Refondation de la gauche

Périphéries | 3 juin 2007 | | 10 commentaires

Faiblesses de l’imaginaire de gauche : pourquoi les gens votent-ils à droite ?

Faiblesse de l’imaginaire de gauche : Rêver contre soi-même

En 2000, aux Etats-Unis, un sondage commandé par Time Magazine avait révélé que, quand on demandait aux gens s’ils pensaient faire partie du 1% des Américains les plus riches, 19% répondaient affirmativement, tandis qu’un autre 20% estimait que ça ne saurait tarder. L’éditorialiste David Brooks l’avait cité dans un article du New York Times intitulé « Pourquoi les Américains des classes moyennes votent comme les riches - le triomphe de l’espoir sur l’intérêt propre » (12 janvier 2003). Ce sondage, disait-il, éclaire les raisons pour lesquelles l’électorat réagit avec hostilité aux mesures visant à taxer les riches : parce qu’il juge que celles-ci lèsent ses propres intérêts de futur riche. Dans ce pays, personne n’est pauvre : tout le monde est pré-riche. L’Américain moyen ne considère pas les riches comme ses ennemis de classe : il admire leur réussite, présentée partout comme un gage de vertu et de bonheur, et il est bien décidé à devenir comme eux. A ses yeux, ils n’accaparent pas des biens dont une part devrait lui revenir : ils les ont créés à partir de rien, et il ne tient qu’à lui de les imiter (1). Il ne veut surtout pas qu’on les oblige à partager ou à redistribuer ne serait-ce qu’une petite part de leur fortune : cela égratignerait le rêve. « Pensez-vous vraiment, interrogeait David Brooks, qu’une nation qui regarde Katie Couric [présentatrice du journal du matin sur NBC, passée depuis au journal du soir sur CBS] le matin, Tom Hanks le soir et Michael Jordan le week-end entretient une profonde animosité à l’égard des nantis ? »

Dans le modèle marxiste, le travailleur est invité à se défaire de la mentalité servile et autodépréciative qui lui interdit de comparer son sort à celui des riches pour revendiquer sans complexes le partage des richesses. En même temps, il s’identifie à ses semblables, salariés ou chômeurs, nationaux ou étrangers, envers qui il éprouve empathie et solidarité. Le génie du libéralisme a été de renverser ce schéma. Désormais, le travailleur s’identifie aux riches, et il se compare à ceux qui partagent sa condition : l’immigré toucherait des allocs et pas lui, le chômeur ferait la grasse matinée alors que lui se lève à l’aube pour aller trimer... Bien sûr, on peut essayer de le raisonner ; on peut lui dire qu’il faut se méfier de ces fausses évidences dont, en France, Le Pen, puis le clan Sarkozy, se sont fait une spécialité : son intérêt objectif, en tant que travailleur, ce serait au contraire que les chômeurs ronflent béatement jusqu’à des deux heures de l’après-midi, puisque, s’ils sont obligés d’accepter n’importe quel boulot, cela tire vers le bas le niveau des rémunérations et des conditions de travail de l’ensemble des salariés - y compris les siennes. On peut essayer de lui démontrer par a + b qu’il se trompe d’ennemis, et qu’il ferait mieux de réserver sa défiance et son animosité à ces politiciens méphitiques qui encouragent en lui l’aigreur et le ressentiment les plus infects.

Pourquoi vouloir encore
changer les choses si,
à n’importe quel moment,
un coup de chance,
ou vos efforts acharnés,
peuvent vous propulser
hors de ce merdier ?

On est forcément tenté d’argumenter, et il faut le faire ; mais il faut peut-être aussi être conscient que ça ne suffit pas. Tous ceux qui, en France, ces derniers mois, écœurés d’entendre des types nés avec une cuillère en or dans la bouche marteler sur toutes les antennes les vertus du « mérite », effarés de voir tant d’agneaux se préparer à voter avec enthousiasme pour le grand méchant loup, se sont époumonés à dénoncer l’arnaque et à en démonter les mécanismes - en vain -, ont peut-être négligé un fait capital : ce qui n’a pas été fait par la raison ne peut pas être défait par la raison. Quand on a consacré un livre à tenter de démêler les formes de rêve bénéfiques de celles qui travaillent contre le rêveur, l’élection présidentielle apparaît comme le triomphe éclatant des secondes. Comme cela a été abondamment souligné depuis le 6 mai au soir, lorsque nos yeux se sont brutalement dessillés en même temps que la Marseillaise de Mireille Mathieu nous déchirait les tympans, en France, les noces de la politique et du showbiz ont été un peu plus tardives qu’ailleurs, mais elles ont fini par se produire aussi (2). Il était inexorable qu’elles finissent par se produire. Comme celle d’un Berlusconi ou d’un Reagan - qui ne venait pas du cinéma par hasard, et qui ne faisait qu’accentuer une tendance amorcée avec Kennedy -, la victoire de Nicolas Sarkozy en France résulte d’une manipulation à grande échelle des imaginaires. Elle a été préparée par vingt ans de TF1 et de M6, de presse people, de jeux télévisés, de Star Ac et de superproductions hollywoodiennes. Pour pouvoir ricaner en toute tranquillité des beaufs qui ont voté Sarkozy, d’ailleurs, il faudrait pouvoir prétendre avoir échappé complètement à l’influence de cette culture - ce qui ne doit pas être le cas de beaucoup de monde.

Le thème récurrent sur lequel tous ces médias ne cessent de broder d’infinies variations, et auquel nos cerveaux, de gauche comme de droite, ont développé une accoutumance pavlovienne, c’est celui de la success story. Qui véhicule un seul message : pourquoi vouloir changer les choses ou se soucier d’égalité des droits, si, à n’importe quel moment, un coup de chance, ou vos efforts acharnés, ou une combinaison des deux, peuvent vous propulser hors de ce merdier et vous faire rejoindre l’Olympe où festoie la jet-set ? « Chacun aura sa chance », clamait Nicolas Sarkozy à peine élu. Il y a quelques années, on avait relevé une illustration presque caricaturale de cette idéologie dans le film de Steven Soderbergh Erin Brockovich seule contre tous (avec Julia Roberts), à l’impact d’autant plus fort qu’il était inspiré d’une histoire réelle - même s’il avait apparemment fallu, pour écrire le scénario, éluder certains aspects d’une réalité moins lisse que souhaité.

Même lorsqu’on a conscience
de ses ficelles un peu grosses,
on ne peut se défendre
d’éprouver un petit frisson
au contact de la success story

Success story du gagnant du Loto. Success story du petit entrepreneur « parti de rien ». Success story du vainqueur de la « Star Ac », des acteurs et des mannequins, à qui l’on fait raconter en long et en large dans leurs interviews comment ils ont été « découverts », comment ils ont persévéré sans se laisser décourager malgré les déconvenues de leurs débuts, comment ils vivent leur célébrité et leur soudaine aisance financière, etc. Success story de la nouvelle ministre de la justice Rachida Dati, passée d’une cité immigrée de Chalon sur Saône aux ors de la République. La fonction de ministre de Rachida Dati est secondaire : ses mentors l’ont faite réussir uniquement pour illustrer la mystique - ou la mystification - sarkozyenne de la réussite. Elle est là avant tout pour faire rêver ; elle est une machine de guerre fictionnelle. Pour quiconque fait métier de raconter une histoire, Dati est du pain bénit. On lit par exemple dans Le Nouvel Economiste : « Sur son berceau, les fées ne se sont jamais penchées. Alors, elle les a inventées. Bannissant les déterminismes, forçant sa condition, son histoire est celle d’une volonté glorifiée. »

C’est la grande force de la success story : même lorsqu’on a conscience de ses ficelles un peu grosses, on ne peut se défendre d’éprouver un petit frisson à son contact. Ses ressorts narratifs sont si familiers, elle est si valorisée et valorisante, que Nicolas Sarkozy lui-même a tout fait pour y conformer sa biographie. Il lui a fallu pour cela déployer des trésors d’imagination, par exemple pour s’inventer de ces avanies, indispensables à toute success story, censées s’être gravées à jamais dans votre mémoire pour alimenter votre soif de revanche, vous forger le caractère et aiguillonner votre ambition. Le Nouvel Observateur (17 mai 2007) rapporte ainsi l’« humiliation » du nouveau président d’avoir grandi dans - on ne rit pas - le « quartier pauvre de Neuilly » : « Nicolas n’ose pas inviter ses camarades chez lui. Un souvenir le hante : le saumon fumé sous cellophane acheté au Prisunic sur lequel il tombait quand il ouvrait le réfrigérateur familial. Chez ses amis, le saumon fumé venait des meilleurs traiteurs de la ville. » Poignant, non ?

