par Mémorial 98 | 23 décembre 2009 | |
24 commentaires
La décision de Benoît XVI représente une gifle non seulement pour les victimes juives de la Shoah mais aussi pour toutes les victimes de violences racistes et de génocides.
Contrairement à la présentation médiatique influencée par les thuriféraires de la papauté, il ne s’agit pas d’une obscure querelle entre le Vatican et les organisations juives mais d’une question qui interpelle toute l’humanité : peut-on béatifier ou même absoudre une personne d’autorité, qui par son attitude permet que soient commis des génocides ou des crimes de masse ?
En effet, selon Benoît XVI, le pape Pie XII, qui sans contestation était parfaitement averti du génocide nazi et qui a choisi de ne pas le dénoncer, serait donc un saint.
Pour parfaire l’ignominie, le pape a fait annoncer sa décision un samedi, jour sacré de shabbat pour les Juifs ; il s’agissait sans doute pour lui de retarder de 24h les protestations attendues, mais on notera une fois de plus l’absence du plus élémentaire respect chez ce prélat réactionnaire.
Il l’avait déjà démontré abondamment, notamment par ses propos contre le préservatif lors de sa visite en Afrique, lors de son discours anti-islam à Ratisbonne, ou lors de la réintégration dans l’Eglise officielle de l’évêque négationniste Williamson il y a moins d’un an (voir nos articles précédents notamment Benoît XVI et son évêque négationniste)
Le contexte d’émotion internationale après le vol du panneau "Arbeit Macht Frei" à l’entrée du camp d’Auschwitz n’a pas davantage freiné la décision papale, mais sans doute le pape prétendra-t-il ne pas avoir été informé comme lors de l’affaire Williamson.
Benoît XVI vient aussi de bafouer les promesses qu’il avait fait de retarder la décision concernant Pie XII jusqu’à l’ouverture des archives encore closes du Vatican.
Il est nécessaire de rappeler qu’une Commission internationale d’historiens juifs et catholiques, avait été instituée par les instances du Vatican, en octobre 1999.
Ces experts devaient passer en revue les dix-huit volumes des « Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale ».
L’Eglise espérait ainsi lever la majorité des soupçons déshonorants qui pesaient sur Pie XII.
Pourtant, un an, plus tard, les membres de cette Commission remettaient un rapport « accablant » sur l’attitude de l’Église pendant la Shoah.
La discorde s’installa entre les experts juifs et ceux du Vatican, particulièrement le jésuite Peter Gumpel, qui prétendaient que les experts n’avaient pas étudié sérieusement les volumes en question, tandis que ces historiens exigeaient des documents, dont leur lecture des Actes en question leur avait révélé qu’ils n’avaient pas été mis à leur disposition.
En juillet 2001, lassés et irrités des difficultés, voire de l’obstruction auxquelles se heurtaient leurs demandes, ils décidèrent, de suspendre leurs travaux.
Pie XII a débuté sa carrière internationale à partir d’Avril 1917 en tant que nonce à Munich, alors que s’y déroulaient de violents affrontement entre la gauche et l’extrême-droite militaire et pré-nazie.
Sa correspondance d’alors avec le Vatican fourmille de références hostiles aux « juifs révolutionnaires ».
Plus tard il s’associe aussi à la campagne de dénigrement, orchestrée par les nazis et reprise dans Mein Kampf, contre les soldats noirs de l’armée française, stationnés dans leur pays, accusés de répandre la syphilis.
Le futur Pie XII appuie leur protestation et l’adresse au Vatican pour supplier Pie XI, le pape d’alors, d’agir au plus vite, afin de sensibiliser le monde à cette « honte noire », et d’obtenir des autorités françaises« le retrait des troupes françaises de couleur ».
Il y revient le 26 janvier 1944, deux mois après le début de la campagne d’Italie. Alors que les armées alliées font route vers Rome, le pape Pie XII dépêche son Secrétaire d’Etat, le cardinal Maglione, auprès de l’ambassadeur de Grande-Bretagne, sir Osborne, pour lui présenter la requête suivante :
« Le pape espère qu’il n’y aura pas de soldats de couleur au sein des troupes alliées qui seront déployées à Rome après la libération ».
La demande du pape vise, non seulement les soldats afro-antillais et noirs américains, mais aussi algériens et marocains, soit une grande partie des troupes engagées dans la reconquête de Rome, alors aux mains des nazis. (In« Et si Dieu n’aimait pas les Noirs : Enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican » S.Bilé et A. Ignace, éd. Pascal Galodé).
Concernant la Shoah, le silence assourdissant de Pie XII a eu des conséquences pratiques catastrophiques dans toute l’Europe : en Slovaquie et Croatie ce sont des dictatures catholiques dirigées qui ont mis en oeuvre la Solution Finale.( voir notre article Danger négationniste à l’Est de l’Europe )
En France, l’Eglise catholique, qui en 1940 était au courant du statut des Juifs en préparation, ne dit pas un mot.
