France : Régionales 1er tour

Paul Jorion, 15 mars 2010

Économie

Betablog | 19 octobre 2008 | | 2 commentaires

Relire Keynes : les bourses, c’est du court terme irrationnel !

Il faut relire Keynes. Voici l’un de ses meilleures textes tirés du chapitre 12 de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Il y explique de façon lumineuse les conséquences de la mise en place du système des bourses. L’investissement à long terme qui était lié à la valeur d’une entreprise sous la société a disparu. Il a été remplacé par des investissements à court termes réalisés sous l’influence d’informations parcellaires uniquement influencées par l’opinion, la psychologie des foules, etc. Aujourd’hui, l’économie et la finance n’ont plus rien de rationnels mais relèvent plus de la psychologie, voire de la psychanalyse.

[...]

III

Le fait marquant en la matière est l’extrême précarité des données à l’aide des-quelles nous sommes obligés d’effectuer nos évaluations des rendements escomptés. Notre connaissance des facteurs qui gouverneront le rendement d’un investissement quelques années plus tard est en général très limitée et souvent négligeable. A parler franc, on doit avouer que, pour estimer dix ans ou même cinq ans à l’avance le rendement d’un chemin de fer, d’une mine de cuivre, d’une fabrique de textile, d’une marque pharmaceutique, d’un transatlantique ou d’un immeuble à Londres, les données dont on dispose se réduisent à bien peu de choses, parfois à rien. En fait ceux qui cherchent à effectuer sérieusement une telle estimation forment souvent une si petite minorité qu’ils n’ont pas d’influence sur le marché.

Autrefois, lorsque les entreprises appartenaient pour la plupart à ceux qui les avaient créées ou aux amis et associés de leurs fondateurs, l’importance de l’investis-sement était fonction du nombre des individus de tempérament sanguin et d’esprit constructif qui s’embarquaient dans les affaires pour occuper leur existence sans chercher réellement à s’appuyer sur un calcul précis de profit escompté. Les affaires étaient en partie une loterie, encore que leur résultat final différât grandement selon que les aptitudes et le caractère de leurs dirigeants étaient supérieurs ou infé-rieurs à la moyenne. Les uns étaient appelés à réussir, les autres à échouer. Mais personne ne savait même après coup si les résultats moyens seraient avec les sommes engagées dans un rapport supérieur, égal ou inférieur au taux de l’intérêt existant ; cependant, si on excepte l’exploitation des ressources naturelles et celles des monopoles, il est probable qu’en moyenne les résultats effectifs des investissements même pendant les périodes de prospérité et de progrès ont déçu les espoirs qui les avaient fait naître. Les hommes d’affaires jouent un jeu mixte d’adresse et de hasard dont les résultats moyens pour les joueurs ne sont pas connus de ceux qui prennent une main. Si la nature humaine n’avait pas le goût du risque, si elle n’éprouvait aucune satisfaction (autre que pécuniaire) à construire une usine ou un chemin .de fer, à exploiter une mine ou une ferme, les seuls investissements suscités par un calcul froidement établi ne prendraient sans doute pas une grande extension.

Cependant, lorsqu’on décidait de mettre de l’argent dans les affaires privées con-çues à l’ancienne mode, de telles décisions étaient en grande partie irrévocables non seulement pour la communauté dans son ensemble mais encore pour les individus pris isolément. La scission entre la propriété et la gestion du capital, qui prévaut à l’heure actuelle, et l’extension prise par les marchés financiers organisés ont fait inter-venir un nouveau facteur d’une grande importance, qui facilite parfois l’investisse-ment, mais qui parfois aussi contribue à aggraver l’instabilité du système. En l’absen-ce de bourses de valeurs il n’y a pas der motif pour qu’on essaye de réévaluer fréquemment les investissements où l’on s’est engagé. Mais le Stock Exchange rééva-lue tous les jours un grand nombre d’investissements, et ses réévaluations fournissent à chaque individu (mais non à la communauté dans son ensemble) une occasion fréquente de réviser ses engagements. C’est comme si un fermier, après avoir tapoté son baromètre au repas du matin, pouvait décider entre dix et onze heures de retirer son capital de l’exploitation agricole, puis envisager plus tard dans la semaine de l’y investir de nouveau. Cependant les réévaluations journalières du Stock Exchange, bien qu’elles soient surtout destinées à faciliter les transferts des capitaux anciens d’un individu à un autre, exercent nécessairement une influence décisive sur le montant de l’investissement courant. Il serait absurde en effet de créer une entreprise nouvelle d’un certain coût si l’on peut acquérir une entreprise identique à un prix moindre ; inversement, on est incité à dépenser dans une affaire nouvelle une somme qui peut sembler extravagante, si cette affaire peut être cédée sur le marché avec un bénéfice immédiat . Ainsi certaines catégories d’investissement sont-elles gouvernées moins par les prévisions véritables des entrepreneurs de profession que par la prévision moyenne des personnes qui opèrent sur le Stock Exchange, telle qu’elle est exprimée par le cours des actions . Comment donc s’effectuent dans la pratique ces réévalua-tions d’une si haute portée auxquelles les investissements existants sont soumis tous les jours et même toutes les heures ?

IV

Dans la pratique, nous sommes tacitement convenus, en règle générale, d’avoir recours à une méthode qui repose à vrai dire sur une pure convention. Cette conven-tion réside essentiellement - encore que, bien entendu, elle ne joue pas toujours sous une forme aussi simple - dans l’hypothèse que l’état actuel des affaires continuera indéfiniment à moins qu’on ait des raisons définies d’attendre un changement. Ceci ne signifie pas que nous pensions réellement que l’état des affaires continuera indéfini-ment. L’expérience constante nous enseigne qu’une telle hypothèse est des plus improbables. Les résultats d’un investissement qui apparaissent effectivement après une période de plusieurs années concordent très rarement avec la prévision initiale. Nous ne pouvons pas non plus donner à notre attitude un caractère rationnel en disant qu’un homme en état d’ignorance n’a qu’une chance sur deux de se tromper et qu’il subsiste par conséquent une prévision moyenne du point de vue actuariel basée sur des probabilités égales. Car on démontre aisément qu’à vouloir fonder des probabi-lités arithmétiquement égales sur un état d’ignorance, on aboutit à des absurdités. Nous supposons, en vertu d’une véritable convention, que l’évaluation actuelle du marché, de quelque façon qu’elle ait été formée, est la seule correcte, eu égard à la con-naissance actuelle des faits qui influeront sur le rendement de l’investissement, et que cette évaluation variera seulement dans la mesure où la connaissance actuelle de ces faits sera modifiée ; encore que sur le plan philosophique cette évaluation ne puis-se être la seule correcte, car notre connaissance actuelle du futur ne saurait fournir la base d’une prévision calculée mathématiquement. En fait il entre dans l’évaluation du marché toutes sortes de considérations qui n’ont aucun rapport avec le rendement escompté.