Renvoyer au passé
toute l’histoire des sciences sociales
pour les remplacer par la « philosophie politique »
et dénier aux individus
tout déterminisme social

On pense à M. Bounderby, le banquier du génial roman satirique de Charles Dickens Temps difficiles  : « un homme qui ne pouvait jamais assez se vanter d’être le fils de ses œuvres », et qui ne cesse de répéter que, s’il est arrivé là où il est, il ne le doit à personne d’autre qu’à lui-même. Cette fierté imbécile et forcément mensongère à l’idée de s’être « fait tout seul » rappelle ce fantasme de l’individu « autoengendré », dégagé de toutes les limites ou contraintes imposées par la nature ou la société, que décrivent dans leurs essais Nancy Huston ou Miguel Benasayag. Elle est surtout la version glamour d’une figure délibérément construite par les idéologues de la révolution conservatrice : celle d’un individu qui ne serait défini ni par ses origines sociales ou culturelles, ni par sa couleur de peau, ni par son sexe ou son orientation sexuelle - toutes caractéristiques qui seraient purement anecdotiques -, mais uniquement par son appartenance à la nation.

Cette entreprise passe forcément par le discrédit jeté sur ceux qui étudient les déterminations sociales et leurs effets, comme le montre Didier Eribon dans son récent livre D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française (Léo Scheer, 2007) : « Le projet de renvoyer au passé toute l’histoire des sciences sociales françaises pour les remplacer par la “philosophie politique” n’avait, au bout du compte, pas d’autre signification que celle-ci : libérer les individus de tout déterminisme social, afin qu’ils se déterminent librement et rationnellement à renoncer à leur liberté au profit de la souveraineté politique qui s’incarne dans l’Etat, représentant de la Société et de la Nation. » C’est bien d’« individus » qu’il s’agit, et non plus de « sujets » : car « le “sujet” contrairement à l’“individu” sait que la Société le précède et se situe au-dessus de lui et, par conséquent, il n’a pas la désastreuse illusion qu’il peut inventer le social au gré de ses “désirs” ».

Ce sont bien les mouvements sociaux
qui maintiennent en vie
l’idéal du bien commun

Derrière cette fiction, promue par les conservateurs, d’une nation comme « emballée sous vide », constituée d’individus dont le poids ou la marge de manœuvre respectifs seraient identiques de fait - et pas seulement dans les idéaux que proclament les frontons des mairies -, se cache une entreprise de liquidation de la politique : « Dénier le caractère constitutif des inscriptions sociales ne les fait pas disparaître, écrit encore Eribon, mais cherche à interdire qu’on lutte contre les dominations qu’elles commandent. » Pour mieux les affaiblir, on qualifie désormais les revendications collectives de « corporatistes » ou de « communautaristes » : on reproche à ceux qui les portent de mettre en péril l’intérêt général ou la cohésion de la nation. A lire Didier Eribon, on mesure mieux l’inconscience de ceux qui, tout en se réclamant de la gauche, croient pouvoir joindre leurs voix à ce concert douteux.

D’autant qu’il ne faut pas s’y tromper : même si une approche superficielle peut faire envisager leur démarche comme la défense d’intérêts particuliers, ce sont bien les mouvements sociaux qui maintiennent en vie l’idéal du bien commun. Ils rappellent que, s’il existe bel et bien une marge de manœuvre individuelle, il est absurde de vouloir faire croire que celle-ci peut être autre chose qu’une marge, justement : pour le reste, chacun est bien le produit de déterminismes qui le rattachent à divers groupes, et qui facilitent ou empêchent sa progression. Aucune démocratie digne de ce nom ne peut se dispenser d’en tenir compte, et de chercher les moyens d’y remédier. Nier l’importance de ces déterminismes, et vouloir qu’il y ait société sans qu’ils aient d’abord été vaincus, c’est mettre la charrue avant les bœufs, et prendre ses désirs pour des réalités. Si les mouvements sociaux suscitent une telle hostilité, c’est parce qu’ils rappellent cette vérité contrariante.

Si on exhibe quelques spécimens
de catégories socialement défavorisées
à qui on a « donné leur chance »,
c’est pour mieux se dédouaner
de la relégation dans laquelle
on souhaite maintenir tous les autres

Pour sa part, l’idéologie conservatrice, si elle exalte la grandeur de la nation, ne fait en réalité aucun cas, évidemment, de l’intérêt général ou du bien commun. Dans cette compétition généralisée qu’est la société telle qu’elle la conçoit, et où elle feint crapuleusement de croire que tous auraient les mêmes chances, chacun est, comme Erin Brockovich, « seul contre tous ». Dans le slogan électoral de Nicolas Sarkozy, « ensemble, tout devient possible », le « ensemble » n’est là que pour décorer. Ou plutôt, il désigne un « ensemble » effroyablement pasteurisé, expurgé de tous ses éléments non conformes ; car, si on exhibe quelques spécimens de catégories socialement défavorisées à qui on a « donné leur chance », c’est pour mieux se dédouaner de la relégation dans laquelle, contrarié par leur existence, on souhaite maintenir tous les autres. A cet égard, toute recomposée qu’elle est, la prétendue « famille d’aujourd’hui » que formerait le clan Sarkozy, et qui fait cette semaine la couverture de Paris-Match, véritable débauche de gosses de riches blonds aux yeux bleus, évoque davantage les héritiers monégasques que la diversité de la France contemporaine.

Tout est possible » : comme le rappelait Christian Salmon dans un article du Monde diplomatique (novembre 2006), ce slogan était déjà celui de Ronald Reagan lorsque, dans son discours sur l’état de l’Union, en 1985, il présentait sa Rachida Dati à lui : « Deux siècles d’histoire de l’Amérique devraient nous avoir appris que rien n’est impossible. Il y a dix ans, une jeune fille a quitté le Vietnam avec sa famille. Ils sont venus aux Etats-Unis sans bagages et sans parler un mot d’anglais. La jeune fille a travaillé dur et a terminé ses études secondaires parmi les premières de sa classe. En mai de cette année, cela fera dix ans qu’elle a quitté le Vietnam, et elle sortira diplômée de l’académie militaire américaine de West Point. Je me suis dit que vous aimeriez rencontrer une héroïne américaine nommée Jean Nguyen. » Après avoir fait ovationner la jeune femme, Reagan enchaînait sur une autre histoire, tout aussi édifiante, avant de dévoiler la morale des deux récits en s’adressant à leurs protagonistes : « Vos vies nous rappellent qu’une de nos plus anciennes expressions reste toujours aussi nouvelle : tout est possible en Amérique si nous avons la foi, la volonté et le cœur. »

L’« industrie du rêve »
ne donne pas envie au rêveur
de s’organiser avec les autres
pour améliorer ses conditions d’existence,
mais plutôt de trouver le moyen
de fausser compagnie à tous ces losers

Pourquoi mettre en place des politiques égalitaires, redistribuer les richesses, garantir à tous des conditions de vie décentes et épanouissantes, quand on peut se contenter d’accréditer la fable selon laquelle « si on veut vraiment réussir, on peut » ? Pourquoi se fatiguer à ôter les obstacles qui se dressent sur le chemin des plus défavorisés, quand on peut se contenter de couvrir d’éloges ceux qui, parmi eux, ont le jarret assez souple pour sauter par-dessus - en insinuant sournoisement, par la même occasion, que les autres doivent quand même être un peu feignasses s’ils n’y arrivent pas eux aussi ? Pourquoi se tuer à satisfaire les revendications du peuple quand on peut le payer de mots - et de belles histoires ? Car la success story n’est que la déclinaison principale de cette stratégie politique qui, comme le pointe Salmon dans son article, consacré au storytelling, consiste désormais, plus largement, à raconter des histoires. Il cite un ancien conseiller de Bill Clinton qui constatait en 2004 : « Les républicains disent : “Nous allons vous protéger des terroristes de Téhéran et des homosexuels de Hollywood.” Nous, nous disons : “Nous sommes pour l’air pur, de meilleures écoles, plus de soins de santé.” Ils racontent une histoire, nous récitons une litanie. »

C’est peut-être sous cet angle, effectivement, qu’il faut analyser la faiblesse actuelle de la gauche : sous l’angle d’un problème avec l’imaginaire. L’industrie du spectacle, qui produit les histoires et les mythes contemporains les plus puissants, est le plus souvent en affinité profonde avec l’ordre du monde : les histoires et les mythes qu’elle met en circulation sont des histoires et des mythes de droite et travaillent pour la droite, même s’ils ne se présentent pas toujours sous cette étiquette. Ils en colportent les valeurs et la vision du monde. Ce rouleau compresseur culturel rend presque impossible la tâche de la gauche - ou du moins d’une gauche qui se voudrait fidèle à ses valeurs. L’« industrie du rêve » lui coupe l’herbe sous les pieds. Car elle produit du rêve, certes, mais aussi, à part égale, de la haine de soi. Elle apprend au public que tous ceux qui ne correspondent pas à ses critères de richesse, de pouvoir, de succès, d’élégance vestimentaire et/ou de perfection plastique sont ringards et méprisables (3) ; en lui étalant au visage la réussite et la félicité de ses stars, elle l’humilie, elle entretient sa rage et sa frustration. Quand, détournant les yeux de la page ou de l’écran, il regarde autour de lui, il n’a pas envie de s’organiser avec les autres pour améliorer les conditions d’existence qu’il partage avec eux : il cherche plutôt le moyen de fausser compagnie à tous ces losers, et de fuir les endroits minables où il végète injustement avec eux. La sorte de rêve produite par la société du spectacle est celle que Flaubert - comme j’ai essayé de le montrer dans La tyrannie de la réalité - avait déjà parfaitement décrite dans Madame Bovary, alors que ce système était balbutiant : un rêve qui, au lieu de conforter le rêveur, de lui permettre d’enrichir et d’approfondir le monde dans lequel il vit, produit au contraire chez lui une « passion de la rectification », une colère aussi stérile qu’inépuisable, dans laquelle il peut finir par engloutir toute son énergie, contre la non-conformité et l’insuffisance de ce qui l’entoure.