Pire, l’assemblée des cardinaux et des évêques se félicita en août 1940 des limites imposées aux Juifs du pays, et aucun membre de la hiérarchie catholique n’exerça la moindre protestation concernant les statuts imposés aux Juifs d’octobre 1940 et de juin 1941.
En Allemagne même, quand l’archevêque catholique de Berlin, Preysing, demanda à deux ou trois de ses collègues de préparer un texte de protestation, le primat de l’Eglise allemande, le cardinal archevêque de Breslau, Bertram, s’opposa au projet.
Le même ordonnera en mai 1945 de dire des messes de requiem en l’honneur d’Hitler, qui s’était récemment suicidé.
Pie XII n’était pas un antisémite forcené mais il ne portait aucun intérêt au sort des Juifs. Bien qu’informé très précisément du génocide des Juifs d’Europe, il s’abstint de protester pour ne pas embarrasser l’Allemagne nazie, en qui il voyait le seul rempart possible contre le "bolchevisme".
Ce calcul diplomatique et politique le conduisit à garder le silence, alors qu’il prit ouvertement la parole pour évoquer le sort tragique des Polonais catholiques.
Ainsi, lorsque les Juifs de Rome furent massivement déportés en octobre 1943, l’ambassadeur du Troisième Reich auprès du Vatican, Von Weiszäcker expédia une note à sa chancellerie, dans laquelle l’ambassadeur se félicite que « bien que pressé de toutes parts, le Pape ne s’est laissé entraîner à aucune réprobation démonstrative de la déportation des Juifs de Rome [...] Il a également tout fait dans cette question délicate pour ne pas mettre à l’épreuve les relations avec le gouvernement allemand »(in Le Bréviaire de la haine L. Poliakov. Livre de Poche réédité chez Presses Pocket en 1993)
À la fin de la guerre Pie XII couvrira les filières organisées par la haute hiérarchie romaine pour aider et évacuer dignitaires nazis.
Grâce à ces réseaux, dirigés par l’évêque Hudal, le curé croate Draganovic et le cardinal Montini, futur pape Paul VI, de très nombreux criminels tels que Eichman, Mengele, Aloïs Bruner, Stangl… et Paul Touvier purent s’enfuir et échapper aux poursuites.
Pie XII a aussi ordonné à l’Église de France de ne pas rendre à leurs parents les enfants juifs cachés, comme le prouve une lettre datée du 20 novembre 1946.
Ces enfants avaient été confiés aux institutions catholiques pour les sauver des nazis, mais après la guerre, elles ont reçu pour consigne de ne les rendre que s’ils n’avaient pas encore été baptisés catholiques.
Cet ordre explicite figure dans le courrier adressé au nonce Roncalli, le futur pape Jean XXIII, qui représentait alors le Vatican à Paris.
« Veuillez noter que cette décision a été approuvée par le Saint-père » souligne la lettre, faisant référence à Pie XII. Elle ordonne, entre autres choses, que les enfants baptisés « ne soient pas confiés à des institutions qui ne leur garantissent pas une éducation chrétienne. » Quant aux orphelins non baptisés, l’Église ne devait en aucun cas les confier « à des personnes qui n’ont pas de droits sur eux. »
Un pape ultra-réactionnaire.
En désignant Benoît XVI la haute hiérarchie de l’Eglise a fait le choix d’un pape déterminé à mener le combat du retour vers la tradition autoritaire du catholicisme. Il ne cesse de confirmer l’orientation « restaurationniste » et réactionnaire qu’il entend donner à son pontificat.
Quand il était cardinal Ratzinger, Benoît XVI estimait déjà que le concile « rénovateur » Vatican II n’était qu’une parenthèse.
Il a ouvert la porte de l’Église à des intégristes membres de la Légion du Christ, de l’Opus Dei et à des traditionalistes.
Benoît XVI a, pendant l’été 2007, reçu à sa résidence de Castel Gondolfo le directeur de la radio antisémite polonaise Radio Marya (voir nos articles précédents dont Pologne : le gouvernement et les évêques pour la radio antisémite ) et l’a publiquement félicité pour "l’ensemble de son activité".
Il a ainsi apporte un soutien marqué au père Rydzyk qui s’illustre par ses diatribes antisémites, homophobes, anti-IVG et xénophobes.
Le pape ne néglige pas la dénonciation de l’Islam. Ainsi lors de son fameux discours de Ratisbonne en 2006, il avait cité un auteur byzantin et déclaré : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines... »
Sans doute avait-il préparé ce discours en recevant en Septembre 2005, Oriana Fallaci, propagandiste de la dénonciation des musulmans.