Néanmoins la méthode conventionnelle de calcul indiquée ci-dessus est compa-tible avec un haut degré de continuité et de stabilité dans les affaires, tant que l’on peut compter sur le maintien de la convention.

Car, s’il existe des bourses de valeurs organisées et si l’on est en droit de compter sur le maintien de la convention, un individu qui investit peut légitimement s’enhardir par l’idée qu’il ne court pas d’autre risque que celui d’un changement réel dans les informations relatives au proche avenir, risque sur la probabilité duquel il peut essayer de se faire une opinion personnelle et qui au demeurant n’est pas susceptible d’être très grand. A supposer que la convention subsiste, les risques de cet ordre sont en effet les seuls qui puissent modifier la valeur de son investissement et il n’a pas besoin de perdre le sommeil pour la seule raison qu’il n’a aucune idée du prix que son investissement vaudra dix ans plus tard. De la sorte un investissement devient d’une sécurité raisonnable pour l’individu, considéré isolément, qui investit pour de courtes périodes et partant pour une succession de courtes périodes si nombreuses soient-elles, à condition qu’il puisse suffisamment compter sur la permanence de la conven-tion et sur la possibilité de réviser son jugement et de changer son investissement avant que beaucoup de choses aient eu le temps de se passer. Les investissements qui sont « fixes » pour la communauté sont ainsi rendus « liquides » pour l’individu.

Ce fut, nous en sommes convaincu, suivant un tel processus que se sont déve-loppés nos principaux marchés financiers. Mais il ne faut pas s’étonner qu’une convention, si arbitraire d’un point de vue absolu, ait ses faiblesses. C’est de sa pré-carité que proviennent une grande partie des difficultés que l’on éprouve aujourd’hui à maintenir un volume d’investissement suffisant.

V

Nous pouvons mentionner brièvement quelques-uns des facteurs qui aggravent cette précarité.

1˚ Les personnes qui ne gèrent pas elles-mêmes leurs affaires et qui n’ont aucune connaissance particulière des circonstances actuelles ou éventuelles qui influent sur elles possèdent de jour en jour une fraction plus importante du capital global de la communauté. Il en résulte que, dans l’évaluation des capitaux faite par leurs posses-seurs ou par leurs acquéreurs éventuels, l’élément de compétence réelle est sérieu-sement diminué.

2˚ Les fluctuations au jour le jour des profits réalisés dans les investissements existants, bien qu’elles soient manifestement éphémères et dépourvues de signifi-cation, tendent à exercer sur le marché une influence tout à fait exagérée et même absurde. On rapporte par exemple qu’en Amérique les actions des sociétés qui fabriquent la glace à rafraîchir se vendent en été lors de l’augmentation saisonnière des bénéfices à des prix plus élevés qu’en hiver lorsque personne n’a besoin de glace. De même, le retour d’une fête légale est de nature à accroître de plusieurs millions de Livres l’évaluation boursière du réseau ferré britannique.

3˚ Une évaluation conventionnelle, fruit de la psychologie collective d’un grand nombre d’individus ignorants, est exposée à subir des variations violentes à la suite des revirements soudains que suscitent dans l’opinion certains facteurs dont l’in-fluence sur le rendement escompté est en réalité assez petite. Les jugements man-quent en effet des racines profondes qui leur permettraient de tenir. Dans les périodes anormales notamment, lorsque la croyance à la continuation indéfinie de l’état actuel des affaires est particulièrement peu plausible, même s’il n’y a pas de raison formelle de prévoir un changement déterminé, le marché se trouve exposé à des vagues d’optimisme et de pessimisme irraisonnées, mais après tout compréhensibles en l’ab-sence d’une base solide de prévision rationnelle.

4˚ Un des aspects particuliers de la question mérite notre attention. Peut-être a-t-on supposé que la concurrence entre les professionnels compétents, doués d’un juge-ment plus sûr et de connaissances plus étendues que la moyenne des capitalistes privés, corrigerait les fantaisies des individus ignorants livrés à leurs propres lum-ières. Or il se trouve que l’activité et l’habileté des spéculateurs professionnels et des spécialistes du placement s’emploient surtout ailleurs. En fait, la plupart d’entre eux se soucient beaucoup moins de faire à ’long terme des prévisions serrées du rendement escompté d’un investissement au cours de son existence entière que de deviner peu de temps avant le grand public les changements futurs de la base conventionnelle d’évaluation. Ils se préoccupent non de la valeur réelle d’un investissement pour un homme qui l’acquiert afin de le mettre en portefeuille, mais de la valeur que, sous l’influence de la psychologie collective, le marché lui attribuera trois mois ou un an plus tard. Et cette attitude ne résulte pas d’une légèreté d’esprit particulière, elle est la conséquence inévitable de l’organisation d’un marché financier suivant le principe que nous avons indiqué. Il serait absurde en effet de payer 25 pour un investissement dont on juge que la valeur correspondant au rendement escompté est 30, si l’on estime aussi que 3 mois plus tard le marché l’évaluera à 20.

Pour le spécialiste du placement c’est donc une obligation impérieuse de s’attacher à anticiper les changements prochains dans l’ambiance et les informations, l’expé-rience ayant appris que les changements de cet ordre étaient ceux qui exerçaient sur la psychologie collective du marché l’influence la plus profonde. Telle est la consé-quence inévitable de l’existence de marchés financiers conçus en vue de ce qu’on est convenu d’appeler la liquidité. De toutes les maximes de la finance ortho-doxe, il n’en est aucune, à coup sûr, de plus antisociale que le fétichisme de la liquidité, doctrine qui fait un véritable devoir aux institutions de placement de concentrer leurs res-sources sur des valeurs « liquides ». Une telle doctrine néglige le fait que pour la communauté dans son ensemble il n’y a rien qui corresponde à la liquidité du placement. L’utilité sociale des placements- habiles devrait être de vaincre les forces obscures du temps et de percer le mystère qui entoure le futur. En fait, pour les particuliers, les placements les plus habiles sont à l’heure actuelle ceux .qui ont pour objet de « voler le départ », comme disent si bien les Américains, de piper le publie, de refiler la demi-couronne fausse ou décriée.