La valorisation culturelle
de la noirceur se traduit
par une méfiance instinctive
envers tout projet politique
qui ne diabolise pas
des catégories sociales entières,
renvoyé à un conte pour enfants

De surcroît, on peut se demander si un certain snobisme culturel de masse, valorisant le cynisme comme un signe de sagesse suprême, n’a pas contribué à discréditer le projet même de la gauche, présenté comme naïf dans la mesure où il implique d’envisager la société comme une communauté solidaire, et non comme un agrégat d’individus en guerre les uns contre les autres. Avec le recul, il est frappant de constater le boulevard idéologique qu’a ouvert au sarkozysme le succès d’un Michel Houellebecq. Il a semé l’idée que des personnages veules et méprisants, prônant l’autodéfense, crachant leur haine des féministes ou des Arabes, portaient le seul regard lucide et objectif sur l’état de la société et les options politiques à notre disposition. S’il a été promu et encensé par le milieu littéraire, c’est en vertu de cette échelle de valeurs, décrite par Nancy Huston dans Professeurs de désespoir, qui fait de la noirceur un critère de qualité et de supériorité : « Hugo, Dumas, Balzac, Sand : ces auteurs vous apprenaient quelque chose sur la vie humaine, ils ouvraient des portes, fouillaient les tréfonds de l’âme, cherchaient la nuance (...). Dans un deuxième temps, pour des raisons historiques faciles à saisir, il a été admis que le message d’un roman pût être noir, simplifié, absolutiste, désespérant même, du moment que l’ensemble était “racheté” - c’est-à-dire humanisé, moralisé - par un très haut style (Beckett, Cioran, Bernhard). Mais, peu à peu, on s’est mis à confondre noirceur et excellence, à prendre la noirceur comme telle pour une preuve d’excellence. (...) Voilà le progrès : on est passé des pierres précieuses... aux diamants noirs... au tas de charbon. »

Sur le plan politique, cette valorisation exclusive de la noirceur se traduit par une méfiance instinctive envers tout projet qui ne diabolise pas des catégories sociales entières, immédiatement renvoyé à un conte pour enfants. Elle sabote ainsi à la racine le projet même de la gauche, qui implique forcément de parier, à un moment ou à un autre, sur une altérité vécue positivement - et non comme une menace. Quoi qu’on pense de Ségolène Royal, on peut d’ailleurs se demander si les clips UMP qui circulaient sur Internet au cours de la campagne présidentielle, et qui la brocardaient en la renvoyant à cette image gnangnan, ne devaient pas autant à cet avantage idéologique conquis par la droite qu’aux faiblesses de la candidate socialiste. Sans compter qu’il est encore plus facile de caricaturer une gauche supposée voir le monde en rose bonbon quand celle-ci est incarnée par une femme.

Il n’y a plus de système
de valeurs et de représentations
capable de rivaliser avec le modèle dominant
et les idéaux qu’il met en circulation

Toujours est-il que désormais, l’opinion est éduquée à éprouver une haine viscérale envers tout ce qui revendique un progressisme même timide, identifié à l’ennemi : les intellectuels qui trahissent leur mépris du peuple par l’emploi de mots de plus de trois syllabes, les « bobos qui font du vélo à Paris » (Alain Finkielkraut), tout ça n’est qu’un ramassis de privilégiés « angélistes » vivant hors des réalités. Certes, l’image détestable donnée de la gauche par l’establishment socialiste explique en partie ce ressentiment ; mais en partie seulement. Surtout lorsqu’on se rappelle que ce qu’il y a de plus détestable dans cet establishment, c’est sa perméabilité aux valeurs de la droite, et que, pour cette raison, une bonne partie du ressentiment qu’il s’attire provient de gens qui se revendiquent de la gauche - d’une « gauche de gauche », et non de la « gauche de la gauche », selon l’utile correction apportée par Pierre Bourdieu et reprise par Didier Eribon dans son livre. Parmi ceux qui détestent le plus les socialistes, il y en a un bon nombre qui emploient parfois des mots de plus de trois syllabes et qui font du vélo, à Paris ou ailleurs.

Idées, rêves, représentations : c’est tout l’univers mental de la gauche qui est aujourd’hui anémié et discrédité. Pour des raisons en partie externes, et en partie internes. Durant la guerre froide, le communisme était assez puissant et influent pour pouvoir opposer à la culture capitaliste tout un corpus de valeurs et de références alternatives. On pouvait être fier de soi et des siens sur d’autres bases, qui valaient ce qu’elles valaient, mais qui avaient le mérite d’exister - une fierté de classe. Aujourd’hui, il n’y a plus de système de valeurs et de représentations capable de rivaliser avec le modèle dominant et les idéaux qu’il met en circulation. L’une des tâches les plus urgentes et les plus passionnantes, pour les années à venir, pourrait être de rassembler tous les éléments épars qui permettraient d’en rebâtir un ; un ensemble de références, d’idées, de représentations, qui ne serait pas aussi massif que l’a été le contre-modèle communiste - ce ne serait ni possible, ni souhaitable -, mais simplement vivant, cohérent et crédible.

La gauche répugne à accorder
la moindre attention aux formes,
aux discours, aux représentations

Mais il ne faut pas se cacher que la gauche est mal armée pour ça. D’abord, elle répugne à accorder la moindre attention aux formes, aux discours, aux représentations (4). Elle y voit forcément une manipulation, une reddition à l’ennemi, aux techniques de « com’ » prisées par la droite ou les socialistes. Du coup, si elle dénonce à raison - comme Eric Hazan dans LQR, La propagande du quotidien - la façon dont le libéralisme détourne et subvertit le langage à son profit, imposant ses termes comme autant de chevaux de Troie de sa vision du monde (à cet égard, il faut saluer le petit dernier, « assistanat », banalisé au cours de la campagne présidentielle), elle a tendance à s’enfermer elle-même dans un langage routinier, dans le ressassement de slogans usés se limitant à servir de points de ralliement à ceux qui se revendiquent du côté du Bien, avec un souci de renouvellement à ce point inexistant que, pour ma part, je me sens aujourd’hui prête à assassiner quiconque viendrait m’annoncer qu’un autre quoi-que-ce-soit est possible ou que je-ne-sais-quoi n’est pas une marchandise. Elle se berce ainsi d’une autosatisfaction un peu courte, et oublie que la qualité et la force du langage sont intimement liées à celles de la pensée. Annie Le Brun écrivait dans Du trop de réalité que la richesse de la langue apporte à la pensée « le surcroît d’énergie qui permet à celle-ci de s’aventurer au-delà d’elle-même ».

Mais la pensée de gauche a-t-elle envie de « s’aventurer au-delà d’elle-même » ? La question mérite d’être posée. Là encore, elle est hantée par le danger de la trahison. Elle se méfie : les audaces de pensée lui semblent n’être que des prétextes servant à justifier dérives et ralliements à l’ennemi. Et il est indéniable que c’est bien ce qu’elles peuvent être parfois. La surenchère dans la radicalité, déterminante dans la distribution de l’autorité morale, et qui n’est le plus souvent qu’une manière déguisée de jouer à celui qui pisse le plus loin, décourage encore les éventuels candidats à l’aventure intellectuelle. Du coup, la gauche se vit comme un camp retranché : tenter la moindre sortie serait courir le risque de se retrouver en terrain ennemi. Le problème, c’est que, du coup, les provisions s’amenuisent, et seront bientôt épuisées (à ce sujet, voir notamment sur ce site les réflexions de Starhawk et d’Isabelle Stengers).

