et de conclure : «La Grèce ou l'Espagne? Non merci.»
17 heures. Sarkozy : «Il s'agit, le 6 mai, de faire gagner la France.» «Il ne s'agit pas de faire gagner la droite. Il s'agit, le 6 mai, de faire gagner la France», lance Nicolas Sarkozy avant de rendre hommage aux personnalités présentes à Toulouse : les ex-socialistes, Jean-Marie Bockel et Claude Allègre, la radicale, Rama Yade, Christine Boutin ou encore Michèle Alliot-Marie. «C'est ensemble que nous allons construire le rassemblement immense du 6 mai», conclut-il avant de fustiger une dernière fois François Hollande qui défilera le 1er mai «derrière les drapeaux rouges de la CGT» alors que le bleu-blanc-rouge, c'est «vive la France et vive la République». Le dernier mot du président-candidat va à son épouse, Carla, assise au premier rang : «Je voudrais dire à Carla qu'elle a bien fait de venir ici à Toulouse avec nous!»
Retrouvez cet article paru le 29 avril 2012 sur www.leparisien.fr
Guyane 73 et l'UMP, lors du meeting de lancement de la campagne de Nicolas Sarkozy, ont invité les Guyanais à renouveler leur confiance au président sortant. Les socialistes de Guyane, comme François Hollande, ont été sévèrement taclés.
« Cinq ans, ce n'est pas suffisant. » Celui qui énonce cette vérité sait de quoi il parle. Il s'agit de Jean-Pierre Roumillac, maire de Matoury depuis plus de 23 ans. Le président de l'Union socio-démocrate (USD) comptait parmi les orateurs qui ont pris la parole mardi soir à l'occasion du lancement de la campagne de Nicolas Sarkozy en Guyane. Un meeting qui s'est déroulé à l'association Fa Kiao devant quelque 350 invités dont certaines têtes connues comme le conseiller général Christian Porthos.
TACLES AUX SOCIALISTES
Le programme de Nicolas Sarkozy pour la Guyane en particulier et pour l'Outre-mer en général n'a jamais été évoqué mais, chacun à tour de rôle, s'est évertué à dresser un bilan positif de l'action du président sortant. « Si la Guyane a fait un pas manifeste, elle le doit à ses élus mais surtout à un homme » , a entamé Rodolphe Alexandre. « J'ai vu le président se mettre debout et annoncer qu'on va balancer les travaux de l'échangeur de Balata » , a-t-il ajouté.
Léon Bertrand a gardé quelques tacles à l'encontre du candidat socialiste, accusé d'avoir « une vision étriquée de l'Outremer » . « L'Outre-mer sera mal placée » si le candidat socialiste accède au pouvoir, a prévenu le maire de Saint-Laurent. « L'Outre-mer est un chantier important » pour Nicolas Sarkozy, a souligné Jean-Marie Bockel, ancien membre du gouvernement et ancien socialiste comme Rodolphe Alexandre. Comme beaucoup, il a loué le courage du président face aux reformes difficiles mais nécessaires. « Malgré la crise, la Guyane a pu bénéficier d'efforts importants, a repris Jean-Pierre Roumillac. C'est ce gouvernement qui a reconnu que la Guyane devait bénéficier d'une enveloppe de rattrapage. » Comme lui, beaucoup d'orateurs ont semblé avoir occulté le prédécesseur de Sarkozy, Jacques Chirac. François Hollande, principal rival de Nicolas Sarkozy n'était pas l'unique cible de cette soirée. Rodolphe Alexandre a aussi évoqué ses anciens « amis de la gauche radicale » . Isabelle Patient, elle, s'en est pris au Front Guyane 74 : « On les a mis à la porte il y a deux ans, ils tentent de revenir par la fenêtre. »
Retrouvez cet article paru le 23 mars 2012 sur www.franceguyane.fr
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Chronique d'Emmunuel Dupuy et Patricia Lalonde :
Prête à être déchue de son statut de cinquième puissance mondiale, la France a besoin de poursuivre les inflexions données à sa diplomatie depuis 5 ans.
Face à une société internationale chamboulée par les effets dominos de la crise financière et monétaire qui la secoue depuis 2009, les actions diplomatiques engagées depuis 2007 sont le plus souvent perçues comme celles d’une puissance tranquille, sûre de son rayonnement, et forte de son modèle universaliste, forgé dans sa tradition d’équilibre stratégique.
Comme l’a rappelé le candidat à sa réélection, lors de son discours d’entrée en campagne à Marseille, la France « forte » a une responsabilité d’agir dans le monde qui l’entoure. Elle souhaite le faire avec autant de sincérité que de modestie, eu égard à la gravité de la crise économique et financière. Monde dont l’axe de rotation a basculé du bassin traditionnel de puissance localisé de part et d’autres des rives de l’Atlantique Nord à une nouvelle réalité géopolitique faite de nouveaux acteurs et lieux de puissance émergents. D’ici 2050, ce sont plus de 50% du PIB, des flux commerciaux, des investissements et de la population qui proviendront d’Asie. La Chine, qui représente en 2012, 8% du commerce mondial, pourrait supplanter les Etats-Unis dès 2020 !
Fini donc le splendide isolement qui la caractérisait parfois, la France n’est jamais aussi forte que quand elle agit de concert avec ses partenaires, le plus souvent avec une efficacité et une perspicacité que beaucoup louent et lui reconnaissent.