Cet assaut d’intelligence pour anticiper de quelques mois la base conventionnelle d’évaluation bien plus que pour prévoir de longues années à l’avance le rendement escompté d’un investissement n’exige même pas qu’il y ait dans le public des pigeons pour emplir la panse des professionnels ; la partie peut être jouée paf les profes-sion-nels entre eux. Point n’est besoin non plus que certains persistent à croire ingénument que la base conventionnelle d’évaluation a une valeur réelle quelconque à long terme. Il s’agit, peut-on dire, d’une partie de chemin de fer, de vieux garçon ou de chaise à musique, divertissements où le gagnant est celui qui passe la main ni trop tôt ni trop tard, qui cède le vieux garçon à son voisin avant la fin de la partie ou qui se procure une chaise lorsque la musique s’arrête. On peut trouver à ces jeux de l’agrément et de la saveur bien que tout le monde sache qu’il y a un vieux garçon en circulation ou que lors de l’arrêt de la musique certains se trouveront sans siège.

Ou encore, pour varier légèrement la métaphore, la technique du placement peut être comparée à ces concours organisés par les journaux où les participants ont à choisir les six plus jolis visages parmi une centaine de photographies, le prix étant attribué à celui dont les préférences s’approchent le plus de la sélection moyenne opérée par l’ensemble des concurrents. Chaque concurrent doit donc choisir non les visages qu’il juge lui-même les plus jolis, mais ceux qu’il estime les Plus propres à obtenir le suffrage des autres concurrents, lesquels examinent tous le problème sous le même angle. Il ne s’agit pas pour chacun de choisir les visages qui, autant qu’il peut en juger, sont réellement les plus jolis ni même ceux que l’opinion moyenne consi-dèrera réellement comme tels. Au troisième degré où nous sommes déjà rendus, on emploie ses facultés à découvrir l’idée que l’opinion moyenne se fera à l’avance de son propre jugement. Et il y a des personnes, croyons-nous, qui vont jusqu’au qua-trième ou au cinquième degré ou plus loin encore.

Peut-être le lecteur objectera-t-il que pendant une période assez longue un homme habile doit nécessairement réaliser aux dépens des autres joueurs des bénéfices considérables si, indifférent au passe-temps prédominant, il persiste à acheter des investissements à la lumière des prévisions véritables à long terme les plus parfaites qu’il puisse établir.

A ceci il convient de répondre tout d’abord qu’il existe en effet des esprits sérieux de ce genre et que, suivant que leur influence ou celle des simples joueurs prévaut, la physionomie d’un marché financier diffère profondément. Mais nous devons ajouter que plusieurs circonstances s’opposent à la prédominance de semblables esprits sur les marchés de capitaux modernes. Le placement fondé sur une véritable prévision à long terme est de nos jours une tâche trop difficile pour être souvent possible. Ceux qui s’y attèlent sont sûrs de mener une existence beaucoup plus laborieuse et de courir des risques plus grands que ceux qui essayent de deviner, les réactions du public plus exactement que le public lui-même ; et, à égalité d’intelligence dans les deux activi-tés, ils risquent de commettre dans la première des erreurs beaucoup plus désas-treuses. L’expérience ne prouve nullement que la politique de place-ment qui présente une utilité sociale coïncide avec celle qui rapporte le plus. Il faut plus d’intelligence pour triompher des forces secrètes du temps et de l’ignorance de l’avenir que pour « voler le départ ». Au surplus la vie n’est pas assez longue pour cette tâche ; la nature humaine exige de prompts succès et l’enrichissement rapide a une saveur particulière, l’homme moyen calculant la valeur actuelle des profits différés à un taux d’escompte fort élevé. Le placement professionnel est une tâche fastidieuse et astreignante au point d’être intolérable pour quiconque n’a aucunement le goût du jeu, et ceux qui l’ont doivent payer pour ce penchant la redevance appropriée. Au surplus celui qui veut investir sans se préoccuper des fluctuations momentanées du marché a besoin pour sa sécurité de ressources plus importantes et ne peut donc, au moins avec de l’argent emprunté, opérer sur une échelle aussi considérable ; nouvelle raison pour qu’à égalité d’intelligence et de ressources il soit plus avantageux de se consacrer au passe-temps. Finalement l’individu qui investit à long terme et qui par là sert le mieux l’intérêt général est celui qui, dans la pratique, encourra le plus-de critiques, si les fonds à placer sont administrés par des conseils, des comités et des banques . Son attitude en effet doit nor-malement le faire passer aux yeux de l’opinion moyenne pour un esprit excentrique, subversif et inconsidéré. S’il connaît d’heureux succès, là croyance générale à son imprudence s’en trouvera fortifiée ; et, si, comme c’est très probable, il subit des revers momentanés, rares sont ceux qui le plaindront. La sages-se universelle enseigne qu’il vaut mieux pour sa réputation échouer avec, les con-ventions que réussir contre elles.

5˚ Jusqu’ici nous avons eu surtout en vue l’état de la confiance où se trouve lui-même le spéculateur ou l’auteur d’un placement spéculatif, et peut-être avons-nous paru implicitement supposer que, si personnellement il juge les perspectives favora-bles, il peut disposer de sommes illimitées au taux de l’intérêt du marché. Tel n’est évidemment pas le cas. Il nous faut donc aussi considérer un autre aspect de l’état de la confiance savoir, le degré de confiance que les institutions de prêt témoignent aux personnes qui cherchent à emprunter ; c’est ce qu’on appelle parfois l’état du crédit. Une chute des actions, qui produit un effet désastreux sur l’efficacité marginale du capital, peut être provoquée par l’affaiblissement ou de la confiance spéculative ou de l’état du crédit. Mais alors qu’il suffit de l’affaiblissement d’un seul de ces facteurs pour déterminer une chute, un redressement exige qu’ils soient tous deux restaurés. L’affaiblissement du crédit suffit à amener une crise, mais son renforcement, tout en étant une condition nécessaire de la reprise, n’en est pas une condition suffisante.