« Les mots-clés
doivent être “et/et”,
et non “ou/ou” »

Dans un essai consacré au politiquement correct, publié en 1993 et traduit en français sous le titre La Culture gnangnan (Arléa, 1994), le critique d’art du Time Robert Hughes mettait en garde la gauche, dans son propre intérêt, contre la seule attention qu’elle daigne apporter à la langue et à la culture : une attention plus défensive et névrotique que créative, qui consiste seulement à expurger la langue et le patrimoine culturel de leurs éléments jugés potentiellement offensants. S’agaçant d’entendre parler de certains écrivains comme de « Blancs morts », il s’insurgeait contre la tendance réductrice à juger les œuvres uniquement en fonction de leur « capacité à œuvrer en fonction de la conscience sociale », et dénonçait l’illusion selon laquelle « les œuvres d’art portent un message social comme les camions transportent du charbon ». Il rappelait qu’Edward Saïd, l’un des intellectuels qui ont le plus fait pour mettre au jour les valeurs, les inscriptions sociales ou les préjugés décelables dans l’art - notamment dans Culture et impérialisme -, s’est lui-même toujours désolidarisé de cette logique. Il ne s’agit pas de censurer ou de remplacer un corpus par un autre, affirmait-il, mais de mettre d’autres choses en circulation, de créer des points de comparaison, d’encourager autant l’ouverture d’esprit que l’acuité critique : « Les mots-clés doivent être “et/et”, et non “ou/ou”. » Plutôt que de chercher à se protéger de la culture classique ou de la culture de masse - une entreprise improbable, de toute façon, du moins dans la mesure où on ne vit pas en ermite au fond des bois -, instaurer une dialectique entre elles et des œuvres minoritaires capables d’éclairer et de contester certaines de leurs valeurs.

De toute façon, c’est parfois quand elle croit être le plus éloignée du modèle dominant que la gauche s’en rapproche le plus. Elle n’a pas renoncé, par exemple, à sacraliser certains personnages, ou certains pays ou territoires, en raison de leur combativité anti-impérialiste ou de leur capacité à incarner ou à mettre en œuvre des alternatives. Cette sacralisation va au-delà de l’intérêt légitime ou de la simple admiration : elle porte l’espoir fou d’une possibilité de s’affranchir de la pesanteur et de la médiocrité humaines. Les lieux et les personnalités qu’elle concerne sont sanctifiés, perçus comme exempts de toute négativité ou imperfection. Elle rappelle ce militant communiste qui, revenant sur son parcours, racontait dans un documentaire qu’à l’époque, il était persuadé qu’après la révolution, il n’y aurait plus de chagrins d’amour. Ces fantasmes absolutistes, comme l’admiration portée autrefois à l’URSS de Staline ou à la Chine de Mao, peuvent amener à cautionner ou à couvrir malgré soi les pires crimes, plutôt que de devoir renoncer à une illusion bienfaisante. Ils interdisent aussi de faire la part des choses quand il y aurait lieu de la faire : Miguel Benasayag racontait un jour le trouble et la consternation qu’avait semés, dans une communauté autogérée d’Amérique latine, la découverte de la pédophilie de l’un de ses membres. Les uns tentaient désespérément de nier les faits pour sauver le rêve, tandis que, pour d’autres, cette révélation jetait un discrédit brutal sur l’ensemble de l’expérience. Benasayag faisait valoir à raison qu’il aurait pourtant fallu pouvoir inventer une troisième manière de réagir.

Peut-être serait-il temps de se demander
s’il ne peut pas exister quelque chose
entre le puritanisme sinistre
de la gauche authentique
et les orgies cyniques de la gauche caviar

Mais cette idéalisation, si typiquement de gauche qu’elle semble être, a aussi des affinités avec les formes de rêve suscitées par le modèle capitaliste : elle rejoint la logique du people, dans la mesure où celui-ci détourne le rêveur de ce qu’il est, du lieu où il vit, des gens qui l’entourent, pour le persuader qu’ils ne valent rien, et qu’ailleurs, quelque part, il existe des lieux ou des personnes qui sont, eux aussi, « affranchis de la pesanteur et de la médiocrité humaines ». Le confort matériel dans lequel évoluent les stars suscite l’envie en tant que tel, certes, mais peut-être surtout parce qu’on lui attribue inconsciemment le pouvoir de provoquer cette sorte de délivrance, de plénitude mentale - de même que la conformité parfois caricaturale des célébrités aux canons de la beauté est automatiquement synonyme, dans l’esprit du public, de volupté sans limites et d’amour sans nuages. Il ne s’agit pas seulement d’envier ceux qui semblent mener une vie plus gratifiante, plus intéressante ou plus excitante que la vôtre - ce qui, après tout, est compréhensible, même s’il faut aussi se méfier des illusions qui entrent dans ce genre de perception : il s’agit d’entretenir la croyance qu’il existe quelque part une sorte d’Olympe dont les habitants ne sont pas faits de la même substance que les humains ordinaires. A cet égard, l’Olympe de gauche, même s’il n’est pas peuplé des mêmes figures, ne se distingue pas fondamentalement de l’Olympe de droite : il produit les mêmes sentiments d’inanité et d’inadéquation, la même dégradation des réalités particulières. Il pourrait être intéressant de chercher à identifier comme telles - car cela existe, bien sûr - des formes de rêve qui soient réellement différentes, c’est-à-dire qui enrichissent la réalité au lieu de la rabaisser.

Enfin, une autre faiblesse constitutive de l’imaginaire de la gauche provient de sa fidélité au modèle messianique. Il ne peut fonctionner sans la référence incantatoire à un horizon révolutionnaire, à un grand soir, même s’il ne l’appelle pas forcément comme ça. Comme son homologue religieux, il invite ceux qui y adhèrent à se détourner des séductions de ce bas monde corrompu - par le péché pour le christianisme, par le capitalisme pour la gauche -, et à mener une vie d’ascèse et de sacrifices en attendant la rédemption collective. S’y ajoute la logique militaire qui affleure dans le militantisme, et qui, ne voulant voir qu’une seule tête, renvoie toute préoccupation personnelle à un individualisme condamnable. Cette logique affaiblit considérablement la gauche : une révolution n’est jamais exclue, mais elle reste une hypothèse un peu fragile pour qu’on fasse reposer toute la conduite de son existence sur elle. Elle produit avant tout des déceptions et du découragement en rafales. Il doit y avoir un moyen de concilier la recherche d’un but supérieur, la quête de justice ou d’idéal, avec la qualité de l’ici et du maintenant, avec un quotidien qui garde une place pour le plaisir. Peut-être serait-il temps de se demander s’il ne peut pas exister quelque chose entre le puritanisme sinistre de la gauche authentique et les orgies cyniques de la gauche caviar. Et pas le sempiternel hédonisme libertaire et machiste à base de gros rouge et de petites pépées purement décoratives et plus ou moins vénales, s’il vous plaît, culture dans laquelle, bizarrement, je ne me sens pas vraiment de place.

Si la gauche ne sait pas
imbriquer les aspirations personnelles
avec le collectif, si elle persiste à les criminaliser,
il est inévitable qu’elle jette ses ouailles
dans les bras de la droite

Certes, la volonté de distinction et de singularisation est précisément ce sur quoi prospère, en la manipulant et en la fourvoyant, la société de consommation, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il ne s’agit pas d’une quête humaine légitime. C’est peut-être aussi ce désir de ne pas consumer sa vie en vain qui explique la prospérité de la success story  : si la gauche ne sait pas ménager un espace aux aspirations personnelles, les imbriquer avec le collectif, si elle persiste à les criminaliser, il est inévitable qu’elle jette ses ouailles dans les bras de la droite, et les pousse à balancer aux orties tout souci du collectif pour saisir la seule chose qui leur semble un peu tangible et stimulante : la réussite personnelle. Bien sûr, les chances d’y parvenir restent des plus aléatoires, mais au moins elles concernent encore cette vie-ci, et n’impliquent d’attendre ni la résurrection ni la révolution.

Ce qu’il y a de génial, avec la success story, c’est qu’elle est immunisée contre la critique. Si vous ricanez des espoirs qu’elle fait naître, vous ne faites que jouer l’un des rôles que sa structure narrative exige : celui du pisse-froid qui rendra le triomphe final encore plus délectable, parce qu’on pourra alors le narguer, savourer son dépit et sa déconfiture, et se sentir d’autant plus de mérite qu’on aura toujours « gardé la foi » et résisté au découragement qu’il essayait fourbement de nous communiquer. On ne peut pas tourner en dérision la success story sans insulter en même temps ce qu’on n’a en aucun cas le droit d’insulter : l’espoir qu’a chacun de faire quelque chose de sa vie. Ce que l’on peut interroger et contester, en revanche, c’est le contenu que le modèle dominant donne à ce quelque chose.