À la mort de cette dernière, le cardinal Ruini, bras droit du pape en Italie en tant que président de la conférence épiscopale, avait rendu hommage à son "courage", sa "force morale" et son "engagement".
Son insensibilité à l’égard de la Shoah remonte à loin.
Alors que le futur pape fut ordonné prêtre en Allemagne en 1951, six ans après la fin de la guerre et de la Shoah, il ne fait aucune allusion à cet événement dans sa réflexion religieuse et ses écrits en vue de la prêtrise.
Sa proximité avec les courants catholiques intégristes porte au point d’exiger lors de son déplacement à Paris en Septembre 2008 de porter des vêtements et objets liturgiques provenant de l’abbaye provençale du Barroux dirigée par des prêtres d’extrême-droite.
Le processus de béatification de Pie XII est une infamie.
On ne peut pas se contenter de déclarations. Les organisations qui se réclament de la lutte contre le négationnisme et l’antisémitisme ont la responsabilité d’organiser une réelle campagne publique contre la décision du pape.
Memorial 98 http://memorial98.over-blog.com
Voir nos articles précédents : Les intégristes encouragés par le pape. Négationnisme : révolte catholique contre Benoît XVI Benoît XVI et son évêque négationniste Brochure antisémite polonaise au Parlement européen Pologne : le gouvernment et les evêques pour la radio antisémite Pologne : protestation catholique contre l’antisémitisme. Pologne : l’antisémitisme sévit au gouvernement Benoît XVI appuye les intégristes antisémites en France Antisémitisme en Pologne : le scandale éclate !
- Memorial 98
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Messages de forum
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23 décembre 2009 08:19, par Dominique
Pie XII est l’un des premiers à avoir dénoncé le Nazisme, notamment dans son encyclique Mit brennender Sorge publiée le 14 mars 1937.
C’est cet article qui est une infamie !
Nous, croyant, aimons ce Pape qui proclame avec courage la vérité, même si c’est à contre-courant, ce qui est en général le cas.
Mais les journalistes qui sont à la pointe de la propagande franc_maçonne, ne vont évidemment pas dire la vérité...
A savoir si mon commentaire sera publié...
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est-ce trop demander au petit-merdeux, que d’aller par se cultiver ? N’importe quel lycéen de classe terminale, du moins en l’état actuel des programmes, sait qu’à la date du 14 mars 1937 le pape n’était pas Pie XII, mais... Pie XI ! Qui d’ailleurs et soit dit en passant, quoi qu’aît parfois tenté de faire croire une insidieuse propagande, ne valait pas beaucoup plus cher que son successeur.
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Bonjour !
Ce serait bien si vous étiez poli envers quelqu’un qui a pris la peine de signer son billet.
Ce serait bien si vos phrases étaient correctement charpentées. Il faut les lire au moins deux fois !
Pour la prochaine fois, merci de tenir compte de mes petites remarques. Surtout avant de descendre quelqu’un d’autre en flammes !
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de toutes façons, même si l’avatar Dominique avait "pris la peine de signer son billet", que cela n’y changerait rien : la merdicité est interdite sur la voie publique.
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En 1937, l’encyclique Mit brennender Sorge a bien été publiée mais par Pie XI. Elle ne parle pas des juifs mais est écrite en réaction aux agressions nazies envers les catholiques. Il ne saurait en être autrement puisque la solution finale n’est mise en route qu’en 1940 et suivantes. Pacelli, puisque c’est son nom est très peu intervenu au profit des juifs pendant les années noires du nazisme par contre il a participé aux différents réseaux qui ont permis à des dignitaires du régime de s’enfuir entre autres vers l’Amérique du Sud.
Dans les toutes dernières années du 20° siècle, le Vatican avait déjà envisagé (a haute voix) une béatification et devant la manifestation d’hostilité des Israélites, avait accepté de reporter la décision après les travaux des historiens sur les archives du Vatican concernant cette période. L’Etat Pontifical n’a fourni que des archives parcellaires. Il s’en est suivi un arrêt des travaux. Qui sont toujours en l’état.
Ratzinger n’a pas respecté la parole de ses prédécesseurs et essaie un coup de force qui est bien dans la lignée de ses décisions depuis qu’il est le patron (réintégration sans aucune condition de révisionnistes ou encore d’intégristes)
Ce genre de personne ne me parait pas vraiment fréquentable.
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et puis, il y a encore ceci. Un personnage qui aurait soutenu le nazisme sur toute la ligne, et se serait mis à le désavouer au seul motif de la politique d’extermination raciale, n’en serait pas moins : le roi des imbéciles, et/ou des salauds. En cela on peut estimer que les organisations juives, dont on sait qu’elles poursuivent aussi parfois des buts relationnels (cf. "amitié judéo-chrétienne", etc.), ont pris une lourde responsabilité en acceptant de mettre le doigt dans l’engrenage, et de déléguer des historiens dans on ne sait quelle grosse commission, dont le but avoué était de canoniser le salopard. Et qu’elles ont pour tout dire ouvert la boîte de pandores là où on en savait bien assez, pour savoir que celui-là n’avait rien d’un saint doux.