VI

Ces considérations ne devraient pas sortir du champ de l’analyse économique. Mais encore faut-il les reléguer à leur vraie place. S’il nous est permis de désigner par te terme spéculation l’activité qui consiste à prévoir la psychologie du marché et par le terme entreprise celle qui consiste à prévoir le rendement escompté des capitaux pendant leur existence entière, on ne saurait dire que la spéculation l’emporte toujours sur l’entreprise. Cependant le risque d’une prédominance de la spéculation tend à grandir à mesure que l’organisation des marchés financiers progresse. Dans une des principales Bourses des Valeurs du monde, à New-York, la spéculation au sens précédent du mot exerce une influence énorme. Même en dehors du terrain financier la tendance des Américains est d’attacher un intérêt excessif à découvrir ce que l’opi-nion moyenne croît être l’opinion moyenne, et ce travers national trouve sa sanction à la Bourse des Valeurs. Il est rare, dit-on, qu’un Américain place de l’argent « pour le revenu » ainsi que nombre d’Anglais le font encore ; c’est seulement dans l’espoir d’une plus-value qu’il est disposé à acheter une valeur. Ceci n’est qu’une autre façon de dire que, lorsqu’un Américain achète une valeur, il mise moins sur le rendement escompté que sur un changement favorable de la base conventionnelle d’évaluation, ou encore qu’il fait une spéculation au sens précédent du mot. Les spéculateurs peuvent être aussi inoffensifs que des bulles d’air dans un courant régulier d’entre-prise. Mais la situation devient sérieuse lorsque l’entreprise n’est plus qu’une bulle d’air dans le tourbillon spéculatif. Lorsque dans un pays le développement du capital devient le sous-produit de l’activité d’un casino, il risque de s’accomplir en des conditions défectueuses. Si on considère que le but proprement social des Bourses de Valeurs est de canaliser l’investissement nouveau dans les directions les plus favo-rables au rendement futur, on ne peut revendiquer le genre de succès obtenu par Wall Street comme un éclatant triomphe du laissez-faire capitaliste. Et il n’y a là rien de surprenant, s’il est vrai, comme nous le pensons, que les meilleurs esprits de Wall Street étaient en fait préoccupés d’autre chose.

De telles tendances sont une conséquence presque inévitable du succès avec lequel on a organisé la « liquidité » des marchés de capitaux. Il est généralement admis que, dans l’intérêt même du publie, l’accès des casinos doit être difficile et coûteux. Peut-être ce principe vaut-il aussi en matière de Bourses. Le fait que le mar-ché de Londres ait commis moins d’excès que Wall Street provient peut-être moins d’une différence entre les tempéraments nationaux que du caractère inaccessible et très dispendieux de Throgmorton Street pour un Anglais moyen comparée à Wall Street pour un Américain moyen. L’écart des « jobbers » , les courtages onéreux des brokers, les lourdes taxes d’État sur les transferts, qui accompagnent les transactions à la Bourse de Londres, diminuent suffisamment la liquidité du marché (l’usage des règlements de quinzaine agissant d’ailleurs en sens inverse) pour en éliminer une grande partie des opérations qui caractérisent Wall Street . La création d’une lourde taxe d’État frappant toutes les transactions se révèlerait peut-être la plus salutaire des mesures permettant d’atténuer aux États-Unis la prédominance de la spéculation sur l’entreprise.

Devant le spectacle des marchés financiers modernes, nous avons parfois été tenté de croire que si, à l’instar du mariage, les opérations d’investissement étaient rendues définitives et irrévocables, hors le cas de mort ou d’autre raison grave, les maux de notre époque pourraient en être utilement soulagés ; car les détenteurs de fonds à placer se trouveraient obligés de porter leur attention sur les perspectives à long terme et sur celles-là seules. Mais il suffit d’un instant de réflexion pour comprendre qu’une telle méthode pose un dilemme ; car, si la liquidité du marché financier contrarie parfois l’investissement nouveau, en revanche elle le favorise le plus souvent. Le fait que chaque propriétaire de valeurs pris individuellement se flatte d’être engagé dans un placement « liquide » (ce qui ne saurait être vrai de tous les propriétaires pris collectivement) calme ses nerfs et lui fait courir plus volontiers les risques. Si on enlevait aux achats individuels de valeurs leur caractère liquide, de sérieuses diffi-cultés pourraient en résulter pour l’investissement, tant que s’offriraient aux individus d’autres moyens de conserver leurs épargnes. C’est là que gît le dilemme. Tant que les individus auront l’alternative d’employer leur richesse, soit à thésauriser ou à prêter de l’argent, soit à acheter des biens véritables, on ne pourra rendre le second terme de l’alternative assez attrayant, surtout pour ceux qui n’administrent pas leurs biens et qui n’ont aucune connaissance spéciale à leur sujet, qu’en organisant des marchés où ces biens puissent être aisément transformés en espèces.

Le seul remède radical aux crises de confiance qui affligent la vie économique moderne serait de restreindre le choix de l’individu à la seule alternative de con-som-mer son revenu ou de s’en servir pour faire fabriquer l’article de capital qui, même avec une faible évidence, lui paraît être l’investissement le plus intéressant qui lui soit offert. Peut-être, à certains moments, lorsqu’il serait plus que de coutume harcelé par des doutes au sujet de l’avenir, l’incertitude le conduirait-elle à consom-mer plus et à investir moins. Mais on éviterait par ce moyen les répercussions désas-treuses, cumu-latives et presque illimitées du fait que les personnes envahies par le doute peuvent s’abstenir de dépenser leur revenu d’une façon ou d’une autre.

Ceux qui ont insisté sur les dangers sociaux résultant de la thésaurisation de la monnaie avaient en vue des considérations analogues à celles qui précèdent. Mais ils n’ont pas compris que le phénomène pouvait se produire en dehors de toute variation ou au moins d’une variation proportionnée du montant (le la monnaie thésaurisée.

VII

Outre la cause due à la spéculation, l’instabilité économique trouve une autre cause, inhérente celle-ci à la nature humaine, dans le fait qu’une grande partie de nos initiatives dans l’ordre du bien, de l’agréable ou de l’utile procèdent plus d’un opti-misme spontané que d’une prévision mathématique. Lorsqu’il faut un long délai pour qu’elles produisent leur plein effet, nos décisions de faire quelque chose de positif doivent être considérées pour la plupart comme une manifestation de notre enthou-siasme naturel, comme l’effet d’un besoin instinctif d’agir plutôt que de ne rien faire, et non comme le résultat d’une moyenne pondérée de bénéfices numériques multi-pliés par des probabilités numériques. L’entreprise ne fait croire qu’à elle-même que le principal moteur de son activité réside dans les affirmations de son prospectus, si sincères qu’elles puissent être. Le calcul exact des bénéfices à venir y joue un rôle à peine plus grand que dans une expédition au Pôle Sud. Aussi bien, si l’enthousiasme faiblit, si l’optimisme naturel chancelle, et si par suite on est abandonné au seul ressort de la prévision mathématique, l’entreprise s’évanouit et meurt, alors que les craintes de pertes peuvent être aussi dépourvues de base logique que l’étaient aupa-ravant les espoirs de profit.