Cette « valeur travail »
qui a hanté la campagne présidentielle
ne produit pas seulement des richesses,
mais aussi des quantités
inépuisables de ressentiment

On peut par exemple se demander si la forme de réussite tapageuse promue par le capitalisme à travers la vitrine du showbiz exercerait la même séduction si elle ne s’appuyait pas sur le désir violent, quoique plus ou moins conscient, de réparer un dommage. Ce dommage, c’est celui causé par la place du travail dans la vie de la plupart des gens. Il est assez frappant de voir que ceux qui, pour des raisons diverses, échappent à cette condition commune, et gardent la libre disposition d’eux-mêmes, partagent rarement les fantasmes majoritaires. Quand elle leur fait défaut, ils ne cracheraient évidemment pas sur un minimum de sécurité matérielle, mais la fortune d’un Johnny ou d’un Jean Reno les laisse de marbre, voire leur inspire une certaine pitié. Ils n’ont rien à compenser, n’aspirent à être dédommagés de rien. Ils sont ailleurs, avec d’autres idéaux, d’autres occupations et préoccupations. Ce qui les distingue, c’est qu’ils acceptent d’assumer la charge d’eux-mêmes, la quête d’un sens à leur vie, qui font si peur à leurs contemporains. Le travail a ceci de diabolique qu’il génère des souffrances, des frustrations, de la rancœur, mais qu’il offre aussi l’occasion d’une fuite, d’une déresponsabilisation. La droite a tout intérêt à encourager cette fuite, à dissuader les gens de se poser la moindre question sur le sens, tant individuel que collectif, de ce qu’ils font : elle sait que cette fameuse « valeur travail » qui a hanté la campagne présidentielle ne produit pas seulement des richesses ; elle produit aussi des quantités inépuisables de ressentiment, qui, habilement canalisées, dirigées contre les chômeurs, les immigrés, les intellos, peuvent lui assurer une suprématie électorale durable.

On voit vraiment mal, en revanche, pourquoi la gauche devrait continuer à cautionner cette mascarade, et se contenter d’aborder le travail sous l’angle de la lutte contre la précarité, comme le fait la « gauche de gauche » - on ne parle même pas du pathétique alignement de Ségolène Royal sur la glorification droitière du travail pour le travail. Elle aurait tout intérêt à initier la révolution culturelle que représenterait la remise en cause du travail sous ses formes actuelles, à être la force politique qui mettrait enfin les pieds dans le plat. Certes, cela impliquerait un courage et une prise de risque considérables. Mais soyons optimistes : au train où vont les choses, elle n’aura bientôt plus rien à perdre.

Mona Chollet
Merci à Thomas Lemahieu,
Fred Levan et Olivier Pironet.

(1) Un mythe repris par l’UMP lors de la campagne présidentielle, lorsque ses porte-parole déclaraient qu’il ne fallait pas «  partager le gâteau », mais «  augmenter la taille du gâteau ». Dans l’esprit des libéraux, le « gâteau » est visiblement celui de Woody et les robots, dont la pâte, fabriquée avec trop de poudre instantanée, finit par envahir toute la cuisine en glougloutant.

(2) Il suffit pour s’en persuader de faire un petit tour sur le site de Philippe Warrin, le photographe choisi pour réaliser le portrait officiel du nouveau président : lire à ce sujet, sur La Boîte à images, « Autopsie d’une photo ratée ».

(3) Dans son livre, Didier Eribon s’indigne de la bassesse des attaques qui ont visé Pierre Bourdieu en raison de son engagement social, et relève qu’elles ont même concerné « sa façon de s’habiller ».

(4) Cette attention portée à la forme, très inhabituelle à gauche, explique notre enthousiasme en visitant l’atelier de Ne pas plier, il y a quelques années. Rappelons que l’association définit sa raison d’être par le vœu qu’«  aux signes de la misère ne vienne pas s’ajouter la misère des signes ». Dans leur dernier envoi, on peut lire : « Ne plus seulement être des résistants à tout et rien que cela... Parce qu’à force on oublie peu à peu de quoi on est partisan. Reformuler notre idéologie et partager nos rêves. Rendre visibles nos projets. POUR UN NOUVEL IMAGINAIRE POLITIQUE ! »

- blogosphère

Un article issu de : Périphéries

À voir en ligne ici : http://www.peripheries.net/



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10 Messages de forum

  • ça c’est de l’article ! mille mercis.

    L’imaginaire...une nouvelle utopie, quoi ? Un moteur, qui emballe les gens, quelque chose que l’on essaye d’atteindre mais sans y parvenir. De la com, pour parler comme les jeunes, dont vous dites que la gauche est trop réfractaire. Elle a peut être des problèmes avec les utopies considerant le XXeme siècle qu’elle a passé.

    Oui d’accord, tout le monde a besoin de rêver. Celui des libéraux qui fonctionne siiii bien a quand même été imposé à la schlague : main basse sur la presse, police musclée, haro sur les droits du travail etc. De la vaseline au bénéfice (c’est le cas de le dire) des 200 familles.

    Tiens mais au fait : le parti communiste, la Ligue communiste révolutionnaire etc...ont ils toujours dans leurs programme la dictature du prolétariat ? la collectivisation de moyens de production ? les plans quinquénaux ? quelqu’un pourrait me repondre la dessus ?

    ps : Le passage sur Sarkozy, "enfant des quartiers pauvres de Neuilly" dixit NouvelObs m’a fait ricaner très fort. Jétais pas au jus, ce qu’on rate en ne lisant pas le Nouvel Obs quand même hein !

    Répondre à ce message

  • excellence de l’analyse, choix des mots, clarté de la démonstration...

    Quoi dire d’autre de ce superbe article, sinon qu’il devrait mériter la plus large diffusion ?

    Répondre à ce message

  • Magnifique et même épatant. Merci aux auteurs.

    Répondre à ce message

  • l’autre jour je voyais en Toscane où j’habite un film américaon fait par un italien cela me fait penser au papier de Mona Chollet dèbut des années 1980, l’histoire vraie d’un afro-américain en plein divorce qui vend quelques appareils médicaux sans succès et par hasard découvre un business man qui lui permet d’avoir un stage dans un établissement de Wall Street notre homme se met à bosser comme un fou, certains soir entre soupe populaire et foyers pleins de homeless de l’époque Regan et le jour en costume cravatte et attaché case après avoir beaucoup souffert en effet, notre héros positif devient un golden boy de la fimance et peut reprendere son fisl à son ex-femme devenue femme de ménage ou serveuse de Mac Do’, je crois cela m’a semblé une histoire édifiante et plutòt atypique, pas toujours très rose car on devine que la finance est souvent un monde de requins (une scène de mensonges au téléphone sur la valeur de produits boursiers m’avait frappé)et puis la soupe populaire m’avait marqué, mais notre héros n’y retourne plus saluer ses anciens camarades de misère, demeurés là blancs et noirs confondus m’avait frappé surtout le fait que mes amis, d’un centre-gauche tout Romano Prodi, avaient vu le film, non comme un conte de Noèl comme moi, mais finalement comme la preuve que quand on veut, on peut...surtout certes aux USA qui ne sont pas rigides comme nous en Europe mais bien mobiles et ascendants, on connait le refrain la protection sociale, c’est l’assistanat moraliste 19ème siècle à la Dickens, la solution c’est l’effort et le succès individuels : un film américaon exmplaire, une histoire vécue de self made man parait-il, un message qui fait rèver

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    • voilà le genre de truc qui ne me fait pas rêver du tout !

      Si pour "arriver" (à quoi ?) il faut passer sur certaines valeurs en écrasant les voisins, merci bien. Le type que tu cites a plutôt perdu sa vie à la gagner... Alors il n’y aurait réellement que le pognon qui compterait dans la vie, à n’importe quel prix, la fin justifiant les moyens ? La loi de la jungle, la loi du plus fort ? Le premier qui bande qui baise l’autre ?...

      C’est ça le "rêve américain" ? Leur société, ils peuvent se la garder. C’est un modèle que je n’envie pas du tout. Un peuple qui devient obèse à force de bouffer ses hamburgers, où les citoyens ne valent que par ce qu’ils "pésent" (interessant rapprochement !) et où tout un chacun est armé jusqu’aux dents...

      Quel exemple !!

      Répondre à ce message

  • Merci pour cet article, très intéressant. Je souhaite reprendre deux choses :

    Vous écrivez : "Cette fierté imbécile et forcément mensongère à l’idée de s’être « fait tout seul » rappelle ce fantasme de l’individu « autoengendré », dégagé de toutes les limites ou contraintes imposées par la nature ou la société, que décrivent dans leurs essais Nancy Huston ou Miguel Benasayag."

    L’auto-engendrement c’est aussi le refus de la filiation et de la culture. Là se rencontre, et la névrose personnelle de Sarkozy (hostilité constante à la figure paternelle), et la nécessité pour le politique, d’imposer la primauté du "fantasme de la réussite" sur la culture (en tant qu’elle fabrique le lien à l’altérité et par conséquent exclu l’auto-engendrement).

    Une industrie du spectacle qui promeut le fantasme de la réussite travaille pour l’idéologie de la droite. Cependant, c’est bien trop dédouaner la gauche que de la présenter comme simple victime de cette industrie du spectacle (même si vous montrez, à quelle point, elle en est une "victime consentante").