Les rendez-vous des cinq dernières années n’ont pas été manqués, l’actualité des dernières semaines en signale d’ailleurs la justesse et la pertinence :
• Lancement en mai 2007 de l’Union pour la Méditerranée, « union de projets » dont les principaux acteurs sont les sociétés civiles du bassin méditerranéen qui se sont exprimées avec force et vigueur;
• Signature et ratification du Traité de Lisbonne en décembre 2007, qui confirme la puissance d’influence de l’UE ;
• Présidence de l’Union européenne dont le règlement du conflit en Géorgie durant l’été 2008 aura été le point d’orgue ;
• Réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN au printemps 2009, acte de solidarité vis-à-vis de nos partenaires transatlantiques autant qu’évidence stratégique face à la volatilité des crises comme pour répondre à la pluralité des menaces issues des perceptions traditionnelles des insécurités, comme tenant compte des nouveaux « champs de bataille » que constituent, entre autre, le cyber-espace ;
• Présidence du G8-G20 en 2011 autour d’une évidente prise en compte de la pluralité des puissances économiques et des efforts à mener pour une représentativité plus en phase avec la réalité des équilibres régionaux de puissance ;
• Action déterminante de la France en Libye, signifiant sa préoccupation d’ancrer le libéralisme politique autant que la justice sociale dans son voisinage méridional ;
• Sans oublier un Traité de Bruxelles, prémisse d’une réponse concertée pour faire face ensemble, avec nos 17 partenaires européens, à la gravité de la crise de l’euro…
• Vote du paquet « energie/climat » dans les négociations sur le climat pendant la présidence de l’Union Européenne à la conférence de Copenhague.
Il reste surtout ceux de demain :
• Pacification de la situation en Syrie, évidente concrétisation de la responsabilité de protéger les populations en danger, conformément à la Charte de l’ONU, tout en tenant compte d’un contexte hautement complexe ;
• Prochain Sommet de la Terre, qui se tiendra à Rio en juin 2012, autour de la nécessaire gouvernance écologique à mettre en place, vingt années après le Sommet de 1992, qui fit prendre conscience de l’enjeu environnemental dans les relations internationales ainsi que de la nécessité d’une gouvernance prenant en compte le développement durable ;
• Processus de retrait et de transition en Afghanistan, confirmant dix années de stabilisation et de rétablissement de l’Etat de droit, et l’établissement d’un véritable partenariat à long terme avec les autorités afghanes dans le domaine économique et dans l’aide au respect des principes démocratiques inscrits dans la constitution ;
• Normalisation de notre dialogue stratégique avec les nouveaux responsables issus des processus révolutionnaires et des transitions démocratiques au Maghreb et au Levant, en aidant au développement et à l’installation de véritables démocraties et en prenant tout particulièrement en compte le respect du droit des femmes. Apres avoir gagner la guerre, il nous faut installer la paix ;
• Enjeux de l’aide à la reconstruction post-crise partout où la communauté internationale a agi avec célérité, générosité et efficacité, d’Haïti, de Banda Aceh à la Corne de l’Afrique ;
• Réforme du multilatéralisme - notamment au sein des Nations Unies et dans le cadre d’un nouveau système de Bretton Woods (ayant donné naissance au FMI et à la Banque mondiale) ;
• Prise en compte des organisations sub-régionales dans le cadre d’intégrations régionales autant politiques qu’économiques ;
• Sans oublier l’épineux dossier iranien, qui interroge la notion même de la maîtrise des armements, l’avenir de la dissuasion nucléaire comme la prise en compte aussi de la « dualité » dans nos relations internationales…
Ces défis pour les citoyens du monde, comme pour les Français nous obligent à un constat : il faut un amiral à la barre du navire France.
C’est du reste, celui que font, aussi nos collègues sociaux-démocrates au Parlement européen ou que nous entendons dans les principales capitales européennes où nous nous rendons au cours de nos missions à travers le monde. Pas un seul responsable politique et économique qui ne vante le « geste » autant qu’ils ne louent le « verbe », qui caractérise notre diplomatie de l’action et de la décision depuis 2007.
A la puissance « régressive » qui a parfois caractérisé les actions de nos alliés anglo-saxons au Proche-Orient, il est une évidence qui s’impose à tous : celle d’une nouvelle puissance « progressiste » française, autant humaniste, quand il s’agit de réguler le commerce international, mieux encadrer la mondialisation libérale, moraliser les transactions financières ; que réformiste, quand il convient de remédier aux asymétries de développement et remettre en cause l’I-Realpolitik de la représentativité diplomatique dans les grandes institutions internationales.
Les défis posés à la communauté internationale sont gigantesques : les effets du réchauffement climatique, l’ardente nécessité de la diversité énergétique à mesure que les richesses minières s’amenuisent, la fracture démographique, dans un monde de 7 milliards d’individus aujourd’hui, 12 milliards en 2025.
L'heure est grave : c’est de la place de la France dans le monde qu’il s’agit. Un récent rapport de la Fondation américaine Carnegie prédit que d’ici 2020, la France quittera le club des cinq pour n’être que la 9ème puissance économique, fini donc son statut héritée de la Seconde guerre mondiale, qui via son appartenance comme membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, lui confère un rôle d’impulsion et de régulation dans le jeu international.
Retrouvez cet article paru le 13 mars sur le site atlantico.fr
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