On a raison de dire que l’entreprise suscitée par la foi dans l’avenir bénéficie à la communauté tout entière. Mais, pour que l’initiative individuelle lui donne une acti-vité suffisante, il faut que la prévision rationnelle soit secondée et soutenue par l’en-thou-siasme. De même que l’homme valide chasse la pensée de la mort, l’opti-misme fait oublier aux pionniers l’idée de la ruine finale qui les attend souvent, l’expérience ne leur laissant à cet égard pas plus d’illusion qu’à nous-mêmes.

Malheureusement, ceci ne signifie pas seulement que les crises et les dépressions peuvent atteindre une ampleur excessive, mais encore que la prospérité économique est trop étroitement subordonnée à l’existence d’un climat politique et social qui agrée à la moyenne des hommes d’affaires. Lorsque la crainte d’un gouvernement travail-liste ou d’un « New Deal » restreint l’entreprise, cette situation n’est pas forcément la conséquence de prévisions rationnelles ou de manœuvres inspirées par des fins politiques, elle peut être simplement l’effet d’un renversement de la délicate balance de l’optimisme naturel. Lorsqu’on examine les perspectives de l’investissement, il faut donc tenir compte des nerfs et des humeurs, des digestions même et des réactions au climat des personnes dont l’activité spontanée les gouverne en grande partie.

Ne nous hâtons pas de conclure que toute chose dépend de fluctuations psycho-logiques irraisonnées. Au contraire, l’état de la prévision à long terme est souvent assez stable ; et, lors même qu’il ne l’est pas, les autres facteurs tendent à se com-penser. Ce que nous voulons simplement rappeler, c’est que les décisions humaines engageant l’avenir sur le plan personnel, politique ou économique ne peuvent être inspirées par une stricte prévision mathématique, puisque la base d’une telle prévision n’existe pas ; c’est que notre besoin inné d’activité constitue le véritable moteur des affaires, notre intelligence choisissant de son mieux entre les solutions possibles, calculant chaque fois qu’elle le peut, mais se trouvant souvent désarmée devant le caprice, le sentiment ou la chance.

VIII

Certains facteurs importants tendent à atténuer dans la pratique des effets de notre ignorance de l’avenir. Par suite du jeu de l’intérêt composé et des chances qu’a le capital de se démoder sous l’action du temps, il existe de nombreux investissements individuels dont le rendement escompté est à juste titre dominé par les revenus atten-dus dans un avenir relativement prochain. Dans le cas des immeubles qui forment la catégorie principale des investissements à très long terme, le risque peut être souvent transféré de la personne qui investit à l’occupant, ou tout au moins il peut être partagé entre eux grâce aux baux de longue durée, le risque étant compensé dans l’esprit de l’occupant par la continuité et la sécurité du droit de jouissance. Dans le cas des fonds d’État, qui forment une autre catégorie importante d’investissements à long terme, une forte proportion du rendement escompté est garanti en pratique par des privilèges sur des monopoles et par le droit d’en majorer les tarifs dans la mesure nécessaire à maintenir la marge de sécurité stipulée. Il y a enfin la catégorie de jour en jour plus importante des investissements entrepris ou garantis par les États. Les autorités publiques, lorsqu’elles investissent, sont ouvertement influencées par la présomption générale qu’on peut attendre certains avantages sociaux de l’investissement, quelque doive être dans une large limite le rendement commercial qui en sera tiré. Elles se préoccupent peu de savoir si l’investissement satisfait ou non à la condition que sa prévision mathématique de rendement soit supérieure au taux de l’intérêt courant. Toutefois le taux de l’intérêt qu’elles sont obligées de payer peut encore jouer un rôle décisif en limitant l’importance des investissements qu’elles peuvent se permettre.

Après avoir ainsi examiné les changements de courte période de l’état de la pré-vision à long terme indépendamment des variations du taux de l’intérêt, et avoir donné tout son poids à l’importance de leur action sur le flux d’investissement, nous pouvons maintenant considérer les variations du taux de l’intérêt en tant qu’elles exercent sur le flux d’investissement, au moins en des circonstances normales, une influence considérable, sinon décisive. Toutefois, l’expérience seule pourra nous indiquer dans quelle mesure la manœuvre du taux de l’intérêt est capable d’entretenir en permanence un flux d’investissement suffisant.

Pour notre part, nous sommes aujourd’hui assez sceptique sur les chances de suc-cès d’une politique purement monétaire consistant à agir sur le taux de l’intérêt. L’État étant en mesure de calculer l’efficacité marginale des capitaux avec des vues lointai-nes et sur la base des intérêts sociaux de la communauté, nous nous attendons à le voir prendre une responsabilité sans cesse croissante dans l’organisation directe de l’investissement. Car l’estimation de l’efficacité marginale des divers types de capi-taux, telle qu’elle est faite sur le marché d’après les principes précédemment indi-qués, semble appelée à subir des fluctuations d’une ampleur trop considérable pour qu’on puisse la compenser par les variations pratiquement possibles du taux de l’intérêt.


- betanonyme



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Il la voulu et il l’a eu

Betablog, 20 mars 2010 11:27

C’est certainement le membre de la famille que l’on respecte le plus. Le seul qu’on prend le temps, beaucoup de temps, d’écouter. Celui à qui on donne la meilleure place dans le salon, à qui on hésite pas à octroyer les meilleurs soins possibles quand il est un peu mal en point... On est toujours d’accord avec ce qu’il (...)

Télévision, TF1, Abstention, Régionales 2010

La remise en question nécessite un retour du courage politique, par Homard

Julien Alexandre, 20 mars 2010 10:07

Billet invité. Christine Lagarde a critiqué en début de semaine la politique économique allemande. La ministre reproche à l’Allemagne sa stratégie fondée sur la compétitivité de sa production de biens et services à l’export. Les Allemands ont gagné de nombreuses parts de marché en modérant leurs coûts salariaux ces (...)

Économie

La démocratie française et les vers luisants (zaz)

Ocsena, 20 mars 2010 09:20

Suite de : Mon premier est une abstention record (zaz) http://ocsena.ouvaton.org/article.p... Avertissement : Pour nous c’est décidé, fini les matches de foot devant la télé entre copains. Le prix du pack de bière est devenu trop cher. ********************* La démocratie française et les vers luisants D’où vient (...)

zaz, Régionales 2010

L’intime, thème et variations

Nonfiction, 20 mars 2010 08:52

L’intime connaît de beaux jours. Sa médiatisation n’en facilite pas pour autant l’analyse. Pour une histoire de l’intime et de ses variations, ouvrage collectif qui rassemble dix articles, sous la direction de Anne Coudreuse et de Françoise Simonet-Tenant, se propose de faire le point des connaissances et des recherches (...)