    La gauche en France ne conquiert le pouvoir que lorsqu’elle est porteuse de l’idée que le pays à besoin d’une forte cohésion interne pour faire face à une menace perçue comme essentiellement extérieure (Commune de Paris et l’invasion prussien ; front populaire et les menaces fascistes ; Mitterand dans une France prise dans le conflit Est-Ouest ; victoire du non au référendum face à une technocratie européenne, cheval de Troie de la mondialisation). L’originalité du positionnement de gauche est de répondre à la menace "extérieure" par le renforcement de la "cohésion " interne de la société et non par le rejet de l’étranger (anti-racisme, internationalisme, valorisation du fait culturel en tant qu’il ouvre à l’autre, jouant un rôle "compensateur" à un discours qui pointe la menace "extérieure")

    Le "fantasme de la réussite" suppose que le monde est un espace bon en soi, constitué de ressources à exploiter. Réussissent, ceux qui s’emparent de ces ressources, ceux qui ne craignent pas de s’aventurer. Ainsi, la mondialisation en offrant es opportunitées à ceux qui savent les saisir serait "bonne". Et le fait de ne pas le comprendre "révèle" que l’on est "inadaptés" à cette mondialisation. La pensée de droite "pathologise" cette inadaptation ; elle la définit comme immorale et antisociale.

    Le mouvement de la pensée de gauche s’apparente au contraire à celui de l’introspection. Elle va dire : si la mondialisation est "mauvaise", c’est parce que notre société n’a pas la cohésion suffisante et nécessaire qui lui permettrait de répondre à cette mondialisation. Cette pensée interroge la société (critique soiale) pour pouvoir la réinventer. Elle va penser le social, plus que l’individu.

    Vous écrivez : Certes, la volonté de distinction et de singularisation est précisément ce sur quoi prospère, en la manipulant et en la fourvoyant, la société de consommation, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il ne s’agit pas d’une quête humaine légitime.

    Vous invoquez donc un mobile psychologique puissant qui contrecarre la pensée de gauche : "la volonté de distinction et de singularisation". Les gens veulent qu’on parle d’eux et non de la société...

    Il me semble que c’est le défaut de critique de cette "volonté" qui a manqué. Ce qui est socialement légitime, c’est de satisfaire le besoin de reconnaissance. Tout être humain a besoin d’être reconnu pour ce qu’il accomplis, et S. Royal n’était pas mal habile sur cette question : démocratie participative, représentation des salariés... ; mais par contre, trop faible fut sa volonté de mieux reconnaître le travail, notamment par la revalorisation des rémunérations, thème que Sarkozy s’est approprié, lui, sans vergogne.

    Ce qui a manqué, aussi, c’est la critique de cette "volonté de distinction", en tant que fantasme. Cette volonté de disinction, ce sont ces gens qui vous expose leur turpitudes et qui vous dises que "c’est mon choix", alors que manifestement, ils n’ont pas le choix. C’est une distinction qui repose sur l’illusion d’un choix, et il faut démystifier ce type de discours.

    Ce qui a manquer donc à la gauche : 1. c’est d’assumer un discours qui mettent clairement en évidence la barbarie de la mondialisation et la nécessité d’y répondre par un renforcement de la cohésion interne de la société. 2. c’est un discours qui valorise le besoin de reconnaissance des individus et qui démystifie les illusions des fantasmes de réussite.

    Répondre à ce message

    • Cela aurait-il suffit dans un monde où la forme du message, sa masse et la stratégie de sa diffusion compte plus que son contenu ?

      Répondre à ce message

      • MajorKong écrit : Cela aurait-il suffit dans un monde où la forme du message, sa masse et la stratégie de sa diffusion compte plus que son contenu ?

        Sans doute non... D’où l’intérêt majeur de cet article qui met en valeur la problématique de l’imaginaire.

        L’imaginaire, Mme Royal l’a réactivé en convoquant la mémoire de Jeanne d’Arc : Jeanne d’Arc, c’est bien une forme d’opposition à un danger expérieur et une volonté de ressouder la nation. Mais le mythe de Jeanne d’Arc est faible, et pire, tragique ! Jeanne d’Arc ne triomphe qu’autant qu’elle fait un "roi" : reste que Strauss Kahn s’est défilé, n’assumant pas le rôle d’un futur premier ministre promis à un "royal" avenir ; et finalement, ce "roi" futur a semblé être, de façon pour le moins incongrue... François Bayrou. Pour le reste Jeanne d’Arc, c’est triste...

        Ceci nous prouve que l’on ne réactive pas impunémment les mythes ! La défaite était programmée, par le choix même de ce mythe triste et inquiétant.

        La force de Mitterand a été de puiser dans un imaginaire de gauche, qui n’était nullement tragique. Ainsi, à la veille de son investiture, il rend hommage au Panthéon, plutôt qu’au destin tragique de Moulin. Agissant ainsi, il affirmait que la gauche faisait "autorité", c’est-à-dire qu’elle portait quelque chose d’exemplaire, quelque chose à même de guider l’action.

        Sarkozy affirme son "goût" de l’action, mais le "goût" de l’action n’est pas gage d’efficacité. C’est l’"autorité", fondée sur l’expérience et sur une vision claire de l’avenir, qui inspire vraimnt confiance.

        Tout ceci reste très abstrait, j’en conviens. Mais c’est dans ce sens qu’il faut chercher.

        Merci d’avance pour vos contributions...

        Répondre à ce message

  • les "success story" individuelles correspondent aussi aux "succès story" de nos pays industrio-consumméristes. Quel est le parti politique qui remet en cause la croissance continue de nos économies ?. Aucun, et la gauche certainement pas. Casser le rêve de la croissance indéfinie devrait être le B.A BA d’une redéfinition politique. On y arrivera de toutes manières par l’épuisement des ressources et on comprendra mieux alors que si on gagne un Euro c’est qu’on l’a pris à quelqu’un d’autre.

    restera alors oui, a développer les forces de l’imaginaire.

    Répondre à ce message

  • Voila une analyse qui date du 3 juin, mais qui aurait due être appliquée sur le terrain pré-électoral il y a longtemps. Elle nous aurait peut-être évité le drame d’une quasi dictature, ou en tout cas n’aurai pas permis à Sarkominus d’arriver à ses fins aussi facilement.

    Répondre à ce message

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Laïcité, zaz

Moeurs et politique à Athènes

Nonfiction, 9 février 2010 07:53

Avec ces Hommes illustres, Pauline Schmitt Pantel continue une réflexion de longue date sur les pratiques politiques dans les cités grecques. C’est donc à une spécialiste de la question que nous avons affaire. Une spécialiste et une enseignante : précis et savant, ce petit volume n’en est pas moins toujours très (...)

Histoire

La croissance verte un atout pour un rebond industriel de la France ?

Betablog, 9 février 2010 07:06

Par Marc Dupuis (D&E) La France est le pays le mieux positionné parmi les partenaires du G7 en matière d’émissions de CO2 ( 6 tonnes par habitant contre 15 aux Etats Unis et 10 pour l’Allemagne et le Japon . Les auteurs du rapport indiquent aussi que les performances des automobiles, le recours à l’énergie (...)

Environnement, Croissance

Sept questions naïves aux partisans de la « statistique de la diversité »

Romain Pigenel, 9 février 2010 06:30

Le lobby des statistiques ethniques continue son petit bonhomme de chemin, étape après étape. Hier apprenait-on ainsi que suite aux conclusions pour le moins contournées du Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations, le président du CRAN, suivi par quelques députés de droite et de gauche, (...)

Discriminations, Libertés publiques

Le séminaire du gouvernement sur l’identité nationale

Juan de Sarkofrance, 9 février 2010 06:06

Lundi 8 février, à 14 heures, François Fillon rassemblait quelques ministres pour un « séminaire gouvernemental sur l’Identité nationale ». Vaste sujet... électoral. A quatre semaines des élections régionales, François Fillon souhaitait enterrer cette manoeuvre électorale ratée. D’après les sondages, le débat ne prend pas. (...)

identité nationale

Régionales : la victoire est au bout de l’impasse pour le PS

Laurent Bouvet, 8 février 2010 18:27

Le moins que l’on puisse dire de la campagne pour les élections régionales de mars prochain est qu’elle ne passionne pas les foules. Jusqu’ici en tout cas, il a surtout été question dans les médias nationaux – et régionaux aussi d’ailleurs – de bourdes, de bisbilles ou de pseudo-affaires. A peine le choc des titans entre (...)

Régionales 2010

A propos du "No Sarkozy Day"...

Nouvel Hermès, 8 février 2010 16:12

Dès le début de rideau l’on pressent si la pièce qu’on nous a promise sera à la hauteur de ses ambitions : Celle que nous subissons commença sur la scène du Fouquet’s, laquelle suscita sifflements et railleries même si certains voulurent lui accorder encore une chance. Le casting ne manquait pas d’intérêt avec de vieux (...)