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Mon Très Cher Dominique,
Cet article n’est pas une infamie, mais une vue d’un autre angle de votre sensibilité spirituelle.
Vous êtes un(e) servile représentant(e) du dogme que vous défendez.
Je ne pense pas que vous ayez l’apanage de la Vérité.
Moi, l’apostat, proclame ne pas détenir la Vérité.
Là, réside la différence entre vous et moi.
Le fait de « posséder » la Vérité vous fait certainement manquer de clairvoyance. C’est dommage pour vous.
Quant aux « bien-pensants » qui s’insurgent contre les actions du pape, je leur pose la question : Qu’attendiez vous du pape ?
Il est le gardien du dogme et ses positions sont conformes avec ce dernier.
Alors au lieu de crier à chaque fois qu’il ouvre le bec, oeuvrez quotidiennement au recul de l’obscurantisme religieux (quel qu’il soit) pour qu’il disparaisse de l’espace public.
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24 décembre 2009 00:58, par Fabien Grandjean
Conrad Gröber, l’archevêque brun de Fribourg, qui soutint sans réserve le Reich dès 1933 et à qui l’on doit cette déclaration hautement édifiante :
"Chaque peuple est en lui-même responsable de la réussite de son existence, et l’apport
d’un sang totalement étranger représentera toujours un risque pour la nation qui a prouvé sa
valeur historique. C’est pourquoi, on ne peut refuser à aucun peuple le droit de maintenir la
pureté de son origine raciale et de prendre des garanties dans ce but. La religion chrétienne
demande simplement que les moyens utilisés ne pêchent pas contre la loi morale et la
justice naturelle."
(Gröber, article Rasse in Handbuch der religiösen Gegenwarsfragen, 1937)
… a rencontré Eugenio Pacelli, le futur Pie XII, en 29 et travaillé à la préparation du concordat de 33.
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24 décembre 2009 03:10, par P.-Y. D.
Mon propos paraîtra peut-être à certains complaisant étant donné la gravité du sujet, mais c’est justement parce que le sujet est grave qu’il me semble nécessaire de nous en tenir à l’examen des faits et en nous efforçant de toujours les restituer dans leur contexte. Alors voici, ce jour, les quelques remarques générales que suscite en moi la lecture de cet article.
Je ne mets pas en doute les citations mais pour moi elles ne constituent pas des preuves évidentes et suffisantes que Pie XII aurait gardé le silence et surtout serait resté indifférent au sort des juifs.
L’argument par la menace du bolchévisme ne me semble pas probant au point de pouvoir justifier les conclusions définitives de l’article. En attendant l’ouverture complète des archives on peut certes se poser des questions, mais alors pas en mettant bout à bout quelques citations disparates qui sont loin de restituer toute la vérité historique.
Il y a quand même, entre autres, le discours de Noël 1942 lors duquel Pie XII dénonce clairement le nazisme et sa volonté exterminatrice.
Des juifs ont aussi témoigné avoir été sauvés grâce à l’action de Pie XII..
Ces faits sont indiscutables.
IL est facile rétrospectivement de porter un jugement sur l’action d’un pape en temps de guerre. Faute de prendre en compte tous les éléments de la situation nous pourrions lui prêter des intentions qu’il n’avait pas.
Peut-être a-t-il jugé préférable de ne pas provoquer inutilement les nazis afin de limiter les dégâts marquant par ailleurs, et sur le fond, sa désapprobation de l’idéologie nazie.
Nous trouvons aujourd’hui certaines de ces situations où la réprobation tonitruante des crimes perpétrées par certains régimes peu recommandables n’est que peu d’effet, voire à des effets inverses à ceux recherchés faute bien souvent d’action conjuguée. En disant cela j’ai bien conscience des limites de l’argument, car la plupart du temps c’est de n’en pas dire assez que l’on encourage l’adversaire à faire le pire. Mais tout de même. Je ne dis pas que Pie XII n’aurait pas dû faire plus. Mais qui peut dire s’il eut réellement les moyens de faire plus qu’il ne fit ?
Qu’il fut un pape conservateur c’est bien certain, mais cette "qualité" ne constitue pas un élément à charge suffisant pour en faire un complice des nazis.
S’agissant de son attitude envers les soldats "noirs" ou de "couleur", évidemment cela ne grandit pas ce pape.
De même en ce qui concerne la non restitution des enfants juifs de France à leurs familles d’origine lorsqu’ils avaient été baptisés. Ces attitudes sont injustifiables.