Lectures

Abstention, remontée du FN : oui, mais pourquoi ?

Acturevue, 20 mars 2010 06:30

Le premier tour des élections régionales a été marqué par une abstention massive de 52%. Et hélas, un retour sur la scène politique du Front National, même si ce retour est accentué par l’opinion générale. Oui, mais comment peut-on expliquer ces deux phénomènes (...)

extrême droite, Régionales 2010

Veillée d'armes

Julien Dray, 19 mars 2010 23:07

Dans quelques heures, la campagne officielle prendra fin. Le moins qu’on puisse dire est que le final de ces élections régionales 2010 n’aura pas été de tout repos. Il aura notamment vu le gouvernement jeter toutes ses forces dans la bataille, remployant au passage la vieille ficelle sécuritaire, avec le dérapage que (...)

Régionales 2010

IDF : le projet pour le 2nd tour

Intox 2007, 19 mars 2010 15:17

Mes chers lecteurs de l’ile de France, voici l’accord entre PS, Europe Ecologie, Front de Gauche. Je vous invite à lire, et a le transmettre à des amis qui hésitent et veulent s’abstenir. Chaque vote comptera, d’ici là bonne lecture ! Encore une fois, j’utilise scribd.com très bon outil pour la mise en ligne de documents (...)

Régionales 2010

Comment dépolitiser les gens par la politique ?

Betablog, 19 mars 2010 15:16

Ça se coupe, ça crie, ça hurle, ça se chamaille, ça se répète, ça se répète, ça se répète... mais au fond que nous a apporté la soirée télévisée des élections régionales ? Je dirai même, que peut nous apporter une soirée politique comme savent (ne pas) le faire TF1 ou France 2 après une élection (et même en temps normal - pour le peu (...)

Télévision, Régionales 2010

Les Flèches de BiBi (16-22 mars)

Pensez BiBi, 19 mars 2010 13:18

Pipe, Pape, Pope. Avec toutes ces affaires de pédophilie, on va finir par croire que Jean Paul II et Joseph Ratzinger n’étaient pas des enfants de chœur. Quand Chouchou veut chouchouter la Police. « Le ministère public portera plainte au moindre manque de respect d’un fonctionnaire de police » clame à qui veut (...)

actualité

La télévision : Un pouvoir mortel ?

Acturevue, 19 mars 2010 11:14

Cet objet a pris aujourd’hui une importance et une influence considérables. Cette autorité confondue avec le pouvoir de l’image peut faire des ravages. Pourtant, il n’y a rien qui semble freiner l’engouement du pire. Pas un seul contre pouvoir... Loft Story, Ferme célébrité, Maillon faible, Mickaël Vendetta, Delarue, (...)

Télévision

La « reprise » aux États-Unis

Paul Jorion, 19 mars 2010 08:02

Deux graphiques intéressants sur la situation aux États-Unis que je découvre ce matin dans The Liscio Report par Philippa Dunne & Doug Henwood, qui m’est communiqué par l’analyste John Mauldin (« Outside The Box », Volume 6, No 14, le 15 mars 2010). Le premier graphique montre à gauche l’évolution du niveau de (...)

Crise mondiale

En Inde, le doux rêve des OGM vire au cauchemar

Les mots ont un sens, 19 mars 2010 07:48

Début mars, Monsanto a pour la première fois reconnu que son coton Bt génétiquement modifié n’était pas efficace, les insectes ayant développé des résistances. Pire, de nouveaux ravageurs jusqu’ici inconnus en Inde ont fait leur apparition. Qui sème le vent... (...)

OGM

"Georges Boris, vie exemplaire"

Nonfiction, 19 mars 2010 07:43

C’est l’histoire d’un homme qui a fort peu failli. Tour à tour fondateur (en 1927) et animateur du journal de gauche La Lumière, redresseur de torts au milieu d’une presse déchaînée et trop souvent vénale dans les années 1930, conseiller de Léon Blum et à ses côtés dans le deuxième épisode gouvernemental du printemps 1938, (...)

Lectures

Ma France

Nouvel Hermès, 19 mars 2010 06:30

Dans un village on enterrait Jean Ferrat. Je pensais à ces milliers de gens qui étaient là, non pour la télé, non pour les célébrités absentes, mais pour vivre une dernière fois l’émotion que le chanteur leur avait transmise. Il n’y eut ni Frédéric Mitterrand qui ne brille bien que par son absence ni Carla qui ne chante bien (...)

identité nationale

Examen de moralité

Betablog, 18 mars 2010 16:21

Voici le texte d’une pétition qui donne à réfléchir sur la détermination de Sarko (ou de ceux qui le manipulent) à diriger les consciences et à réaliser le programme d’édification de la nation française annoncé au Latran, à Ryad et devant le Crif. À quand une épreuve de profession de foi œcuméniste aux concours de recrutement (...)

Laïcité

Dernier round

Julien Dray, 18 mars 2010 15:42

C’est fait : un accord quasi national, et en Ile de France notamment, a été scellé entre les listes d’union du PS, celles d’Europe Écologie et celles du Front de Gauche. Il faut être honnête, cela ne s’est pas fait sans difficultés, et il y a ce matin de grosses déceptions, et sans doute de vrais mécontentements. Je le (...)

Julien Dray, Régionales 2010

L’ "A quand l’amour ?" de Jean Allouch

Nonfiction, 18 mars 2010 15:42

"L'un des plus curieux sillages de 1968 sera de susciter dans l'Université et ses alentours, jusque dans les endroits les plus inattendus, des séminaires de "lecture de Lacan" qui, pour le malheur de la littérature universelle, n'ont pas trouvé leur Flaubert" 1. Pour être cruel, ce mot (...)

psychologie / psychanalyse

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Betablog, 18 mars 2010 13:40

Le Réseau "Sortir du nucléaire" révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF. Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement (...)

Nucléaire

L’Internet comme enfer

Yann Leroux, 18 mars 2010 11:47

Trouvé via Serial Mapper,cette superbe carte de l’Internet inspirée l’enfer tel que Dante l’imagine dans La Divine Comédie. Elle fera sourire tous ceux qui ont connu l’Internet du temps du RTC, des Newsgroups, listes de diffusion et autres forums. A cette époque, l’Internet était un autre lieu dans lequel on allait après (...)

