Quinquennat Sarkozy
Raphaël Anglade | 28 décembre 2007 | | 22 commentaires
Sarkozy à Louxor avec Carla et l’avion de Bolloré : mais si, c’est grave !
Il nous refait le coup.
Après le Fouquet’s avec tout ce que Paris compte de milliardaires, d’artistes sur le retour et de communiquants décérébrés, payé par qui, au fait ?
Après la Paloma, le yacht de Bolloré.
Après Wolfeboro chez les riches amis de Cécilia.
Il part à Louxor dans l’avion privé de l’ "homme d’affaires" Vincent Bolloré.
Il doit penser qu’en persistant, on va finir par s’habituer. Il doit penser qu’il va finir, comme toujours, par convaincre. Que l’étalage du luxe et de la vulgarité (ah, Bigard chez Benoît XVI !), assumé, revendiqué (ah, Rachida en robe Léopard dans Paris Match !), que les petits conflits d’intérêts, le mélange des genres, la collusion des fortunés (tous ses anciens administrés - il fut maire de Neuilly - et presque tous ses anciens ou futurs clients -il est avocat d’affaires, "en disponibilité" -, que tout ceci va finir par passer pour normal. Il espère peut-être rencoyer la gauche geignarde au rang de pucelle effarouchée et la droite bourgeoise au rang de bigote peine à jouir.
Eh bien non. Nous n’avons peur ni de l’argent, ni du pouvoir ni du luxe. Nous ne sommes pas gris ni coincés. Mais nous savons que ce n’est pas normal et nous ne nous y habituerons pas.
D’abord parce que le chef de l’Etat doit être au service de la France. Qu’il se repose, s’il en a besoin, mais qu’il ne présente pas ses vacances comme autant de triomphes. Il n’est arrivé à rien, Monsieur Sarkozy, il s’est vu confier la plus haute mission, et par tant la plus grande responsabilité. Nous lui offrirons des vacances quand il en méritera. Mais qu’a-t-il fait aujourd’hui qui lui permette de faire la bamboche ?
Ensuite parce que nous savons bien, - qui est dupe ?-, que ces messieurs sont aujourd’hui en affaire avec la République, et que ces petits cadeaux sont autant de petits signes de puissance et de proximité avec le pouvoir, qui devraient leur faciliter lesdites affaires. Monsieur Bolloré, par exemple, dont on nous disait en mai dernier que, contrairement à messieurs Lagardère, Bouygues et Dassault, il n’avait pas, lui, de marchés publics ni de lien avec les médias. Ce Monsieur Bolloré, comme le rappelle opportunément Guy Birenbaum, possède une télévision sur la TNT (sur une fréquence concédée par l’Etat, qui se prépare à en attribuer de nouvelles, par exemple pour la Télévision mobile personnelle), Direct 8, deux quotidiens gratuits, Direct Soir et Matin Plus, le géant de la publicité Havas et même 44% de l’institut de sondages CSA... Et il souhaite aujourd’hui acquérir la branche française de l’Associeted Press, la dernière agence à publier aujourd’hui des images sans visa élyséen.
Même s’il n’y avait aucune "affaire" entre eux deux, la simple décence, le simple souci de l’ordre public aurait voulu que l’un comme l’autre, juste pour ne pas être soupçonnés, évitent ce genre de cadeau ostentatoire. On rappelle que Giscard a payé pendant des années le soupçojn d’avoir gardé pour lui certains diamants offerts à l’Etat. Que Mitterrand et Chirac ont fait don de ces cadeaux à des musées dédiés. A qui iront les savonettes des voyages de Sarkozy ?
Enfin parce que cet étalage de fric et de vulgarité, au mépris des Français qui peinent, au mépris des hôtes de la France (Benoît XVI contraint d’accueillir la mère de l’aventure du moment -il s’agit bien d’une aventure : ils ne se connaissent que depuis un mois !- ou Moubarak forcé de reçevoir l’aventurière elle-même, cet étalage de lunettes, de grosses montres, de gardes du corps, de jouissance du fric, du sexe et de la bêtise, n’est plus acceptable.
La France n’est pas une monarchie, c’est-à-dire entre autres que le pouvoir n’y est la propriété de personne, et que les individus qui l’exercent se le voient confier provisoirement, au service de l’intérêt général. QUe la stratégie de communication de Sarkozy consiste en un écran de fumée permanent et en une sorte de grimaldisation des affaires publiques est son choix, et si quelques imbéciles s’y laissent prendre, c’est leur problème.
Mais le Présient devrait se rappeler que les Français aiment beaucoup les monarchies, surtout quand ils peuvent les renverser.
- Anglade







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