Ne confondons pas non plus béatification et canonisation.
Pour que le pape pie XII puisse être fait saint il faudrait que l’Eglise soit en mesure d’attester qu’il ait accompli un miracle, ce qui n’est pas le cas.
Pour le reste il est bien évident que l’action du pape actuel, Benoît XVI, n’a rien d’angélique et qu’elle vise en béatifiant au plus vite Pie XII à restaurer une Eglise hyper conservatrice.
Concernant la France quelques prélats protestèrent au sein même de leur Eglise et plus la guerre avançait plus l’attitude de l’Eglise changeait si bien que le gouvernement de Vichy s’avisa lui-même de cette transformation. Pour s’en faire une idée lire cet article sur :
Voir en ligne : L’Eglise catholique en France pendant la seconde guerre mondiale
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J aimerais bien connaître les liens vers des documents originaux , merci à l avance
@albertoxic
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De nombreuses références existent sur Wikipédia, il existe par ailleurs un site dédié à Pie XII avec des dossiers relatifs aux points contreversés, je ne vous cite pas ce dernier site en priorité celui-ci émanant des personnes favorable à ce pape, mais les citations ne semblent pas tronqués...
Sur Wiki on apprend notamment que en 1938 le cardinal Pacelli, futur Pape Pie XII, signe le texte de l’encyclique Mit brennender Sorge qui renouvelle les (envers le gouvernement allemand) protestations et condamne la divinisation de la race et le paganisme. Le texte est lu en chaire dans les églises catholiques d’Allemagne ; des centaines d’arrestations suivent ; mais le concordat n’est cependant pas dénoncé."
Je ne recopie pas toutes ici toutes les mentions, à vous de vous faire votre propre opinion. Ce paragraphe tout de même :
Le bilan de l’action du pape Pie XII durant la guerre [modifier]
Selon l’historien israélien Pinchas Lapide, l’Église catholique a pu, par son action charitable, sauver d’une mort certaine environ 850 000 Juifs habitant les territoires occupés par le Troisième Reich[48]. Ce chiffre étonnant à première vue s’explique par le fait que Lapide considère en réalité que tous les Juifs qui ont survécu à l’Holocauste l’ont été par la charité chrétienne (des paroissiens, des religieux ou du pape). Il a donc retiré du nombre total de rescapés ceux qui l’ont été dans les terres orthodoxes, ainsi que les « revendications » protestantes, comme il les appelle, pour arriver à ce chiffre ; le 13 décembre 1963, Pinchas Lapide avait pourtant affirmé dans un article du Monde que ce chiffre était de 150 000 à 400 000[49].
Voir en ligne : Pie XII (Wikipédia)
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... vous oubliez ce passage important quant à notre question :
"1942
En mars 1942, Pie XII établit des relations diplomatiques avec l’Empire du Japon, puis avec la Chine nationaliste.
En mai 1942, l’ambassadeur polonais Kasimierz Papée s’étonne que le pape ne condamne pas les atrocités commises en Pologne.
En mars 1942, le chargé d’affaire slovaque apprend à Pie XII que le gouvernement slovaque planifie la déportation de 80 000 juifs en Pologne. Le Vatican proteste auprès du gouvernement slovaque en « déplorant ces mesures qui enfreignent le droit des gens, du seul fait de leur race ».
Le 18 septembre 1942, le pape reçoit une lettre de Monseigneur Montini (futur pape Paul VI) disant que « les massacres prennent des proportions effrayantes ».
En septembre 1942, Myron Taylor, représentant des États-Unis à Rome, et ses homologues anglais, brésilien, uruguayen, belge et polonais préviennent que le « prestige moral » du Vatican est sévèrement compromis par sa passivité face aux atrocités32, à quoi le cardinal Maglione répond que les rumeurs ne sont pas vérifiées.
Les représentants des puissances alliées, à l’appui de leur demande, font parvenir au Vatican le rapport qui leur est parvenu du bureau de Genève de l’Agence juive pour la Palestine.
Le 17 décembre 1942, toutes les nations alliées, condamnent officiellement l’extermination des juifs par les nazis et annoncent que les responsables n’échapperont pas au châtiment.
Le 24 décembre 1942, dans son message de Noël radiodiffusé, Pie XII évoque « les centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur nationalité ou de leur lignage, sont destinées à la mort ou à un dépérissement progressif » et appelle à la paix.