Quinquennat Sarkozy

Max Weber et la Bourse, par Pierre de Larminat

Paul Jorion, 8 février 2010 15:10

Billet invité. Lecteur occasionnel et fort distrait du blog de Paul Jorion, j’y ai aperçu au fil de mes visites différents appels à interdire la spéculation. Le billet invité d’Olivier Brissaud me fait prendre la plume. Forcément, quand j’entends parler d’interdiction de spéculation ou de bannissement de produits (...)

Finance

144ème semaine de Sarkofrance : la France a peur

Juan de Sarkofrance, 8 février 2010 14:27

Cette 144ème semaine de Sarkofrance fut finalement calme, inaudible et distante pour le président français. La Franee a peur, et lui le premier. Son camp se déchire, l’UMP est démotivée, la stratégie d’union a enfermé la droite présidentielle, et l’absence de projet fédérateur pour la seconde moitié du mandat sarkozyen (...)

Quinquennat Sarkozy

Exposition Medecins du Monde sur les sans-papiers en Europe

Betablog, 8 février 2010 13:00

Médecins du Monde présente l’exposition EXIL, EXIT ? Vivre sans-papiers en Europe Photographies d’Olivier Jobard Jusqu’au 21 février 2010 Place de la Bastille - Paris Médecins du Monde et Sipa Press présentent une installation photographique et sonore réalisée à partir de reportages d’Olivier Jobard sur les migrants (...)

Droits de l’homme

Le capitalisme, une solution incontournable ? T.I.N.A. ?*

babelouest, 8 février 2010 11:33

Disons-le clairement : chaque humain n'est propriétaire que de son corps : le reste, il n'en a que l'usage. Même si cet usage est sous forme de capital. Il est un fait archi connu que les banques sont en fait les “propriétaires” des logements, aussi longtemps que ceux-ci ne sont pas finis de payer. En fait (...)

Capitalisme

La lutte des femmes d’Iran est celle de toute l’humanité !

HNS Infos, 8 février 2010 10:44

Le Manifeste de la Libération des Femmes d’Iran indique très justement : « Avec le renversement de la République Islamique, nous tendrons une main solidaire à des millions de femmes dans les pays soumis à l’Islam, qui sont prisonnières des États et des gangs islamistes, des adorateurs de l’honneur et des traditions (...)

Femmes, Iran

Repenser la démocratie

Nonfiction, 8 février 2010 07:55

« Je veux secouer les gens, et je veux faire comprendre que l'homme n'est pas, de droit divin, un être démocratique. Que la démocratie a été une création, une conquête de l'histoire, qu'elle est constamment en danger et que d'ailleurs elle est en train de ficher le camp. » 1. C’est avec un grand (...)

démocratie

Chasse aux sorcières ?

CC, 8 février 2010 07:53

En lien avec plusieurs choses, ce titre... Tout d’abord, il se trouve que j’ai été contactée par un avocat à propos d’un commentaire déposé sur ce blog. Mise en demeure. Ce n’est pas super grave et je pense que ce sera réglé à l’amiable assez rapidement. Mais c’est quand même au sujet de l’affaire délicate de l’attentat de (...)

Liberté d’expression

Paris Pionnières

Christian Sautter, 8 février 2010 07:09

L’association « Paris Pionnières » vient de fêter ses cinq ans et sa fondatrice a été distinguée dans l’ordre national du Mérite. Frédérique Clavel avait tous les atouts pour mener une carrière brillante dans les grandes entreprises. Une famille heureuse avec un père dirigeant une fabrique de brosses. De beaux diplômes de (...)

Femmes, Entreprise

Centres de rétention : barbarie européenne

par Mémorial 98, 8 février 2010 06:20

Dans toute l’Europe, les camps de rétention se multiplient. Ces lieux sinistres permettent aux gouvernements de ne pas respecter les procédures et les droits des migrants et demandeurs d’asile. On l’a vu récemment dans l’affaire des Kurdes de Syrie placés illégalement en centre de rétention. Nous vous appelons à signer (...)

Immigration, Europe, Droits de l’homme

Nicolas Sarkozy, futur accusé du Karachigate ?

Juan de Sarkofrance, 7 février 2010 16:47

L’affaire du Karachigate a discrètement rebondi la semaine dernière. Six familles de victimes avaient déposé une nouvelle plainte, pour corruption et entrave à la justice, cette fois-ci. Maître Morice, leur avocat a annoncé, que le parquet avait ordonné une enquête préliminaire. Bref rappel des faits : en mai 2002, un (...)

Karachigate

Quand Besancenot invente la buzzqa, le voile qui fait buzz

Romain Pigenel, 7 février 2010 13:46

Les islamologues et spécialistes du Moyen-Orient vont devoir ajouter un nouveau terme au riche vocabulaire désignant les différents types de voile dévolus aux femmes dans certaines traditions : après les tchador, burka et autres hijab, Olivier Besancenot et le NPA ont le douteux privilège d’avoir inauguré le voile (...)

Communication politique

Selon le MIT, les investisseurs étrangers sont responsables de l'effondrement du système financier US

Thomas, le Cimbre,, 7 février 2010 12:45

Le Time a publié en collaboration avec CNN un article exposant l’analyse de Ricardo Caballero, Chef du Département Économique du MIT - Massachusetts Institute of Technology, qui dénonce les investisseurs étrangers qui sont selon lui les responsables de l’effondrement du système financier américain et de l’effondrement (...)

Crise mondiale

Les fins de droits ou le vrai début de la crise sociale

Terra Nova, 7 février 2010 11:42

Un million de chômeurs arriveront en fin de droits en 2010, selon les prévisions de pôle emploi. Doit-on pour autant affirmer avec Laurent Wauquiez que "personne n’est en fin de droits" et que la solidarité nationale continue d’assurer un revenu décent aux plus fragiles ? Un constat s’impose : les minimas sociaux (...)

chômage

Dis papa, c'est quoi la françafrique ? chut.. regarde le couple Bolloré-Biya Mon Fils

Christophe, 7 février 2010 10:52

Le CCD, une association de Camerounais vivant en France, a déposé plainte mardi au parquet de Paris, contre Paul Biya, pour "recel de détournement de fonds publics". Paul Biya est le président-dictateur du Cameroun, l’un des pays les plus corrompu au monde. Les exactions dressées par Amnesty International sont (...)

Françafrique

Itinéraire d’un « personnage » de la Résistance française

Nonfiction, 7 février 2010 10:00

Lucie Aubrac est devenue dans les trente dernières années de sa vie une des figures emblématiques de la Résistance française. Dans les années 90, elle s'est imposée aux yeux du grand public comme une héroïne, incarnée sur grand écran en 1997 par Carole Bouquet dans un film éponyme de Claude Berri. Elle avait reçu l’année (...)

Histoire, Résistance

Ilham et le voile de la laïcité (zaz 2e)

Ocsena, 7 février 2010 09:29

Avertissement : L’Ocsena est un collectif critique qui, sur le plan théorique, considère l’humour comme l’arme heuristique et démocratique par excellence. Dans les faits, il peut se trouver que nous soyons très mauvais, mais tous les bons esprits reconnaissent par chance que c’est encore notre meilleur côté. (...)

Laïcité, zaz

Les marchés financiers américains attaquent l'euro

Quatremer, 7 février 2010 08:30

Jour après jour, il apparaît de plus en plus clair que des banques et des fonds spéculatifs américains jouent l’éclatement de la zone euro : d’abord la Grèce avant le Portugal, l’Espagne, etc. Pas par idéologie, mais pour empocher un maximum de bénéfices, à l’image d’un Georges Soros qui, en 1992-93, a eu la peau de la lire (...)

Finance, Europe

Tax heaven create poverty

Rva, 7 février 2010 08:10

Oui, je sais c’est de l’angliche le titre. Et en plus dans la rubrique chiens libéraux . Mais ceci est un extrait d’un site dont je conseille la lecture à tous ceux qui veulent combattre les conneries libérales. Voilà un résumé de ce qu’ils pensent : Tax is the foundation of good government and a key to the wealth or (...)

Libéralisme

Le Protectionnisme ou l’effondrement

René Jacko, 7 février 2010 08:09

C’est sur les conseils du grand Malakine, qu’au CGB nous nous sommes procurés, le cœur léger et primesautier, l’ouvrage d’un certain Alain Chauvet, expert en l’innovation et l’optimisation des produits enseignant à l’Essec et à Centrale, intitulé Après l’occident, essai sur un protectionnisme intelligent (DDB, Lethielleux)… Le (...)