Numérique

Élections, consommation, piège à con !

JBB, 18 mars 2010 10:47

Marque, produit, offre politique… A l’évidence, la politique est exclusivement devenue affaire de consommation. Avec ce paradoxe que si l’électeur achète, c’est l’élu qui devient propriétaire de sa voix, libre de capitaliser sur ce suffrage. Logique - donc - que l’abstention atteigne des records : c’est le seul moyen pour (...)

Société de consommation

Mon premier est une abstention record (zaz)

Ocsena, 18 mars 2010 08:43

Abstract 1 Mon premier est une abstention record et une vaste et un peu fausse interrogation sur ce sujet dans les journaux 2 Mon second est la pénible insistance dans l’erreur de la pitre force farce de l’UMP 3 Mon troisième est la dérive délirante globale de la France 4 Ma quatrième est l’inventaire des (...)

zaz, Régionales 2010

Milgram et la société française : la zone extrême

Christophe, 18 mars 2010 06:40

Je viens de regarder l’émission du jeu de la mort sur France2, celle-ci a confirmé tout le bien que j’en pensais à priori. Bref, l’expérience de Milgram démontrait que 65 % des individus se soumettaient à l’autorité scientifique, la zone extrême nous démontre aujourd’hui que 81 % des Français se soumettent à l’autorité (...)

Télévision, psychologie / psychanalyse

Le jeu de la mort : du bon boulot France2 !

Christophe, 17 mars 2010 18:20

A lui seul le titre de cette émission de France2 est aussi ambitieux que l’expérience qui a été menée dans les années 60 aux états-unis. L’expérience de Milgram montre que 65 % des êtres Humains sont prêts, grâce à des stimulis autoritaires, à tuer des inconnus en toute connaissance de cause. Cette émission sera diffusée (...)

Télévision, psychologie / psychanalyse

La genèse de la civilisation judéo-chrétienne

Nonfiction, 17 mars 2010 16:36

Dès le début du christianisme, la lecture du texte biblique restant l’apanage des scribes ou des lettrés, la religion chrétienne trouva dans le recours aux symboles un véritable réservoir d’images susceptibles d’éclairer les fidèles sur le contenu des principaux épisodes bibliques. En effet, à l’origine, le mot grec " (...)

Histoire

Entre rillettes et rions ensemble

Le Hezo, 17 mars 2010 15:18

La soirée télé ? les chiens de garde du sarkozysme étaient lâchés. Mais on a quand même bien rigolé... Mieux que les grands du rire du samedi. Une vraie soirée de crétinisme et de mauvaise foi.

Régionales 2010

De quelques idées reçues sur le métier d’éditeur

Lémi, 17 mars 2010 14:22

Par l’autre bout de la lorgnette. Martine Prosper, auteur d’Édition, l’envers du décor, a choisi d’aborder une question que l’on connait finalement peu : celle des réalités du métier d’éditeur. Derrière le mythe poussiéreux hérité du 19e siècle, une profession depuis longtemps rattrapée par les techniques de gestion moderne et (...)

Culture

Dans le doute, abstiens-toi

b.mode, 17 mars 2010 10:47

Plus d'un français sur deux est resté chez lui. Ou alors il était allé taquiner le goujon ou la belette. C'est dire si nos politiques de tout bord présentent un visage avenant. En plein marasme économique, tandis que la société explose de toute part, une grosse moitié du peuple n'a pas jugé nécessaire de (...)

Régionales 2010

Quel beau dimanche ça aura été...

Cromwellbar, 17 mars 2010 09:49

Tout a été si parfait. Le peuple tout d’abord par son abstention comme un dégoût venu du froid des masses silencieuses. Une véritable insurrection muette et citoyenne pour une nouvelle république. Un grand merci à M. Besson, Hortefeux et les autres pour le retour du Front National, piège mortel pour le monarque. À trop (...)

Régionales 2010

L’histoire de la Marine, revue et corrigée

Nonfiction, 17 mars 2010 08:43

Il est d’usage, lorsqu’on étudie la Marine de Vichy, d’insister sur cette "marée bleue" qui se serait abattue sur la France au lendemain de la défaite de juin 1940 : beaucoup de contemporains eurent alors le sentiment que les allées du pouvoir –et ses coulisses- se peuplaient d’officiers de la (...)

Histoire

Benoît Hamon interviewé par Acturevue

Acturevue, 17 mars 2010 08:42

Reportage au sein du Parti Socialiste

Régionales 2010

Ce Pays, appelé USA, en banqueroute d'Etat. Effondrement URSS-USA - Commencement du 3ème millénaire

Thomas, le Cimbre,, 17 mars 2010 06:30

Le 17 octobre 2008 j'avais écrit un article intitulé "Ce Pays, appelé USA, en banqueroute d’État. Effondrement URSS-USA - Commencement du 3ème millénaire" en annonçant de manière effrontée que "J’ai écrit cet article le 17 octobre 2008. A partir d’aujourd’hui il constitue, lui aussi, une antériorité sur le (...)

Crise mondiale

Internet : L’étau se resserre ?

Duboubou, 16 mars 2010 16:46

L’espace de "Liberté" que représente le Net, ou s’exprime aussi le peuple de France semble de plus en plus menacé. Ce n’est pourtant pas dans les colonnes, de ce qui reste de notre presse prétendue libre, que le petit peuple peut participer au débat d’idées indispensable au bon fonctionnement de notre démocratie, même si on (...)

Liberté d’Internet

Une interprétation intempestive ?

Nonfiction, 16 mars 2010 16:00

Pendant l’hiver 1938-1939, Martin Heidegger tint un cours. Alors que la vie quotidienne annonçait la guerre, le professeur de philosophie, penseur de la quotidienneté, choisit de faire son séminaire. L’ouvrage traduit par Alain Boutot, parfois répétitif, répétitif comme un cours au final doit l’être, et à la rédaction (...)

Philosophie

la preuve de la fidélité

entre2eaux, 16 mars 2010 12:19

Sans lui, je n’aurais pas été ce que je suis. Bien sûr, il y avait mon père, ce héros, qui avait payé de la prison l’engagement pour ses convictions. Il y avait ma mère, prête à tout donner pour un avenir meilleur. Il y avait nos distributions de tracts, de boîtes en boîtes, sur les épaules de l’un ou de l’autre, il y avait (...)