Le 25 décembre 1942, le New York Times publie un éditorial dans lequel il est écrit : « La voix de Pie XII est bien seule dans le silence et l’obscurité qui enveloppe l’Europe ce Noël... Il est à peu près le seul dirigeant restant sur le Continent européen qui ose tout simplement élever la voix. »
Juste après Noël 1942, le représentant américain auprès du Vatican fait remarquer au Pape que le message papal de Noël 1942 ne pouvait répondre aux attentes. Le pape lui répond que, d’une part, « il n’aurait pu, en parlant de ces atrocités, mentionner les nazis sans mentionner également les bolchéviques et, qu’à son avis, cela n’aurait sans doute pas plu aux Alliés. ... et que, d’autre part, « les récits des atrocités sont certes fondés, tout en m’indiquant par son attitude qu’à ses yeux, il y avait quelque peu d’exagération, voulue à des fins de propagande ».
En décembre 1942, Tittmann suggère à Mgr Maglione de faire une déclaration similaire à la déclaration alliée German Policy of Extermination of the Jewish Race. Mgr Maglione lui répond que le Vatican « ne peut dénoncer publiquement des atrocités particulières ». Le même Harold Tittmann écrira dans ses Mémoires, publiés par son fils en 2004 : « Je ne peux m’empêcher de penser qu’en évitant de parler, le Saint Père a fait le bon choix ; il a ainsi sauvé bien des vies. » "
Est-ce bien une question d’opinion ?
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Voici le texte qui figure sous le portrait de Pie XII au musée Yad Vashem à Jérusalem :
“La réaction de Pie XII au massacre des Juifs est objet de controverse. En 1933, alors qu’il était secrétaire d’État du Vatican, il prit une part active dans l’établissement d’un concordat avec le régime allemand pour garantir les droits de l’Église en Allemagne, même si cela signifiait la reconnaissance du régime nazi raciste.
Élu pape en 1939, il fit disparaître une lettre contre le racisme et l’antisémitisme préparée par son prédécesseur.
Même lorsque des rapports sur le massacre des Juifs parvinrent au Vatican, le pape ne protesta, ni verbalement, ni par écrit.
En décembre 1942, il s’abstint de signer une déclaration des Alliés condamnant l’extermination des Juifs.
Quand les Juifs furent déportés de Rome vers Auschwitz, le pape n’intervint pas.
Le pape conserva sa position de neutralité tout au long de la guerre, à l’exception, vers la fin, d’appels aux gouvernants de Hongrie et de Slovaquie. Son silence et l’absence de directives mit les gens d’Église de toute l’Europe dans l’obligation de réagir de leur propre initiative”.
Il résume bien ce que fut la position de Pie XII.
Wikipédia n’est absolument pas une source fiable, particulièrement pour ce thème.
Il faut se référer aux textes et documents, notamment ceux cités par Poliakov et Bilé (voir dans l’article).
Pie XII n’ rien dit dit ni pendant, ni après la guerre.
Il a cautionné les filières de fuites des responsables nazis et ordonné de ne pas rendre à leur famille les enfants juifs cachés.
Pour comprendre le choix de Benoît XVI, il est nécessaire de consulter les articles qui le concernent sur ce site et sur le site Mémorial 98
Voir en ligne : Benoît XVI et son évêque négationniste
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"il prit une part active dans l’établissement d’un concordat avec le régime allemand pour garantir les droits de l’Église en Allemagne, même si cela signifiait la reconnaissance du régime nazi raciste."
Là était sans doute le principal ressort de la "politique" vaticane (l’autodissolution du Zentrum sept mois après l’accession de Hitler à la chancellerie, et à la demande de ce dernier, n’avait sans doute pas d’autre finalité). Mais protéger sa communauté religieuse en échange d’un quasi silence sur le "dépérissement" et l’extermination d’autres est un marchandage on ne peut moins charitable, en vérité parfaitement lâche, bien dans l’époque, "munichois". Cela dit, vous êtes un peu injuste avec l’article de Wikipédia qui ne l’ignore pas...
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Vous avez raison, P.-Y.D., il ne suffit pas dans cette affaire d’abouter des citations disparates. Et cette affaire n’est pas "judiciaire" ; nous n’avons pas à juger de la moralité et encore moins de l’exemplarité ou de la béatifiabilité de quelque catholique que ce soit. D’autant moins qu’en ce qui concerne la question des « intentions », la Bible est assez claire : Seul Lui sonde les reins et les cœurs. La question n’est pas là. Elle est d’histoire. Et sur ce point, je suis au regret, P.-Y.D.,, de vous dire que cette fois votre apaisante prudence n’est pas pertinente. Nous avons en effet à notre disposition un texte intégral tout à fait clair pour savoir quel a été le comportement du Pape. Vous dites qu’"il y a entre autres, le discours de Noël 1942 lors duquel Pie XII dénonce clairement le nazisme et sa volonté exterminatrice." Comme vous y allez ! Deux petites lignes seulement sur plus de dix pages ("centinaia di migliaia di persone, le quali, senza veruna colpa propria, talora solo per ragione di nazionalità o di stirpe, sono destinate alla morte o ad un progressivo deperimento." Pie XII, Con sempre nuova freschezza, 24 décembre 1942). On peut comprendre l’interprétation de Costa-Gavras dans Amen, lorsqu’il fait dire un peu excessivement à Kurt Gerstein : « Rien ». Et pour répondre également à @albertoxic, je renvoie infra à l’URL du Vatican où l’on peut trouver l’intégralité de ce discours. Vous remarquerez et vous apprécierez de surcroît le « senza veruna colpa propria »…
Vous rappelez que des Juifs ont témoigné avoir été sauvés grâce à l’action de Pie XII. Ces faits sont en effet indiscutables. Mais Amon Göth également a "sauvé" des Juifs. Cela ne prouve rien en soi.