Protectionnisme

La face cachée de l’Ancien Testament

Nonfiction, 7 février 2010 07:52

. Véritable bibliothèque à elle seule, la Bible - qui tire d’ailleurs son nom de l’expression grecque " ta biblia " signifiant " les livres " - correspond dans sa version catholique à 73 livres aussi divers que complexes. C’est à une introspection savante de la première partie de la Bible que (...)

Religion

Obama ridiculise les tergiversations Européennes en matière de droit de l'Homme au Tibet

Peuples.net, 7 février 2010 06:41

La Chine est le premier partenaire commercial de l’Europe, et pourtant celle-ci tient la dragée haute à son premier client depuis maintenant deux ans. Cette situation incroyable est la résultante de l’ascendant pris par la Chine lors des derniers Jeux olympique sur les états membres Européens. La présidence tournante (...)

Chine, Tibet, Présidence Obama

ACTA en bref sur France 24

bluetouff, 6 février 2010 15:44

Bref, mais ACTA quand même, le traité commence à sortir de l’ombre, ici un petit reportage proposé par France 24 qui revient sur les derniers échanges qui se sont tenus récemment au Mexique. La Quadrature du Net y figure et elle a d’ailleurs toujours besoin de votre soutien pour poursuivre son action en 2010, avec un (...)

Liberté d’Internet

Trotsky réveille-toi, Krivine est devenu fou !

Julien Dray, 6 février 2010 15:27

La rupture est décidément un concept qui fait florès – mais pas toujours là où on l’attend. Avouons qu’il est toujours étonnant de voir une formation politique que l’on a bien connue, où l’on a longtemps milité, renier sa propre identité sur un coup politique. C'est pourtant ce que vient de faire la LCR, ou plutôt le NPA, (...)

extrême gauche

Nouvelles solidarités face à la crise

Terra Nova, 6 février 2010 13:00

Dix propositions pour lutter contre la crise sociale 2010 : la France entre dans la crise sociale. Chômage et exclusion enflent rapidement, et touchent principalement la population en emploi précaire. Le gouvernement peine à en prendre la mesure. Ce rapport propose 10 orientations pour lutter contre la crise (...)

Solidarité

« Résistances au travail » (note de lecture)

Mondialisme.org, 6 février 2010 11:00

Résistances au travail Ouvrage collectif coordonné par Stephen Bouquin éd. Syllepse, 2008 La richesse de cet ouvrage ne vient pas tant de la multiplicité de contributions inégales et de la diversité des champs explorés que – au-delà des contraintes universitaires et de son jargon obligé – de la mise en valeur de faits (...)

Travail

Une République à voile et à vapeur

Lé(s)tat, 6 février 2010 08:25

Tandis que le facteur Besancenot pédale dans la semoule pour justifier la présence d’une candidate voilée sur les listes du NPA en région PACA, le clown Djamel Debbouze nous fait la leçon sur la burqa, tranchant définitivement, tel un Alexandre wesh wesh du ghetto, le nœud gordien du problème textile en France : « la (...)

Laïcité, Islam, Libertés publiques

En quête de social-démocratie

Nonfiction, 6 février 2010 08:00

Les seize contributions rassemblées dans l’ouvrage collectif In search of social democracy, sont issues d’un cycle de trois conférences internationales, préparé par un groupe d’historiens britanniques depuis l’automne 2003. Alors qu’un premier volume, paru en 2007, traitait de « l’Age d’Or » de la social-démocratie 1, le (...)

Social démocratie

La Clusaz : Station de Ski Championne de L’Exclusion

Betablog, 6 février 2010 07:50

Voici une triste histoire d’une femme vivant à La Clusaz, renvoyée de chez elle en plein hiver sans qu’elle soit relogée ailleurs alors qu’elle est enceinte, avec déjà des enfants en bas âge à charge dont un handicapé au prétexte que son mari avait quitté le domicile. Extrait : "Rappel des faits : Le 1er juin 1999 Monsieur (...)

Grand canal du Havre : Grande victoire suite à la mobilisation de dimanche

LGV, 6 février 2010 07:07

Une centaine selon les organisateurs, une dizaine selon la police ! Dimanche matin, sous le soleil les défenseurs de la nature ont été nombreux à faire le déplacement au lieu dit la mare plate. La volonté de ces amoureux de notre environnement, aidé par la législation européenne sur les espèces menacées a réussit à faire (...)

Écologie

Les Suisses des "Brigades Internationales".

Pensez BiBi, 6 février 2010 06:30

Se méfier des généralités comme de la Peste. Elles peuvent conduire aux pires propos.

Histoire, Suisse

Médias : Ce que le voile dévoile.

Nouvel Hermès, 5 février 2010 14:49

Personne n’a voulu relever la bourde d’Apathie sur Canal+ quand, évoquant cette jeune femme voilée et tête de liste dans le Vaucluse pour les prochaine élections, il nous informa que celle-ci « avait l’investiture de l’UMP » : risible lapsus d’un collapsus visible de cette bouffonnerie médiatique quand nos bonimenteurs (...)

Islam

Internet : terrain de bataille idéologique

Thierry Crouzet, 5 février 2010 12:57

Il y a un monde entre ce que font les gens, leurs usages, domaine souvent étudié par les sociologues, les historiens, et ce que peuvent faire les gens, domaine souvent étudié par les artistes, les activistes, les spécialistes du développement personnel. Ce n’est pas parce que nous observons que les gens font un truc taré (...)

Numérique

Hadopi ferait partie du traité Acta

Fabrice Epelboin, 5 février 2010 12:04

Dans un article paru vendredi dernier dans le Financial Times, Stanley Pignal et Andrew Edgecliffe-Johnson font état des dernières fuites concernant le traité Acta, dont le dernier round de négociation vient de s’achever à Mexico. Selon des représentants de groupes industriels et des activistes présents sur place, parmi (...)

Hadopi

La police religieuse

Nouvel Hermès, 5 février 2010 10:19

Du moins en Iran se revendique-t-elle pour ce qu’elle est - dans sa visibilité, son uniforme et la clarté de ses interdits. Même si ceux-ci ont cette clarté métallique et sinistre du sabre. Mais du moins appelle-ton un shah un shah et ne joue-t-on pas au shah et à la souris derrière un voile de pudibonderie idéologique… (...)

Société

Les Nouvelles Flèches de BiBi.

Pensez BiBi, 5 février 2010 09:50

Consacré ou sacré c... ? Arthur a son article dans le Monde du 4 février. « En cinq ans, écrit la groupie Macha Séry, bon gré, mal gré, Arthur s’est imposé dans le paysage comique ». Finalement, dans le Monde des Comiques, BiBi y inclura la Comique du Monde. Barthes (Roland). Non, BiBi ne vous parlera pas du héros des (...)

Société

Quelle ville pour demain ?

Nonfiction, 5 février 2010 08:24

Comment appréhender la montée en puissance du fait urbain ? Quelles peuvent être les clefs de lecture des mutations urbaines profondes qui ont caractérisé les dernières décennies ? En ce début de XXIe siècle, à l’heure où la population urbaine devient majoritaire dans le monde, Bernardo Secchi propose une réflexion ambitieuse (...)

Urbanisme

Quand la mairie du 5ème refuse de célébrer les PACS – Le vrai visage de l’UMP

Romain Pigenel, 5 février 2010 06:30

Ils sont sympas, à l’UMP, sympas et modernes ! Ils sont cools. Difficile de dater le phénomène, mais on peut chercher du côté de l’élection de Nicolas Sarkozy : un président copain avec Johnny et Jean Reno, qui fait du jogging et finit par épouser un supermodel en guise de Tante Yvonne. Et puis un gouvernement qui fait la (...)

UMP, Discriminations

La vidéo fait de la résistance

Electron libre, 4 février 2010 15:17

Dans le cinéma et l’audiovisuel, à la différence du spectacle vivant, on a pas peur des chiffres et surtout on les connait. Après les bonnes nouvelles en provenance des salles de cinéma qui vont dépasser les 200 millions d’entrées soit leur meilleur résultat depuis 1982, c’est au tour de l’édition vidéo de faire preuve de (...)

Numérique

Deux questions simplistes sur la dette

Paul Jorion, 4 février 2010 14:07

Ce texte est un « article presslib’ » (*) Je vais raisonner à grands coups de serpe, on ne m’en voudra pas : la question que j’essaie de résoudre est une question très générale où les détails importent peu. Monsieur X gagne tant d’argent. Le montant est tel qu’il est obligé de le dépenser entièrement pour subvenir à ses (...)

Dette publique

Le pseudonyme : La burqua de blogueurs

Cromwellbar, 4 février 2010 12:05

En voulant poster un commentaire à la suite d’un billet d’un blogueur en vue, quelle ne fut pas ma surprise de lire le message suivant : « les commentaires ANONYMES ne sont pas acceptés . Merci de prendre au moins un pseudonyme ». J’en oubliais immédiatement le sujet de mon commentaire, hypnotisé par cette formule (...)

Blogosphère, Civilisation, psychologie / psychanalyse


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