Disparition

Parution du n°34, "Urgence écologique, urgence démocratique"

Betablog, 16 mars 2010 11:30

Crise climatique, crise énergétique, crise alimentaire, crise économique, crise de sens, crise de civilisation... La crise écologique, d’ampleur mondiale et aux conséquences "glocales" et transgénérationnelles, n’est plus une menace. C’est une réalité, une urgence. Face à cet impératif écologique, André Gorz nous mettait en (...)

Écologie, Économie, démocratie

Casting de Télé Réalité : Attention Arnaque !

Betablog, 16 mars 2010 08:15

Voici le témoignage d’une personne ayant voulu travailler dans une émission de Télé Réalité, qui a été abusé par les producteurs qui lui ont fait miroiter n’importe quoi pour le jeter comme une serpillière ensuite. Aux alentours du 15 Décembre, une personne m’a contacté pour participer à un CASTING pour une émission de (...)

Télévision, TF1

Israël : La paix dans la guerre

Acturevue, 16 mars 2010 08:09

Rapport Amnesty international Des chiffres de la dernière offensive. Des chiffres de la colonisation. Des chiffres qui n’annoncent pas de paix. Des chiffres qui n’offensent pas la communauté internationale. Des chiffres sombres...

Israël

La gauche ? Un avenir pas si rose.

Nouvel Hermès, 16 mars 2010 06:45

Que la Gauche ne se réjouisse pas trop vite ! Elle a gagné, certes, mais faute de combattants. Car, conduites par un clown, les troupes de la droite auraient été défaites par un âne. Et croire que, par son génie, elle aurait terrassé l’adversaire peut s’avérer une illusion mortelle. C’est le sarkozime qui a été abattu à (...)

Gauche (politique)

Engelmann, premier interprète de Wittgenstein

Nonfiction, 15 mars 2010 17:00

« N’oublie jamais, lorsque tout va bien, que rien n’oblige à ce qu’il en soit ainsi. » Gottfried Keller, une des citations favorites de Wittgenstein. La correspondance entre Wittgenstein et Paul Engelmann est un document de première importance sur la naissance de la philosophie de Wittgenstein, mais aussi sur la mort (...)

Philosophie

ACTA : le bash des eurodéputés à Strasbourg

bluetouff, 15 mars 2010 15:13

De mémoire d’eurodéputé, rarement un clash aura été aussi violent dans l’enceinte du Parlement Strasbourgeois que celui de mardi dernier. ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement), le traité international de lutte contre la contrefaçon négocié secrètement depuis 2007 a du essuyer les salves des eurodéputés, particulièrement (...)

Liberté d’Internet

Les premiers résultats déjà commentés

vidberg, 15 mars 2010 10:09

Avant 20 heures, la loi interdit la publication de résultats même partiel. Si les grands médias respectent cette règle, il est beaucoup plus difficile de contrôler les réseaux sociaux. Sur Twitter, des sondages réalisés à la sortie des urnes circulent déjà depuis 18 heures. Attention, vous n’avez pas le droit d’aller voir, (...)

Sondages, twitter

La troisième frontière du Web

Patrice, 15 mars 2010 09:11

Chacun sent que le Web entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement. Les tentatives de synthèse fleurissent, mais ne semblent pas suffire à rendre compte des évolutions en cours. Peut-être sont-elles encore trop vagues ? ou déjà trop précises ? Le concept de “Web Squared” s’ajuste assez bien au “Web (...)

Numérique

Facebook pourrait ouvrir ses données à l’occasion de la conférence F8

Marshall Kirkpatrick, 15 mars 2010 09:09

Selon nos investigations, Facebook aurait l’intention d’annoncer l’ouverture des données de ses utilisateurs lors de la conférence F8 qui réunit chaque année en avril les développeurs travaillant sur la plateforme Facebook. Une telle offre serait similaire à l’ouverture pratiquée par Twitter avec une sélection de (...)

Facebook

Google ou le côté obscur de la Force ?

Electron libre, 15 mars 2010 08:49

1 milliard de recherches par jour, 450.000 serveurs, 180 milliards de dollars de capitalisation boursière, 23,6 milliards de chiffre d’affaires, 6,5 milliards de profits...Google veut-il notre Bien comme l’affirme sa jolie devise "Don’t Be Evil" ou la firme de Mountain View est-elle plus dangereuse aujourd’hui que (...)

Google

L’Enfer du travail précaire

Christian Sautter, 15 mars 2010 07:30

Florence Aubenas a écrit un livre bouleversant et digne du centième anniversaire de la lutte des femmes pour leur dignité (« Le quai de Ouistreham », Olivier, janvier 2010). À l’évidence, il reste fort à faire et, loin de s’améliorer, la situation des femmes peu qualifiées ne fait qu’empirer. On est à des années-lumière des (...)

Précarité

Abstention massive, N'est-ce pas là l'un des symptômes d'une crise politique profonde ?

Stef, 15 mars 2010 06:20

Record à la baisse pour la participation lors de ce premier tour des élections régionales, est-ce une surprise ? Sûrement pas, la campagne n’ayant pas eu lieu, ou restant du niveau des cours d’écoles, les gens n’auront pas été accrochés, aucunement intéressés à ce scrutin. F.Fillon s’est empressé de rappeler que la (...)

Régionales 2010

Cohn-Bendit interviewé par Acturevue

Acturevue, 14 mars 2010 18:30

"On n’est pas les uns contre les autres mais les uns à côté des autres." "Oui, on est à côté de l’UMP, c’est vrai." "L’UMP est incapable de rassembler. Il y a une diversité dans l’électorat, il faut mobiliser cette diversité".

Daniel Cohn Bendit

Quelques remarques et précisions sur le concept juridique de « faillite » appliqué aux Etats, par Valérie Bugault

Julien Alexandre, 14 mars 2010 14:59

Billet invité. De façon liminaire, il importe de préciser que le terme de « faillite » n’a plus court dans le langage juridique et judiciaire actuel ; cette notion a été remplacée par la périphrase « procédures collectives », dont le régime juridique a évolué, ces dernières décennies, dans le sens d’une diversification et (...)

Économie

149ème semaine de Sarkofrance : le piège régional

Juan de Sarkofrance, 14 mars 2010 11:48

A quelques heures du premier tour des élections régionales, Nicolas Sarkozy a annonce une pause dans ses réformes, pour le second semestre 2011. Ensuite il confirmera qu’il est bien candidat, et le Parlement aura quelques mois pour digérer la diarrhée législative du Monarque. Pour l’année 2010, le président français (...)

Régionales 2010

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Le "shut up" de Cohn Bendit à Lefebvre

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