Voir en ligne : http://www.vatican.va/holy_father/p...
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J’avoue m’être fait un peu l’avocat du "diable" car je trouvais l’article un peu court, peu étayé. Mon éducation catholique et mon ignorance des détails de l’affaire ont fait le reste.
L’article a le mérite de rouvrir un dossier historique controversé à portée politique et religieuse, puisque le pape actuel "souverain pontife" remet Pie XII sur le devant de la scène de l’Eglise catholique, cette Eglise, qui tout au moins d’un point de vue symbolique, a encore une voix qui compte dans le monde. Surtout si l’on sait qu’officiellement la parole du pape est toujours dite "infaillible".
Vos précisions ainsi que celles de Memorial apportent clairement du crédit à la thèse selon laquelle Pie XII aurait gardé en plusieurs circonstances un lourd silence, pour servir d’autres motifs que celui de l’amour inconditionnel pour l’humanité, lequel ne peut tenir compte des distinctions d’origine pour se manifester. Si un penchant pour l’amour inconditionnel avait prévalu chez Pie XII celui-ci aurait sans doute été plus enclin à identifier expressément la cible spécifique et immédiate des nazis, en l’occurrence les juifs qui étaient en train d’être exterminés massivement.
Il faut maintenant exiger que les historiens puissent accéder sans entraves aux archives du Vatican, c’est le moins que le Vatican puisse faire que de donner son accord, car dans le cas contraire il alimente la suspicion.
Concernant Wikipédia je ne peux qu’être d’accord avec vous, cette source n’est pas forcément la plus exhaustive ou même la plus fiable, dans le sens où ce qu’on y lit reflète surtout l’état du consensus — a minima — sur une question donnée lorsqu’il y controverse.
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Fabien Grandjean,
Avez-vous lu l’article :"Pie XII, encore un mot." ?
Il contredit quelque peu la thèse selon laquelle Pie XII serait resté indifférent au sort des juifs et serait resté inactif. Pourquoi ne pas prendre en compte le fait que Pie XII a pu penser que des déclarations publiques intempestives pussent se révéler contreproductives s’agissant de sauver des vies humaines ? Les nazis, vous le savez, étaient fanatiques et la "solutions finale" était au coeur de leur idéologie raciste, je vois mal ce qui pouvait les arrêter, en dehors de l’emploi de la force. Or le Pie XII n’avait pas d’armée à sa disposition.
La vérité historique se situe sans doute quelque part entre les deux thèses, l’une faisant de ce pape un complice des nazis et l’autre un adversaire farouche. Mais s’il est une chose qu’on ne peut nier c’est que sur le plan doctrinal pie XII a condamné le nazisme dans des termes très clairs y compris pour la distinction que ce dernier établissait entre les "races".
Voir en ligne : /http://www.koztoujours.fr/?p=6563
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Bonjour P.-Y. D.. De passage sur Betapolitique à toute allure, je n’ai malheureusement pas le temps de chercher l’article dont vous me parlez (et dont l’URL indiquée n’est pas correcte). Mais en quelques mots, dont ceux que n’a pas prononcés Pie XII, je vous réponds.
Je ne dis pas que Pie XII aurait été raciste (de toute façon il ne s’agit pas exactement de racisme ici) et moins encore qu’il serait resté indifférent au sort des Juifs. Je n’en sais rien.
Ce que je sais, en revanche, c’est qu’à Nuremberg, quand furent projetées les images filmées par les Anglais et les Américains au moment de la libération des camps d’extermination, pas un des accusés n’a pu totalement dissimuler l’horreur ou le dégoût qu’il éprouvait à la vue des terribles images, pas même le cynique Göring. Le silence était enfin rompu.
Avez-vous visité la villa Marlier à Wannsee où le 20 janvier 42 s’est tenue la conférence au cours de laquelle les nazis planifièrent administrativement la "la solution finale" ? Ce qu’on y apprend, à travers les manuscrits exposés, est effroyable, notamment la dissimulation, la "silenciation" de l’horreur. Si le zélé Eichmann qui fut, si ma mémoire est bonne, l’auteur des minutes de la conférence, n’avait pas avoué lors de son procès à Jérusalem qu’au moment du cognac les langues s’étaient relâchées et que l’on avait alors parlé de liquidation et d’extermination, les négationnistes auraient pu continuer à se réfugier derrière cette déclaration dissimulatrice de Heydrich qui présidait la conférence :
"Au cours de la solution finale, les Juifs de l’Est devront être mobilisés pour le travail avec l’encadrement voulu. En grandes colonnes de travailleurs, séparés par sexe, les Juifs aptes au travail seront amenés à construire des routes dans ces territoires, ce qui sans doute permettra une diminution naturelle substantielle de leur nombre.
Pour finir, il faudra appliquer un traitement approprié à la totalité de ceux qui resteront, car il s’agira évidemment des éléments les plus résistants, puisque issus d’une sélection naturelle, et qui seraient susceptibles d’être le germe d’une nouvelle souche juive, pour peu qu’on les laisse en liberté."
Ce silence, vous le savez, a été conçu comme l’une des conditions clés du succès de la mise en oeuvre de la "solution finale", de Wannsee jusqu’à la tentative de destruction des infrastructures de la Shoah. Sur tous les points et à tous les niveaux.
Dans ma famille, on m’a dit : « on savait où allaient les trains qu’on voyait partir en silence ». Et je n’ai jamais douté de la véracité de ce témoignage que l’on m’a confié comme à transmettre.
Noël 42. L’extermination a déjà débuté depuis plusieurs mois. Pie XII le sait par une information de première main. Dans son discours de Noël très attendu sur le sujet ne figurent ni le mot de Juifs ni celui de nazis ni ceux de gazage et d’extermination …
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Bonjour Fabien, Il est une chose que je trouve navrante dans cette situation (celle de l’intention de béatyification de Pie XII), c’est bien la parole non tenue du Vatican de mettre à disposition les archives à un comité d’Historiens (dont des Israélites).
Chacun trouvera des arguments pour ou contre, mais la vérité historique ne sera pas connue. Devons-nous y voir une volonté de masquer cette même vérité ?
De plus, cette semaine, un haiut-dignitaire de ce même Vatican intervenait pour affirmer haut et fort qu’aucun humain n’avait à juger Pie XII, que seul Dieu pouvait le faire. Il s’agit là d’une réaction pour le moins surprenante (lue dans la PQR) qui masque encore plus cette même vérité.
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Bonjour,
Oui, je suis d’accord avec vous, Pierrot13, cette fausse promesse ne peut que renforcer la suspicion.
Au moins, grâce à la mise à disposition des manuscrits, pourrait-on connaître tous les actes de ce Pape et du Vatican à l’époque.
Il est vrai qu’en ce qui concerne leurs intentions, ce qu’a dit ce haut dignitaire est difficilement contestable, dans la mesure où il est bien difficile sinon impossible de réduire les intentions aux actes ou de conclure des seconds aux premières à la manière de Sartre ("Tu n’es que la somme de tes actes !"). Même Kant, qui accordait tant à l’intention, contestait la légitimité de l’induction en la matière.
Cependant, ce qui vaut pour le Pape vaut pour tout homme, et vouloir à cet égard lui accorder un statut d’exception ne tient pas. D’autant qu’en matière juridique – le Pape est chef d’Etat – seuls les actes comptent dès lors qu’ils sont légitimes.
De même, l’invocation du jugement dernier peut bien valoir pour les croyants eux-mêmes – et en l’occurrence il faut la leur laisser –, mais non bien entendu constituer une réponse et moins encore une justification communément recevables.
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11 janvier 11:46, par Alsace
Plutôt pas catho, je veux bien que l’on conspue (euphémisme) les papes Pie XII et ses successeurs. Histoire de rire un peu, appliquons le même traitement aux autres représentants des religions du Livre. Au fait, qu’en est-il des silences des autres grands de ce monde (Roosevelt, Churchill, etc ;o...) face aux abominations raciales des nazis ? Il paraît que les alliés auraient très bien pu bombarder et détruire les lignes de chemins de fer menant aux camps, (outre les villes allemandes ou françaises pleines de civils).
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d’abord et avant toute chose vous oubliez, Alsace "plutôt pas catho" : que les turpitudes des uns n’annulent pas celles des autres -mais s’y ajoutent. Ensuite vous oubliez que la faute est toujours un peu plus lourde, venant de qui -à moins que je n’aie rien compris- prétend se poser en autorité morale. Et puis enfin : même si l’infect Pie XII, qui fut jusqu’au bout du côté de tous les régimes de pire réaction (et protègea jusqu’aux filières d’évasion des anciens nazis), n’en fut pas puni, ce n’est peut-être pas une raison pour venir maintenant le récompenser, et... le proclamer saint !
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